img_pub
Rubriques

Hong Kong: des policiers suspendus après des violences contre des manifestants

m24-En-continu
Par
Le 15 octobre 2014 à 6h10

La police de Hong Kong s'est retrouvée sous le feu des critiques mercredi après des violences subies par un manifestant au cours de heurts qui sont parmi les plus violents en quinze jours de manifestations pour exiger de Pékin davantage de libertés démocratiques.

Le ministre de la Sécurité de l'ancienne colonie britannique, Lai Tung-kwok, a annoncé que les policiers soupçonnés d'être impliqués dans cet incident, qui a été filmé, avaient été suspendus de leurs fonctions.

Les tensions sont remontées d'un cran alors que des policiers armés de masses, de scies circulaires et de cisailles pour démanteler les barricades érigées par le camp prodémocratie tentent depuis deux jours de regagner du terrain sur les manifestants qui occupent trois sites à Hong Kong.

Les images apparemment tournées dans la nuit de mardi à mercredi, diffusées par la télévision locale TVB, montrent six policiers en civil en train de traîner un manifestant menotté dans un coin sombre d'un parc proche du siège du pouvoir, dans le quartier d'Admiralty, l'un des sites occupés par les manifestants.

L'homme est contraint à s'allonger par terre avant d'être frappé à coups de poings et de pieds par des policiers. L'agression dure quatre minutes, selon la télévision.

- Policiers suspendus -

"La police est préoccupée par cet incident et va ouvrir une enquête impartiale", a déclaré le ministre de la Sécurité à la presse. "Les policiers impliqués dans cet incident ont été suspendus de leurs fonctions actuelles".

Le Parti civique, l'un des mouvements prodémocratie de Hong Kong, a identifié l'homme victime des violences comme l'un de ses membres, Ken Tsang. "L'équipe juridique du Parti civique gère la situation", a déclaré Claudia Mo, députée membre de cette organisation.

Le leader étudiant Joshua Wong a déclaré que les manifestants, déjà échaudés après avoir été arrosés de gaz lacrymogène le 28 septembre, avaient perdu toute confiance dans la police.

"Ce que la police aurait dû faire c'est escorter le manifestant jusqu'à la voiture de police, pas l'emmener au loin, le frapper à coups de poings et de pieds pendant quatre minutes", a-t-il lancé.

Les affrontements sont survenus aux premières heures de mercredi au moment où la police s'est mise à démanteler une nouvelle barricade érigée par les protestataires sur une route proche des bâtiments officiels. Les policiers, portant des casques et boucliers antiémeute, ont repoussé à coups de poing et de matraque les manifestants qui avaient déployé pour se protéger leurs parapluies devenus l'emblème de leur mouvement. Les policiers ont également fait usage de gaz au poivre.

- Spray au poivre -

La police a annoncé avoir arrêté 45 personnes: 37 hommes et huit femmes. Après une heure de confrontation, les forces de l'ordre ont repris le contrôle de la Lung Wo Road.

Ben Ng, un étudiant de 18 ans, se trouvait près d'une barricade nouvellement érigée lorsque les policiers ont avancé. "Ils ont utilisé du spray au poivre sans raison ni avertissement. Des manifestants ont été frappés par des policiers", a-t-il témoigné.

Lundi et mardi, les policiers s'étaient déjà employés à réduire le territoire aux mains des manifestants, à Admiralty et à Causeway Bay, un quartier très commerçant de l'ancienne colonie britannique prisé des Chinois. Des centaines de policiers avaient démantelé des barricades pour libérer certaines voies de circulation sans toutefois disperser les protestataires.

Le troisième site d'occupation, à Mongkok, sur la partie continentale de Hong Kong, est le prochain sur la liste, avait averti la police.

Les blocages en place depuis le 28 septembre ont fortement perturbé l'activité à Hong Kong et la vie quotidienne des plus de sept millions d'habitants de ce territoire semi autonome enclavé à l'extrême sud de la Chine, qui connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Les frondeurs du "mouvement des parapluies" se sont d'abord attirés la sympathie du public mais les embouteillages, la congestion des transports en commun, la fermeture des écoles et des commerces ont fini par lasser.

Bravant la tutelle chinoise, les manifestants exigent de pouvoir librement élire le prochain chef de l'exécutif hongkongais en 2017, alors que le Parti communiste chinois (PCC), craignant une contagion revendicative sur son territoire, entend garder la haute main sur le processus électoral.

Par
Le 15 octobre 2014 à 6h10

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité