Pour l’AEI, les marchés pétroliers résistent, pour l'instant
Malgré l'aggravation des tensions au Moyen-Orient et les menaces qui pèsent désormais sur les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, les marchés pétroliers restent, pour l'heure, relativement résilients, estime l'Agence internationale de l'énergie.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) indique suivre de près l'évolution de la situation, alors que l'escalade du conflit au Moyen-Orient fait peser des risques croissants sur ces deux passages stratégiques pour le transport mondial d'hydrocarbures, a annoncé son directeur exécutif, Fatih Birol.
"L'escalade des hostilités affectant le détroit d'Ormuz et les infrastructures énergétiques de la région accentue les inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement et l'incertitude quant aux perspectives du marché. Les menaces pesant sur le détroit de Bab el-Mandeb, devenu une route de plus en plus importante pour contourner le détroit d'Ormuz, exacerbent encore ces préoccupations", souligne Fatih Birol.
Pour rappel, les Houthis ont annoncé le lundi 20 juillet un blocus maritime visant l'Arabie saoudite. Riyad a répliqué en affirmant qu'elle prendrait "toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires", conformément au droit international. Une fermeture totale de Bab el-Mandeb pourrait réduire l'offre mondiale de pétrole de 7%. L'Arabie saoudite s'appuie de plus en plus sur ce détroit pour contourner Ormuz via son oléoduc est-ouest.
Selon l'AIE, plusieurs facteurs amortissent pour l'instant le choc. Les exportations des pays du Golfe, soutenues par les efforts de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour diversifier leurs itinéraires d'acheminement, ont certes reculé par rapport aux niveaux records atteints fin juin, mais elles demeurent nettement supérieures à celles observées entre début mars et la mi-juin. Les États-Unis, le Brésil, le Venezuela et le Kazakhstan ont également accru leurs exportations, tandis que la Chine a réduit ses importations de pétrole brut de près de 50%.
Les déblocages de réserves stratégiques des pays membres de l'AIE, environ 290 millions de barils sur les 400 millions annoncés le 11 mars, continuent également de soutenir le marché, qui dispose encore de plus d'un milliard de barils de réserves publiques.
L'AIE réaffirme enfin qu'une résolution du conflit, incluant une réouverture pleine et inconditionnelle du détroit d'Ormuz, demeure essentielle pour éviter une nouvelle dégradation de la sécurité énergétique mondiale.