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Le gestionnaire aéroportuaire espagnol Aena entre en Bourse

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Le 11 février 2015 à 13h01

Le premier gestionnaire d'aéroports au monde, Aena, a fait des débuts en fanfare mercredi à la Bourse de Madrid avec un bond de l'action de plus de 15% dans les premiers échanges, signe de l'appétit retrouvé des investisseurs pour l'Espagne.

Son PDG José Manuel Vargas Gomez a fait sonner la cloche à 12H00 (11H00 GMT) devant les médias et des investisseurs, un son devenu rare à la Bourse madrilène pendant les six années d'une crise dont l'Espagne sort à peine.

Dès les premiers échanges, l'action, introduite à 58 euros, s'est envolée de plus de 15% sur le marché continu. A 13H05 (12H05 GMT), elle prenait 19,48% à 69,3 euros.

"L'entreprise génère un intérêt très important chez les investisseurs", s'est réjoui José Manuel Vargas Gomez, et elle va encore "gagner en efficacité, en engagement et en croissance".

Peu de sociétés espagnoles se sont risquées ces dernières années sur le marché, à l'exception notable de la banque Bankia en 2011, une opération qui a tourné au fiasco, ou encore du numéro un européen du voyage en ligne eDreams Odigeo l'an dernier.

Mais l'économie est repartie l'an dernier avec une croissance de 1,4% et l'intérêt des investisseurs suit. Preuve en est, le magnat mexicain Carlos Slim est devenu le premier actionnaire du groupe de construction FCC.

La privatisation partielle d'Aena est la plus importante opération de ce type en Europe depuis 2011, selon les analystes de Link Securities. La forte demande avait permis de fixer le prix d'introduction dans le haut de la fourchette de 53 à 58 euros.

En nombre de passagers transportés --196 millions en 2014-- Aena est le numéro un mondial devant l'allemand Fraport et le français ADP, gestionnaire des aéroports franciliens de Paris-Charles de Gaulle et d'Orly.

Il gère 46 aéroports et deux héliports en Espagne et possède une quinzaine de participations à l'étranger, par exemple dans l'aéroport londonien de Luton ou encore au Mexique et en Colombie.

- Une bonne affaire pour l'Etat -

Après plusieurs années de pertes et une lourde restructuration marquée par la suppression de près de la moitié de son personnel, le groupe a dégagé des bénéfices en 2013. Il a continué sur cette tendance en 2014 avec un bénéfice net de 371 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année et il a réduit son endettement.

Le gouvernement conservateur avait prévu dès 2012 de placer en Bourse 49% du capital d'Aena et de conserver les 51% restants. Mais l'opération a dû être gelée à l'automne dernier, en raison d'un problème technique.

Les résultats du groupe, couplés à la hausse du trafic passagers, auront permis entretemps de fortement relever la fourchette de prix.

Le prix retenu, de 58 euros, valorise l'ensemble de la société à 8,7 milliards d'euros. L'opération est une bonne affaire pour l'Etat espagnol, très endetté, puisqu'il empochera jusqu'à 4,26 milliards d'euros.

44,55% précisement du capital d'Aena a été introduit sur le marché mercredi, un pourcentage pouvant être élargi à 49%. La plus grande partie des actions mises sur le marché a été réservée aux investisseurs institutionnels, les particuliers ne s'étant vu attribuer que près de 5%.

Le fonds britannique TCI et le milliardaire américain George Soros sont de la partie, rapporte le journal Expansion.

Pour autant, les 7.300 salariés d'Aena n'ont pas d'inquiétudes à avoir, avait assuré mardi la ministre de l'Equipement Ana Pastor. "Aena continuera à être une entreprise publique" et l'Etat en gardera les rênes, a-t-elle assuré.

Certaines régions craignent pour l'avenir de leurs petits aéroports, peu fréquentés et non rentables, contrairement aux plus grands comme Madrid et Barcelone. L'opposition socialiste s'inquiète aussi de l'avenir du réseau aéroportuaire.

Cette privatisation partielle est dangereuse pour "la mobilité des citoyens et la cohésion de l'infrastructure", affirme le député socialiste en charge du sujet, Juan Luis Gordo.

Les deux principaux syndicats d'Aena, CCOO et Uso, ont eux levé un appel à 27 journées d'arrêt de travail entre février et août. Ceci n'a pas empêché une trentaine de salariés de venir protester devant la Bourse à l'appel de la CGT.

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Le 11 février 2015 à 13h01

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