img_pub
Rubriques

Les Albanais votent lors de législatives vitales sur la voie de l'Europe

Les Albanais votent lors de législatives vitales sur la voie de l'Europe
Par
Le 25 avril 2021 à 2h36

Les Albanais votent dimanche pour départager le Premier ministre et une opposition aussi disparate que déterminée à le faire chuter, lors d'un scrutin jugé vital pour les rêves européens du petit pays des Balkans.

La communauté internationale scrute de près ce scrutin qui doit tester le bon fonctionnement d'institutions fragiles après une campagne émaillée d'insultes, d'accusations de corruption et d'incidents violents.

Depuis la fin du communisme dans le pays pauvre des Balkans au début des années 1990, les résultats des élections sont systématiquement contestés par les perdants et donnent lieu à des allégations de fraude.

Une situation qui provoque une certaine lassitude au moment où l'Albanie, déjà victime d'un séisme dévastateur fin 2019, accuse durement le coût économique et sanitaire de la pandémie du coronavirus qui a fait près de 2.400 morts.

"La politique actuelle a tellement nuit au pays", dit à l'AFP Endi Gallo, étudiant de 21 ans, déplorant une économie morose qui pousse les gens, en particulier les jeunes les plus éduqués, à chercher le salut dans l'émigration de masse en Italie, en Allemagne ou aux Etats-Unis.

"On est fatigué, les jeunes font des études pour trouver du travail, les promesses suivent et après on obtient rien", renchérit Mariela Sherrja, 26 ans, experte en finances. "La seule chose qu'on veut c'est du travail pour construire un meilleur avenir".

Se présentant en capitaine affrontant la tempête, le Premier ministre socialiste Edi Rama brigue un troisième mandat face au Parti démocratique de centre-droit allié avec une dizaine de partis de tous bords.

- L'Europe sous conditions-

En embuscade, le MSI fondé par le président Ilir Meta, un adversaire farouche du chef de gouvernement dont le parti a souvent joué le rôle de faiseur de roi.

Bruxelles a dit oui au lancement de négociations d'adhésion avec Tirana mais sans fixer de date et tous promettent de mener à leur terme les changements nécessaires, à commencer par la réforme du système judiciaire et la lutte contre la criminalité organisée.

Edi Rama accuse ses adversaires d'avoir pour seul point commun la volonté de le renverser mais promet de se retirer s'il n'obtient pas la majorité des 140 sièges au Parlement.

Il réclame du temps pour "sortir définitivement l'Albanie du tunnel", finir les projets d'infrastructures entravés par la pandémie et continuer de reconstruire les milliers de logements détruits par le séisme.

Cet artiste-peintre de 56 ans mise sur une campagne de vaccination massive qui doit permettre l'immunisation fin mai d'un demi million d'Albanais et de relancer une industrie touristique durement touchée.

"Le troisième mandat n'est pas pour moi, c'est pour l'Albanie", assure-t-il.

En face, l'opposition promet de relancer l'économie en soutenant les petites entreprises et accuse le sortant de tous les maux.

- "Fourches" -

Edi Rama "a manipulé les résultats des précédentes élections, a mis la main avec une poignée de gens sur l'économie, contrôle tous les pouvoirs et entrave les perspectives européennes de l'Albanie", assène Lulzim Basha, 46 ans, patron des démocrates. "Vous ne pouvez pas donner une nouvelle chance à l'homme qui a échoué pendant huit ans, l'avenir c'est nous".

L'intéressé dément tout, et accuse ses adversaires d'avoir peur de la réforme judiciaire en cours.

La vie politique albanaise est souvent marquée par l'outrance verbale et la rhétorique incendiaire.

Malgré les appels à la retenue des ambassades occidentales, la campagne s'est tendue dans les derniers jours, avec la mort d'un militant socialiste abattu dans une fusillade avec des démocrates qui accusaient le camp adverse d'achats de voix.

Si le vote est manipulé par les socialistes, les "fourches seront là", a averti le président Meta, ce qui lui a valu une volée de bois vert de la part de Washington.

"Que quiconque dise que les citoyens prendront les +fourches+ le 25 avril est inacceptable", a déclaré sur Twitter l'ambassadrice des Etats-Unis à Tirana Yuri Kim. "Ceux qui incitent à la violence seront tenus pour responsables de leurs paroles et de leurs actes".

Si les rares sondages donnent l'avantage aux socialistes, le scrutin reste incertain et les "derniers jours seront décisifs pour les voix des indécis", relève l'analyste Lutfi Dervishi.

Les bureaux de vote sont ouverts de 05H00 à 17H00 GMT. Selon la commission électorale centrale (CEC), les scores des partis seront publiés dans les deux jours suivants.

Par
Le 25 avril 2021 à 2h36

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité