La Bourse de Paris plombée par l'euro et la Corée du nord
La Bourse de Paris se repliait nettement mardi (-1,33%), dans un mouvement clair d'aversion pour le risque, les investisseurs étant en outre échaudés par la poursuite de l'appréciation de l'euro face au dollar.
A 12H01 (10H01 GMT), l'indice CAC 40 reculait de 67,41 points à 5.012,34 points dans un volume d'échanges de 1,14 milliard d'euros. La veille, il avait fini en baisse de 0,48% à 5.079,75 points.
Après une ouverture dans le rouge, la cote parisienne a creusé ses pertes, lestée par l'escalade des tensions en Asie, après le tir par Pyongyang d'un missile balistique qui a survolé le Japon.
Mais la géopolitique n'était pas la seule cause d'inquiétude pour les opérateurs de marché, qui scrutaient un euro semblant bien parti pour poursuivre sur sa lancée.
La monnaie unique a ainsi dépassé mardi matin le seuil de 1,20 dollar pour la première fois depuis janvier 2015.
"Le phénomène s'amplifie: l'appréciation de l'euro par rapport au dollar pénalise les marchés européens", relèvent les gérants de Barclays Bourse dans une note.
S'il était notamment affaibli par les tensions avec la Corée du Nord, le dollar souffrait aussi après le symposium des banquiers centraux de Jackson Hole, la semaine écoulée.
"En effet, l’absence d'indices de Janet Yellen (la présidente de la Réserve fédérale, NDLR) concernant une éventuelle hausse des taux de la Fed combinée à l'absence de commentaires de la part de Draghi (le président de la BCE, NDLR) sur la vigueur actuelle de l'euro ont porté la devise européenne à un plus haut depuis janvier 2015", explique Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.
Du côté des indicateurs du jour, l'agenda est relativement riche, avec en France la croissance économique, qui a atteint 0,5% au deuxième trimestre, grâce à une bonne tenue de la demande intérieure et à un net rebond des exportations, selon une deuxième estimation.
Toujours en France, les dépenses de consommation des ménages en biens ont rebondi de 0,7% en juillet.
En Allemagne, les consommateurs voient arriver l'automne avec un moral au beau fixe, soutenu par un marché de l'emploi solide, selon l'étude mensuelle de l'institut GfK publiée ce mardi.
Dans l'après-midi, les Etats-Unis dévoileront les prix des logements en juin, ainsi que l'indice mensuel de confiance des consommateurs.
Sur le front des valeurs, le secteur automobile était à la peine, Renault cédant 2,05% à 74,01 euros, Peugeot reculant pour sa part de 1,75% à 17,65 euros tandis que Faurecia lâchait 1,42% à 48,41 euros.
Les titres des groupes télévisuels dévissaient, à l'image de TF1 (-6,04% à 11,13 euros) et M6 (-5,93% à 18,64 euros), après l'annonce par le groupe allemand ProSiebenSat1 de la chute de ses recettes publicitaires. Exane BNP Paribas a à cette occasion relevé dans une note des inquiétudes structurelles dans le secteur.
Wendel profitait à l'inverse (+2,07% à 130,75 euros) d'un relèvement de sa recommandation à "acheter" contre "conserver" auparavant par Société Générale.
CAC 40 (Euronext)