Le patron d'Areva quitte ses fonctions pour raisons de santé
Areva a annoncé lundi le départ de son président du directoire, Luc Oursel, pour des raisons de santé, près de trois ans et demi après sa nomination à la tête du groupe nucléaire public confronté à des difficultés financières.
"Pour des raisons de santé, Luc Oursel considère qu'il n'est plus en mesure d'assumer les responsabilités de président du directoire d'Areva", a indiqué dans un communiqué le groupe détenu à 87% par les pouvoirs publics.
"Il vient d'en informer le gouvernement. Il se tient à disposition pour assurer la meilleure transition possible", a-t-il ajouté.
Areva n'était pas en mesure d'apporter davantage de précisions, lundi en fin d'après-midi.
"Dans des circonstances personnelles très difficiles, malgré mon très fort attachement à Areva, j'ai dû me résoudre à ne pas poursuivre mes fonctions à la tête de l'entreprise et à me mettre en arrêt de travail pour raisons thérapeutiques", a confirmé M. Oursel, 55 ans, cité dans le communiqué.
"Je dois mener maintenant un combat personnel contre la maladie mais toutes mes pensées vont aux équipes d'Areva", a-t-il ajouté. "J'ai été heureux et fier de les engager, dans un contexte difficile, dans le redressement de l'entreprise, au service du pays, et je suis convaincu qu'elles réussiront", a-t-il ajouté.
Luc Oursel avait été nommé président du directoire le 30 juin 2011, en succession d'Anne Lauvergeon, initialement pour un mandat de cinq ans. Mais le groupe s'apprête à modifier son mode de gouvernance, à la demande de l'Etat actionnaire, pour se transformer en société en conseil d'administration avant la fin 2014.
Une assemblée générale est programmée le 9 décembre pour avaliser ce changement.
Plusieurs sources industrielle prêtaient depuis plusieurs semaines la volonté du gouvernement de remplacer Luc Oursel à la tête du groupe, en proie à des difficultés financières.
Selon la presse, le président du conseil de surveillance Pierre Blayau plaidait pour la nomination de Philippe Knoche, actuel directeur général délégué du groupe.
Le spécialiste de l'atome avait ainsi annoncé, le 7 octobre, qu'il allait réduire encore plus ses investissements et céder davantage d'actifs pour renforcer sa structure financière, de manière à maintenir sa note de crédit menacée de dégradation.
Deux jours plus tard, l'agence Standard and Poor's avait maintenu à "BBB-" sa note de crédit long terme d'Areva, et confirmé la note de court terme à "A-3", tout en abaissant la perspective de stable à négative, ce qui signifie que la notation du groupe pourrait être dégradée à l'avenir.