La Syrie accuse Israël d'avoir mené deux raids près de Damas
La Syrie a accusé dimanche Israël d'avoir mené deux raids contre des secteurs tenus par le régime près de Damas, dénonçant un "soutien direct" aux rebelles et jihadistes.
Ailleurs dans le pays déchiré par plus de trois ans de guerre civile, les forces pro-gouvernementales ont repoussé un assaut des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans la province orientale de Deir Ezzor, et resserraient l'étau sur des positions rebelles dans le secteur d'Alep (nord).
Dimanche après-midi, "l'ennemi israélien a attaqué deux régions sécurisées (gouvernementales) de la province de Damas: le secteur de Dimas (nord-ouest) et celui de l'aéroport international de Damas", a accusé l'armée syrienne dans un communiqué diffusé à la télévision, précisant que les raids n'avaient causé que des dégâts matériels.
"Cette agression directe par Israël a été menée pour aider les terroristes en Syrie après que nos forces eurent remporté d'importantes victoires à Deir Ezzor, Alep et ailleurs", a ajouté l'armée. "Cela apporte la preuve du soutien direct d'Israël au terrorisme en Syrie".
Dans la terminologie du régime, le mot "terroriste" englobe tous les rebelles, qu'il s'agisse des modérés ou des jihadistes.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les raids ont visé des entrepôts militaires. "Il s'agissait de deux sites militaires où des armes étaient stockées", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, ajoutant ne pas savoir si les raids avaient été menés ou non par l'armée israélienne.
Les autorités israéliennes n'avaient pas réagi dans l'immédiat aux accusations de Damas.
- Un assaut de l'EI repoussé -
L'armée et l'aviation israéliennes ont mené plusieurs attaques contre des positions militaires depuis le début de la révolte contre le régime syrien en mars 2011.
L'aviation israélienne a aussi frappé en Syrie des infrastructures appartenant au puissant mouvement libanais chiite Hezbollah ou des armes lui étant destinées. Le Hezbollah --qui soutient militairement le président syrien Bachar al-Assad-- et Israël s'étaient livré une guerre dévastatrice et meurtrière en 2006.
L'annonce de ces raids survient alors que les forces pro-gouvernementales syriennes ont connu plusieurs succès ces dernières 24 heures.
Elles ont réussi dimanche à repousser une attaque de l'EI contre un important aéroport militaire situé à Deir Ezzor, selon l'OSDH, qui a fait état de la mort de plus de 100 jihadistes et de 59 combattants pro-régime.
D'après l'OSDH, plusieurs jihadistes ont souffert de "suffocation" en raison de l'utilisation par l'armée de chlorite.
L'aéroport militaire de Deir Ezzor est considéré comme la seule voie de ravitaillement alimentaire des forces gouvernementales dans l'Est syrien. C'est de là que les avions et hélicoptères de l'armée décollent pour des raids contre les jihadistes et rebelles dans plusieurs régions de Syrie.
Par ailleurs, l'armée avançait dimanche dans la province d'Alep, selon l'OSDH, qui a précisé qu'au moins 24 rebelles et jihadistes avaient été tués au nord-est de la ville éponyme. "L'armée (...) a pris le secteur de Breij", a déclaré à l'AFP M. Abdel Rahmane.
Cela signifie que l'armée resserre l'étau sur les rebelles à l'est d'Alep: "il y a une menace très réelle que la route d'approvisionnement de l'opposition soit coupée", a-t-il précisé.
- Rencontres diplomatiques -
Alep, deuxième ville de Syrie, est divisée depuis juillet 2012 entre secteurs loyalistes à l'ouest et secteurs rebelles à l'est. Ces derniers sont menacés depuis début octobre d'être totalement assiégés par l'armée.
Toujours à Alep, des rebelles ont fait exploser un tunnel près d'une ancienne mosquée, affirmant viser des positions de l'armée, selon l'OSDH.
La télévision officielle a indiqué que les rebelles avaient fait exploser la mosquée de Sultaniyeh. D'après l'OSDH, la mosquée n'a pas été endommagée mais 12 soldats ont été tués dans l'explosion.
Le conflit en Syrie a commencé en mars 2011 par un mouvement de contestation pacifique qui s'est ensuite transformé en rébellion armée. Celle-ci a été largement éclipsée ces derniers mois par la montée en puissance de groupes jihadistes, notamment l'EI.
Alors que les combats ont fait plus de 200.000 morts, le ballet diplomatique a repris pour tenter de mettre un terme aux violences.
L'émissaire de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura, discutera dans les prochains jours à Gaziantep, en Turquie, avec les chefs rebelles d'Alep d'un "gel" des combats dans cette ville.
La Russie, qui entend relancer le processus de paix, recevra de son côté mercredi une délégation d'opposants syriens tolérés par le président Assad, après des personnalités du régime fin novembre.
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, se rend lui lundi à Téhéran pour une conférence sur l'extrémisme et la violence à laquelle doit également participer Ibrahim al-Jaafari, son homologue d'Irak où l'EI sévit également.