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Justin Trudeau prend les rênes du Canada 31 ans après son père

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Le 4 novembre 2015 à 17h40

Des centaines de Canadiens se sont pressés mercredi à Ottawa dans la résidence officielle du Gouverneur général pour ovationner le nouveau Premier ministre Justin Trudeau et son gouvernement libéral, officiellement investis à la tête du pays.

Trente et un ans après la fin du mandat de son père, Pierre Elliott, M. Trudeau a pris les rênes du Canada à l'issue d'une cérémonie chargée de symboles forts, en rupture avec le pouvoir conservateur sortant.

A l'opposé de son prédécesseur Stephen Harper, fuyant le public et les médias, le nouveau Premier ministre est entré en fonction en s'offrant un long bain de foule dans le parc de Rideau Hall, la demeure des représentants de la couronne britannique.

"Just in Time, Justin" (Juste à temps, Justin) avait écrit sur une pancarte Robert Boisvert, retraité au milieu de cette foule bon enfant. "Après dix ans de conservateurs au pouvoir, c'est historique qu'il y ait un changement de gouvernement, un gouvernement un peu moins secret", a confié M. Boisvert à l'AFP.

Au son des cornemuses, accompagné de son épouse Sophie et de ses 30 ministres, M. Trudeau a traversé à pied l'espace boisé baigné par le soleil de l'été indien, avant de rejoindre le Gouverneur général, David Johnston.

Représentant de la reine Elizabeth II, chef d'État en titre, M. Johnston avait reçu plus tôt mercredi M. Harper, venu lui présenter sa démission et celle de son gouvernement, près de dix ans après avoir pris le pouvoir à Ottawa.

Accusé par les conservateurs de M. Harper d'être inexpérimenté, M. Trudeau a créé la surprise en remportant avec une large majorité les élections législatives du 19 octobre.

Plaçant le parti libéral plus à gauche qu'à l'accoutumée, M. Trudeau a séduit les électeurs en promettant des baisses d'impôts pour les classes moyennes, la légalisation du cannabis, une relance des investissements dans les infrastructures moyennant trois ans de déficit budgétaire, ou encore en s'engageant à mettre fin à la campagne aérienne en Irak et en Syrie.

- Une Autochtone à la Justice -

A 43 ans, cet ancien professeur est devenu le 23e Premier ministre du Canada dans un style qui rompt avec son prédécesseur: c'était la première fois par exemple que le public était convié à Rideau Hall pour assister à la cérémonie d'assermentation.

Cette cérémonie, en présence d'anciens Premiers ministres, ainsi que de la Canadienne Michaelle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, a débuté avec des roulements de tambours amérindiens et des chants traditionnels inuits.

Après avoir promis "allégeance" à la reine Elizabeth II et à ses héritiers, M. Trudeau a été déclaré Premier ministre par le Gouverneur général, son visage témoignant de son émotion.

Puis, les 30 ministres, 15 hommes et 15 femmes, ont à tour de rôle prêté serment devant le Gouverneur général.

Ayant promis un cabinet resserré, M. Trudeau s'est d'ailleurs réservé les portefeuilles de la Jeunesse et des Affaires intergouvernementales (chargé des relations du fédéral avec les provinces).

Dans un geste fort, il a nommé pour la première fois une Autochtone comme ministre de la Justice, en la personne de l'ex-procureur Jody Wilson-Raybould. Cette nomination est lourde de sens car le gouvernement sortant a toujours refusé une commission d'enquête sur les disparitions ou les meurtres inexpliqués de quelque 1.200 femmes autochtones depuis 1980. Cette enquête, promesse de campagne de M. Trudeau, devrait être une des premières mesures de Mme Wilson-Raybould.

La nouvelle ministre de l'Environnement et du changement climatique Catherine McKenna, avocate internationale, sera début décembre à Paris à la conférence de l'ONU sur le climat, après une décennie de désengagement du Canada dans la lutte contre le réchauffement de la planète.

M. Trudeau a en outre nommé Stéphane Dion ministre des Affaires étrangères. Il avait été ministre libéral de l'Environnement avant l'arrivée des conservateurs, qui avaient décidé de sortir le Canada du protocole de Kyoto.

Avec quatre rendez-vous internationaux, dont la COP21 à Paris, d'ici la fin du mois, le nouveau Premier ministre a un programme chargé, d'autant qu'il souhaite convoquer le Parlement avant Noël afin d'adopter le premier budget de son gouvernement libéral.

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Le 4 novembre 2015 à 17h40

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