L'Afrique du sud se mobilise pour endiguer la xénophobie
- Ebranlée quinze jours durant par des actes xénophobes, l'Afrique du sud, représentée par son gouvernement et sa société civile, s'est mobilisée pour endiguer les causes d'un problème qui a porté une grave atteinte à l'image du pays surtout en Afrique.
A l'approche de la célébration du 21ème anniversaire de la fin de l'apartheid, les membres du gouvernement sud-africain ont multiplié les appels au calme, soulignant que les actes de violence qui ont fait au moins sept morts à Durban (Est du pays) et à Johannesburg, ne reflètent pas la véritable image du pays arc-en-ciel fondé sur les valeurs de tolérance et de coexistence.
''Dans quelques jours nous allons célébrer le 21ème anniversaire de l'avènement de la démocratie en Afrique du sud'', observe Chichi Maponya, président de ''Brand South Africa'', une agence gouvernementale chargée de la promotion de l'image de l'Afrique du sud dans le monde.
Cet anniversaire offre l'occasion de célébrer les valeurs constitutionnelles de coexistence, a-t-il dit, rappelant le rôle important joué par l'Afrique pour la libération du peuple sud-africain.
Le responsable s'est élevé contre les actes de violence ciblant les étrangers, en particulier les ressortissants de pays africains. ''Nous ne pouvons pas tolérer la poursuite de ces actes'', a-t-il dit, appelant les Sud-Africains à éviter d'exprimer leurs revendications sociales et économiques à travers des actes xénophobes.
Nombreux sont les observateurs qui ont imputé la montée de la xénophobie en Afrique du sud à l'aggravation de problèmes dont le chômage, la pauvreté et les inégalités.
Dans un contexte de crise, les ressortissants africains sont accusés de faire la concurrence aux Sud-Africains sur le marché de l'emploi. Un tel sentiment est aggravé par une hausse du chômage, qui affecte près de 25 pc de la population active du pays de Nelson Mandela.
Le ministre sud-africain de l'Intérieur, Malusi Gigaba, est lui aussi monté au créneau pour souligner que les récentes attaques xénophobes vont à l'encontre des valeurs sur lesquelles l'Afrique du sud moderne est fondée.
''Ces actes doivent être condamnés par tous les Sud-Africains'', a-t-il dit, rappelant que la transition sud-africaine du régime de l'apartheid vers la démocratie demeure une message de coexistence.
Le responsable n'a pas manqué de réitérer la détermination du gouvernement de ne ménager aucun effort pour garantir la sécurité de tous les ressortissants étrangers quel que soit leur statut.
Par ailleurs, plusieurs manifestations sont prévues dans plusieurs grandes villes sud-africaines pour dénoncer les actes xénophobes et appeler au respect des valeurs de coexistence. AO---BI AJ.
MAP 211405 GMT avr 2015