Grèce: le retour sur les marchés “utile” à condition de veiller sur la dette (FMI)
Le retour de la Grèce sur le marché obligataire peut être "utile" à condition que tout nouveau financement ne provoque pas une hausse de la dette grecque, a estimé mercredi Delia Velculescu, chef de mission du FMI pour le pays.
"L'un des principaux objectifs du programme actuel pour la Grèce est de faciliter le retour du pays sur le marché" mais "sur une base de viabilité de la dette", a souligné cette responsable dans un entretien paru dans le quotidien grec des affaires Naftemporiki.¨
Après trois ans d’absence des marchés, la Grèce a réussi mardi à lever 3 milliards d'euros à cinq ans avec un taux de rendement 4,625% et un coupon de 4,375%, inférieurs à une obligation similaire d'avril 2014 (4,95% et 4,75% respectivement).
Continuant à bénéficier des prêts à taux généreux du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) jusqu'à la fin du programme, prévue en août 2018, la Grèce n'a pas actuellement besoin de se financer sur les marchés.
L'émission de l'obligation de mardi est plutôt considérée comme "un test" pour préparer le refinancement obligatoire du pays sur les marchés à l'issue de ce programme, selon le gouvernement.
"Un second et même un troisième essai pourraient avoir lieu d'ici la fin du programme", a assuré lundi le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos.
Pour Delia Velculescu "tester les marchés avant la fin du programme actuel peut être utile à condition que tout nouveau financement soit aligné avec les objectifs de la soutenabilité de la dette publique, qui ne permet pas une nouvelle hausse de la dette".
La dette publique grecque, à 179% de son PIB en 2016, reste le grand fardeau de son économie, et le pays est obligé d'utiliser une grande partie de ses fonds pour rembourser les trois prêts successifs, accordés par la zone euro et le FMI depuis le début de la crise de la dette en 2010.
Selon les calculs du FMI, "le service de la dette va augmenter à des niveaux non soutenables à long terme", rappelle Delia Velculescu.
C'est pourquoi, le FMI continue de réclamer de la zone euro "des mesures d'allègement de la dette grecque pour rétablir sa soutenabilité", explique Mme Velculescu. L'institution de Washington a conditionné à un tel allègement l'aide de 1,6 milliard d'euros qu'elle pourrait accepter finalement d'apporter à la Grèce.