Algérie: des journaux augmentent leur prix à cause d'une “crise générale”
Trois journaux à large diffusion en Algérie ont décidé une augmentation de leur prix, à compter de jeudi, à cause d'une "crise générale" dans le secteur, notamment en liaison avec les restrictions d'accès à la publicité publique.
Les trois publications francophones "Liberté", "Le Quotidien d'Oran" et "El Watan" pointent du doigt "les retombées d'une politique restrictive des pouvoirs publics, spécialement en matière d'accès à la publicité publique et institutionnelle, monopole de l'ANEP (Agence nationale de l'édition et de la publicité)".
La politique de cette agence gouvernementale "n'obéit pas aux lois du marché", assène un communiqué commun des trois journaux, qui passent ainsi de 15 à 20 dinars (2 dirhams environ) à cause aussi de salaires et des coûts d'impression et de diffusion en "hausse constante".
Les mêmes griefs ont été déjà exprimés par plusieurs journaux, notamment "Algérie News" (arabe et français), qui avait affirmé, il y a quelques mois, que l'ANEP "a reçu des directives" pour lui interdire la publicité étatique.
"Ce procédé digne des pratiques staliniennes vise l'étouffement financier des deux quotidiens et renseigne, on ne peut mieux, sur les restrictions à la liberté de l'expression et sur les visées inavouées de museler la presse indépendante", s'était indignée la direction des deux journaux.
Le ministre de la Communication, Hamid Grine, qui a fait de "la régulation" de la manne publicitaire son cheval de bataille, s'inscrit complètement en faux contre les arguments des éditeurs, qui "voient la pub de l'Etat comme un droit constitutionnel".
"Si un journal n'est pas viable économiquement et financièrement et s'il a une mauvaise gestion, il faudrait qu'il arrête", avait estimé le ministre, qui a accusé certains éditeurs de s'enrichir sur le dos des journalistes qui ne font que s'appauvrir.
JC---BI.
NH. MAP 290959 GMT oct 2014