img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
POLITIQUE

Au RNI, Akhannouch a passé le témoin mais garde la main

Depuis février, Mohamed Chaouki préside officiellement le RNI. Mais à Agadir, dans une université d’été censée célébrer la jeunesse du parti, c’est encore autour de Aziz Akhannouch que se sont ordonnés les temps forts d’une soirée où le passage de témoin a paru moins définitif que ne l’annonçait son retrait d’il y a quelques moins. Au point de laisser flotter une question que son entourage récuse : et s’il avait cédé le fauteuil un peu trop tôt ?

Au RNI, Akhannouch a passé le témoin mais garde la main
Par
Le 27 juin 2026 à 8h41 | Modifié 27 juin 2026 à 8h41

Avec ses gradins en plein air, le théâtre de verdure d’Agadir ressemble à ces arènes prisées en leur temps par les Romains pour les combats de gladiateurs.

Présent sur place pour la 6e université d’été de la jeunesse du Rassemblement national des indépendants (RNI), organisée les 26 et 27 juin 2026 dans la capitale du Souss-Massa, Aziz Akhannouch n’y est pourtant pas allé, en théorie, pour livrer bataille, au moment où cela va bientôt faire cinq mois qu’il a cédé la présidence de la formation de la colombe à Mohamed Chaouki. Et, avec elle, la première ligne des confrontations partisanes.

“Il est plus relâché maintenant, vous ne l’avez pas remarqué ?”, nous demande d’ailleurs un membre de son staff, quelques minutes après un discours où, effectivement, le chef du gouvernement a semblé moins corseté que de coutume.

Un retrait très relatif

Cependant, l’impression générale qui demeure immanquablement après avoir assisté à ce grand raout est que l’intéressé est peut-être encore loin d’avoir déposé le glaive de la politique, mais bien le contraire.

Certes, dans une allocution qu’il a prononcée, le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, lui a reproché, sur le ton de la taquinerie, de ne plus assister aux événements des organisations du RNI depuis le congrès du 7 février, qui avait vu Mohamed Chaouki lui succéder. Une façon aussi de faire comprendre qu’il ne tire plus toutes les ficelles que d’aucuns lui prêtent encore.

Mais son omniprésence n’en demeure pas moins palpable et patente.

Elle s’est vue dès son entrée, aux alentours de 19h20, lorsqu’il a surgi par l’allée centrale, au milieu des travées, pour s’offrir un bain de foule jusqu’à la place qui lui avait été réservée au pied de l’estrade, suivi par les membres du bureau politique dans son sillage.

Plus tard, un détail symbolique a semblé échapper à l’assistance : dans le clip d’une chanson produite par des membres de la Fédération nationale de la jeunesse RNIste (FNJR), le visage d’Akhannouch apparaît à l’écran à l’instant précis où les paroles évoquent l’avenir.

Pas forcément calculé, mais suffisamment parlant pour être relevé.

Passer le témoin, reprendre son souffle

Le 11 janvier 2026, au siège de la chefferie du gouvernement à Rabat, Médias24 avait fait partie de la dizaine d’organes de presse nationaux conviés par Aziz Akhannouch pour annoncer qu’il ne briguerait pas de troisième mandat à la tête du RNI, et qu’un congrès extraordinaire serait très vite tenu pour élire un nouveau chef.

À l’époque, le principal argument mis en avant par son équipe de communication, et encore repris par lui-même dans son discours à l’université d’été de la FNJR, était celui du respect de la démocratie interne et de la nécessité de passer le témoin.

Mais dans le même temps, Aziz Akhannouch avait laissé transparaître la lassitude d’un homme exposé depuis près d’une décennie. Il faut dire que depuis qu’il avait été appelé à la rescousse par le RNI, dans la foulée des législatives du 7 octobre 2016 où le parti avait terminé quatrième, le répit n’a été son lot que de façon très sporadique.

Il y eut d’abord, au printemps 2018, la campagne de boycott d’Afriquia, enseigne de distribution de carburants affiliée à sa holding Akwa, qui l’avait visé personnellement. Puis, après sa nomination aux commandes du gouvernement en septembre 2021, une exposition permanente aux charges politiques et médiatiques. Au début de l’automne 2025, le point d’orgue est atteint : battant le pavé pendant plusieurs jours, le mouvement de protestation GenZ 212 appelle à la démission de l’exécutif.

Un bilan défendu plus frontalement

Le paradoxe ? De tous les gouvernements qui se sont succédé au cours du dernier quart de siècle, celui d’Akhannouch est sans doute celui qui a le mieux performé sur les chantiers sociaux mêmes, que GenZ 212 a placés au cœur de son cahier revendicatif, notamment la santé et l’éducation.

Face aux jeunes du RNI, Aziz Akhannouch a, à cet égard, cité l’exemple de la récente inauguration d’un hôpital de proximité à Tinghir, ville délaissée sur ce plan jusque-là, ou encore le fait qu’il n’y ait désormais plus de classes de plus de 30 élèves au Maroc.

À la même occasion, Aziz Akhannouch s’est également targué des réalisations suivantes :

  • 88% de la population marocaine bénéficie actuellement de la couverture sociale.
  • Le Maroc est devenu la 22e destination touristique mondiale.
  • Il s’est également installé à la première place de l’industrie africaine, comme l’avait détaillé récemment la Banque africaine de développement (BAD) à travers son nouvel indice.

Bien évidemment, ce sont les orientations du Souverain qui, derrière, ont fixé le cap, dans la mesure où il s’agit là de chantiers éminemment royaux. Mais encore faut-il savoir et pouvoir les mettre en œuvre. Et le fait est que le gouvernement Akhannouch y a, effectivement, bien réussi. C’est un fait observable, sans complaisance aucune de la part de l’auteur de ces lignes.

Ce qui conduit, finalement, à la question suivante : Aziz Akhannouch ne se serait-il pas trop précipité en renonçant à la présidence du RNI ? Interrogation qui, peut-être, taraude le principal concerné lui-même.

Son entourage direct dément. “Non, il ne se projette plus”, nous confie-t-on.

Mais c’est oublier que quelques mois avant les législatives de 2016, Aziz Akhannouch avait déjà annoncé, une première fois, sa “retraite politique”. Avant de revenir quelques mois plus tard seulement par la fenêtre du RNI, qu’il avait d’ailleurs quitté en janvier 2012 pour pouvoir intégrer le gouvernement d’Abdelilah Benkirane en tant que ministre de l’Agriculture (le RNI étant alors dans l’opposition, y rester n’avait plus de sens).

Ces dernières semaines, Aziz Akhannouch s’est montré beaucoup plus pugnace que dans les premiers jours qui ont suivi le congrès du 7 février. Son “stand-up” de 25 minutes diffusé le 19 mai 2026 sur les réseaux sociaux, et dont l’objectif était de défendre son bilan gouvernemental, a notamment énormément fait jaser. De même que sa petite phrase du 8 juin 2026 à l’adresse du député PJD (Parti de la justice et du développement) Abdellah Bouanou, après que l’élu de Meknès l’avait attaqué sur le dossier du soutien à l’importation des ovins : “Qui te susurre à l’oreille ?”

Ainsi, l’intervention d’Akhannouch à l’université d’été de la FNJR s’est elle-même globalement inscrite dans le prolongement de ces sorties : plus directe, plus déliée, moins disposée à laisser les coups sans réponse. Et pour répondre au proche collaborateur qui nous avait glissé, pendant la soirée, qu’il trouvait le chef du gouvernement “plus relâché” : oui, nous en avons bien pris la mesure.

Reportage. Le chant de la “colombe” de Aziz Akhannouch, désormais ex-patron du RNI

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 27 juin 2026 à 8h41

à lire aussi

Moment de grâce avec Dee Dee Bridgewater, une des dernières héritières des grandes voix du jazz
CULTURE

Article : Moment de grâce avec Dee Dee Bridgewater, une des dernières héritières des grandes voix du jazz

Quelques heures avant de monter sur la scène du Théâtre Royal de Rabat dans le cadre du Festival Mawazine, Dee Bridgewater a accordé une interview à Medias24. De son attachement au Maroc à ses souvenirs de Sonny Rollins, en passant par son amour du scat hérité d'Ella Fitzgerald, et sa conviction que le jazz est une musique éternelle, cette véritable légende américaine revient sur plus d'un demi-siècle d'une carrière jalonnée de rencontres exceptionnelles.

Mondial 2030 : capacités renforcées, toitures, nouveaux aménagements... Ce que prévoit la 2e phase de transformation des stades
ECONOMIE

Article : Mondial 2030 : capacités renforcées, toitures, nouveaux aménagements... Ce que prévoit la 2e phase de transformation des stades

Après la réalisation des études techniques nécessaires, l'Agence nationale des équipements publics (ANEP) a lancé les premiers marchés relatifs à l'agrandissement et au réaménagement des stades d'Agadir et de Marrakech, en prévision du Mondial 2030. Celui de Fès ne devrait pas tarder. Round Up.

Le projet d'acquisition de Safettras par TGCC soumis au Conseil de la concurrence
BUSINESS

Article : Le projet d'acquisition de Safettras par TGCC soumis au Conseil de la concurrence

TGCC a notifié au Conseil de la concurrence son projet d'acquisition de 51% du capital de la Société africaine des études et des travaux spéciaux (Safettras), spécialiste des fondations profondes et des travaux géotechniques.

Énergies renouvelables : un projet de décret ouvre la voie à leur intégration en moyenne et basse tension
Energie

Article : Énergies renouvelables : un projet de décret ouvre la voie à leur intégration en moyenne et basse tension

Encore en consultation publique, un projet de décret entend accélérer l'intégration des énergies renouvelables au réseau électrique de moyenne et basse tension.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 26 juin
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 26 juin

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 26 juin 2026 en légère baisse. Le MASI recule de 0,15% à 18.022,08 points, tandis que Banque Centrale Populaire domine les échanges avec 43,04 MDH.

La météo du samedi 27 juin
Les prévisions quotidiennes

Article : La météo du samedi 27 juin

Voici les prévisions pour le samedi 27 juin, établies par la Direction générale de la météorologie : - Temps chaud sur l’Oriental, la vallée de […]

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité