Boeing enchante Wall Street en relevant son objectif annuel
L'avionneur américain Boeing s'est montré optimiste mercredi en relevant son objectif financier annuel après avoir renoué avec les bénéfices au deuxième trimestre mais ses revenus reculent.
Le titre, qui a gagné plus de 35% depuis janvier, bondissait de près de 4% dans les échanges électroniques de pré-séance à Wall Street.
Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 1,76 milliard de dollars, contre une perte de nette de 234 millions de dollars au deuxième trimestre 2016, qui avait été grévé par une lourde charge de 2 milliards liée aux programmes 787, 747 et à l'avion ravitailleur KC-46.
Lors des trois derniers mois, Boeing a payé moins d'impôts, avec un taux d'imposition de 28,7% contre 51,1% à la même période un an plus tôt.
Le constructeur aéronautique a en outre fortement réduit ses coûts, qui ont diminué de 14% en un an. Ceux liés à la production des avions ont baissé de 14,5%, indiquant que la fabrication du 787 "Dreamliner", le dernier-né, devient moins coûteuse. La marge opérationnelle est passée en un an de 5,6% à 10% dans la division aviation commerciale.
Les économies touchent également les effectifs: Boeing a supprimé, via des départs volontaires et quelques licenciements secs, plus de 6.000 emplois depuis janvier, soit environ 4% de ses effectifs totaux, dont une grande partie dans ses deux principales usines de l'état de Washington (nord-ouest) à savoir Renton (qui fabrique le 737) et Everett (les 747, 777 et 787).
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Le groupe indique vouloir gagner en efficacité et veut automatiser de plus en plus de tâches dans ces usines production des avions de nouvelle génération, afin, explique-t-il, de mieux rivaliser avec Airbus, qui domine le segment du moyen-courrier.
Pour le second semestre, "nos équipes se focalisent sur une accélération de la productivité", a déclaré mercredi le PDG Dennis Muilenburg. Grosso modo, Boeing va continuer à réduire ses coûts.
L'avionneur s'attend désormais à dégager en 2017 un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du nord, compris entre 9,80 et 10 dollars, contre entre 9,20 et 9,40 dollars auparavant. Au deuxième trimestre, ce bénéfice était de 2,55 dollars, contre 2,3 dollars attendus en moyenne par les analystes financiers. Le chiffre d'affaires est toujours attendu entre 90,5 et 92,5 milliards de dollars.
Cet optimisme est dû au fait que le groupe espère payer moins d'impôts qu'il ne prévoyait jusqu'ici et devrait dans le même temps bénéficier d'un crédit d'impôt du fait d'une accélération du financement des retraites de ses employés au troisième trimestre. Il espère ainsi économiser environ 700 millions de dollars. Ses dépenses devraient en outre diminuer de 300 millions de dollars.
Ces éléments devraient permettre de gonfler la trésorerie de 1,5 milliard de dollars, la portant à 12,25 milliards, dont une grande partie (10 milliards) va servir à choyer les actionnaires via le rachat de ses propres actions.
Seuls bémols: Boeing n'a livré que 183 avions civils au deuxième trimestre, en baisse de 8% sur un an. Ceci s'est reflété par une baisse de 8,1% de son chiffre d'affaires à 22,74 milliards de dollars. Il a toutefois réitéré son objectif de livrer entre 760 et 765 appareils commerciaux cette année.
Les livraisons sont un baromètre très surveillé parce que non seulement les compagnies aériennes ne paient qu'au moment où elles reçoivent les avions commandés, mais aussi parce que Boeing dispose d'un gros carnet de commandes et doit en conséquent démontrer qu'il peut produire et livrer à temps sans de gros retards, au moment où le trafic aérien ne cesse d'augmenter.
Son carnet de commandes est actuellement estimé à 482 milliards de dollars, en hausse de 27 milliards, générés principalement par les contrats enregistrés lors du dernier salon aéronautique du Bourget en France.