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Iran : le Pentagone chiffre la guerre à 37,5 milliards de dollars

L’estimation couvre les dépenses engagées et prévues jusqu’au 30 septembre. Washington réclame parallèlement 67,1 milliards de crédits militaires supplémentaires, alors que le conflit se prolonge et que sa facture finale demeure inconnue.

Pete Hegseth au Sénat évoquant le coût de la guerre en Iran
Pete Hegseth.
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Le 22 juillet 2026 à 12h57 | Modifié 22 juillet 2026 à 13h21

Le Pentagone évalue désormais à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, selon un chiffre communiqué mardi 21 juillet 2026 par le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, devant le Sénat.

Cette somme ne correspond toutefois pas uniquement aux dépenses déjà effectuées. Pete Hegseth a précisé qu’elle englobait certains coûts engagés depuis le début des opérations ainsi que des dépenses anticipées jusqu’au 30 septembre, date de clôture de l’exercice budgétaire américain. Il n’en a pas fourni de ventilation détaillée lors de cette audition publique de la commission des crédits du Sénat.

La nouvelle estimation dépasse de 8,5 milliards de dollars celle présentée en mai par le Pentagone, qui évaluait alors la facture à 29 milliards. Elle représente une hausse d’environ 29% en un peu plus de deux mois. Les autorités américaines n’ont pas rendu publique la méthode précise utilisée pour parvenir à ces évaluations successives.

Le chiffre de 37,5 milliards comprend notamment les opérations militaires, la rémunération des personnels, le remplacement des munitions consommées ainsi que la réparation ou le remplacement de matériels et d’installations endommagés. Il ne constitue donc pas nécessairement le coût définitif de la guerre, qui dépendra de sa durée et de l’intensité des opérations.

Pete Hegseth comparaissait aux côtés du chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, afin de défendre la demande de crédits supplémentaires transmise au Congrès par l’administration de Donald Trump.

Le montant exact demandé pour l’ensemble des administrations fédérales est de 87,6 milliards de dollars, et non de 70 milliards. Sur ce total, 67,1 milliards sont destinés au département de la Défense. La demande budgétaire transmise le 24 juin par la Maison-Blanche couvre également 11,1 milliards de dollars d’aide au secteur agricole ainsi que des dépenses liées à la diplomatie, à la sécurité nucléaire et à la lutte contre une épidémie d’Ebola en Afrique centrale.

Selon le document de la Maison-Blanche, l’essentiel des crédits militaires doit permettre de rembourser les dépenses liées à l’opération contre l’Iran, baptisée "Epic Fury", de renforcer la disponibilité opérationnelle des forces et de reconstituer les stocks de munitions. Le texte réserve également 21 milliards de dollars à l’acquisition de capacités militaires, à la production de munitions et au renforcement de l’industrie américaine de défense.

Le chef du Pentagone a présenté ces fonds comme une injection "urgente et nécessaire". Sans leur adoption, certains entraînements militaires devraient être réduits et les forces armées pourraient rencontrer des difficultés pour financer l’entretien de leurs équipements et préparer leurs capacités futures, a-t-il averti.

"Il y a des entraînements, aujourd’hui et à l’avenir, qui devraient être réduits si nos besoins budgétaires ne sont pas satisfaits rapidement", a déclaré Pete Hegseth, selon le compte rendu officiel publié par la commission.

Le général Dan Caine a toutefois refusé de dire si le montant réclamé suffirait à couvrir la totalité de la guerre. "Je ne peux pas répondre à la question de savoir combien cela coûtera, car l’ennemi a son mot à dire", a-t-il déclaré devant les sénateurs.

L’audition a donné lieu à de vifs échanges entre le ministre et plusieurs élus démocrates, qui reprochent à l’administration Trump d’avoir engagé les États-Unis dans une guerre prolongée sans autorisation explicite du Congrès ni stratégie de sortie clairement définie.

La sénatrice démocrate Patty Murray, cheffe de l’opposition au sein de la commission, a refusé de donner un" chèque en blanc" à l’exécutif. Elle a accusé la Maison-Blanche de chercher à faire financer, sous couvert d’urgence iranienne, des dépenses sans rapport direct avec le conflit.

Selon le décompte publié par son bureau, la demande militaire comprend notamment 800 millions de dollars pour prolonger le déploiement de la Garde nationale à Washington, plus d’un milliard pour les opérations de l’armée à la frontière sud et 900 millions pour le commandement militaire chargé de l’Amérique latine et des Caraïbes.

"Les Américains veulent une fin rapide et stratégique de cette guerre, pas 70 milliards de dollars supplémentaires pour la poursuivre", a déclaré Patty Murray, estimant que le Pentagone disposait encore de dizaines de milliards de crédits non dépensés.

La présidente républicaine de la commission, Susan Collins, a adopté une position plus favorable au financement. Tout en reconnaissant l’existence de divergences profondes sur la décision d’attaquer l’Iran, elle a estimé que le Congrès devait régler les dépenses déjà engagées, réparer les équipements endommagés et remédier aux pénuries de munitions.

"Nous ne devons pas compromettre la disponibilité de nos militaires ni refuser de reconstituer des capacités essentielles épuisées pendant cette campagne", a-t-elle déclaré. Elle a toutefois relevé que certaines pénuries de munitions existaient avant le déclenchement de la guerre.

Les combats ont repris après l’effondrement, au début de juillet, d’un fragile cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Les deux camps mènent depuis des frappes quotidiennes, alors que les perturbations dans le détroit d’Ormuz et l’élargissement des tensions à la mer Rouge font peser de nouvelles menaces sur les échanges énergétiques mondiaux.

La facture annoncée mardi reste donc provisoire. Le général Caine n’a exclu ni une prolongation des opérations ni une évolution des moyens militaires engagés, laissant entrevoir de nouvelles demandes budgétaires si aucun accord politique n’est trouvé.

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