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Israël vers des élections anticipées début 2015

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Le 2 décembre 2014 à 13h45

Israël se dirige vers des élections anticipées début 2015, qui pourraient amener au pouvoir un gouvernement encore plus à droite et débarrassé du centre, vent debout contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Mercredi, la Knesset, le Parlement israélien, commencera à examiner un projet de loi de dissolution. La procédure pourrait s'achever le jour même ou lundi, selon la radio publique.

L'opposition de gauche avait proposé cette dissolution dans l'espoir de faire tomber le gouvernement trois ans avant la fin de la législature. Elle devrait être rejointe par la majorité elle-même, assure à l'AFP une responsable du Likoud (droite), le parti de M. Netanyahu.

Et si son parti semble décidé à aller vers de nouvelles élections en mars ou avril 2015, c'est que les sondages semblent assurer à celui qui a déjà été trois fois Premier ministre de se succéder à lui-même. Il pourrait même, selon les experts, se ménager une coalition gouvernementale moins turbulente que l'actuelle, en s'élargissant à sa droite, du côté des ultra-nationalistes et des formations religieuses.

"Les partis de droite ont la majorité selon les sondages, ce qui signifie qu'il y a de grandes chances que M. Netanyahu conserve son poste", estime le politologue Abraham Diskin.

Une coalition gouvernementale plus à droite pourrait rendre encore plus vains les efforts pour une reprise des négociations sur le processus de paix israélo-palestinien. Ce dernier est au point mort depuis 2000, malgré des tentatives américaines de relance dont la dernière a échoué au printemps.

Si M. Netanyahu cherche à avoir les coudées franches, c'est parce que son gouvernement se déchire depuis plusieurs semaines, notamment sur son projet de loi controversé visant à renforcer le caractère "juif" de l'Etat.

- 'Guerre des chefs' -

Les frondeurs sont menés par le ministre des Finances Yaïr Lapid, figure du centre-droit et champion de la classe moyenne, et la ministre de la Justice Tzipi Livni, qui incarne le centre-gauche. Tous deux pourraient, selon la radio militaire, être limogés avant le rendez-vous de mercredi à la Knesset, dont ils sont également membres.

Pour les médias, c'est "la guerre des chefs" entre MM. Netanyahu et Lapid, chef de Yesh Atid, formation de centre-droit devenue le premier parti avec 19 députés depuis que le Likoud (18 députés) s'est séparé d'Israël Beiteinou (13 députés), la formation ultranationaliste du chef de la diplomatie Avigdor Lieberman.

Lundi soir, M. Netanyahu a présenté à M. Lapid cinq exigences pour sauver le gouvernement, parmi lesquelles le retrait de son projet de suppression de la TVA sur les achats immobiliers, la fin des critiques sur la colonisation israélienne à Jérusalem-Est annexée, qui suscitent des levées de boucliers à l'étranger, et le soutien au projet de loi sur l'Etat "juif".

M. Lapid a rejeté cet ultimatum et accusé M. Netanyahu "d'irresponsabilité" en poussant "à des élections superflues".

Sans le soutien du centre, Benjamin Netanyahu ne dispose plus d'une majorité au Parlement. Mais c'est plutôt vers sa droite qu'il cherche désormais des appuis.

Le Likoud est pour le moment crédité de 23 sièges. En chute par rapport à juillet où, en pleine guerre de Gaza, les sondages lui allouaient 31 sièges. Pour former une majorité, M. Netanyahu a d'ores et déjà contacté les partis ultra-orthodoxes, relégués dans l'opposition alors qu'il les considère comme des "alliés naturels du Likoud", selon les médias.

Le Foyer Juif, le parti nationaliste religieux et fervent partisan de la colonisation du ministre de l'Economie Naftali Bennett (12 députés), est présenté comme la formation qui devrait connaître la plus forte progression aux prochaines législatives.

De même, le très populaire Moshé Kahlon, ancien ministre du Likoud, a créé un parti centriste qui concurrence Yesh Atid sur le créneau de la défense de la classe moyenne. Il pourrait remporter neufs sièges, au détriment du parti de M. Lapid.

L'incertitude politique a fait plonger mardi le shekel à son niveau le plus bas depuis plus de deux ans.

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Le 2 décembre 2014 à 13h45

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