L'euro dégringole face au dollar, lesté par les rachats d'actifs de la BCE
L'euro dégringolait face au dollar mercredi, accentuant sa chute après le lancement du programme de rachats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE) qui creuse le fossé avec la politique monétaire menée par la Réserve fédérale américaine (Fed).
Vers 10H50 GMT (11H50 à Paris), la monnaie unique européenne valait 1,0575 dollar, contre 1,0698 dollar mardi vers 21H00 GMT. Elle a atteint mercredi vers 10H35 GMT son plus bas niveau depuis fin mars 2003, à 1,0560 dollar.
La devise européenne baissait également face à la monnaie nippone, à 128,53 yens – tombant même vers 10H35 GMT à 128,37 yens, son niveau le plus faible depuis mi-août 2013 – contre 129,53 yens la veille.
Le dollar progressait face à la devise japonaise, à 121,54 yens contre 121,07 yens.
"Les ventes d'euro se poursuivent alors que la BCE a lancé (lundi) son programme de rachats d'actifs" et "il n'y a aucun élément de soutien pour l'euro actuellement", commentait Petra Kuraliova, analyste chez Tradenext, qui s'attend à ce que la monnaie unique atteigne la parité avec le dollar avant de rebondir.
Ce programme, qui couvrira plus de 1.100 milliards d'euros d'actifs à raison de 60 milliards par mois, doit relancer l'inflation et soutenir l'économie, mais comme il se traduit par des injections de liquidités dans le système financier de la zone euro, il a comme effet collatéral de diluer la valeur de la monnaie unique.
En outre, les investisseurs continuaient de surveiller l'évolution de la situation en Grèce.
Athènes et ses créanciers, qui sont à bout de patience, doivent plancher ce mercredi sur les réformes à mener dans le pays, condition sine qua non pour que la Grèce obtienne l'argent dont elle a cruellement besoin pour éviter l'asphyxie.
Ainsi, les dettes souveraines en zone euro, et en premier lieu en Grèce, restent source d'inquiétudes, et tant qu'elles le resteront, "des doutes sur la pérennité de l'euro demeureront" et les investisseurs continueront d'être peu enclins à conserver ou acheter de la monnaie unique, prévenait Olle Holmgren, analyste chez SEB.
La faiblesse de l'euro était accentuée par la divergence notable des politique monétaires de la BCE et de la Fed, qui a mis un terme en octobre dernier à ses injections de liquidités et qui semble en route pour un relèvement de ses taux d'intérêt à partir de mi-2015.
Une hausse des taux, maintenus depuis 2008 près de zéro, rendra le dollar plus rémunérateur.
Les bons chiffres de l'économie américaine et la perspective d'une hausse des taux de la Fed en juin incitent les opérateurs à se tourner vers la monnaie américaine.
"La forte progression du dollar depuis le milieu de l'année dernière ne semble pas devoir se retourner" et comme elle se fonde sur des bases solides – bons indicateurs américains et perspective de resserrement monétaire – elle devrait se poursuivre dans les neuf mois à venir, estimait Lee Hardman, analyste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi.
Vers 10H50 GMT, la livre britannique progressait face à la monnaie unique européenne, à 70,19 pence pour un euro, atteignant même vers 10H35 GMT 70,14 pence, son niveau le plus fort depuis mi-novembre 2007. La livre se stabilisait face au billet vert, à 1,5065 dollar pour une livre.
La devise suisse gagnait du terrain face à l'euro, à 1,0639 franc pour un euro, mais baissait face au billet vert, à 1,0062 franc pour un dollar, atteignant même vers 10H35 GMT 1,0079 franc, son niveau le plus faible depuis le 15 janvier, date à laquelle le franc était monté à un sommet en trois ans et demi face au billet vert.
L'once d'or a terminé à 1.158,75 dollars au fixing du matin, contre 1.162 dollars mardi soir.
Cours de mercredi Cours de mardi
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10H50 GMT 21H00 GMT
EUR/USD 1,0575 1,0698
EUR/JPY 128,53 129,53
EUR/CHF 1,0639 1,0693
EUR/GBP 0,7019 0,7099
USD/JPY 121,54 121,07
USD/CHF 1,0062 0,9995