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CULTURE

Industrie du gaming : start-up, écoles, esport… où en est réellement le Maroc ?

Le Maroc accélère sa stratégie autour de l’industrie du gaming. Derrière les discours sur “l’économie créative”, le secteur commence à se structurer autour d’un réseau de formations spécialisées, d’événements et de métiers émergents. Mais l’écosystème reste fragmenté, avec des besoins importants en financement et en visibilité internationale.

Espace gaming à Casablanca
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Le 18 mai 2026 à 18h03 | Modifié 18 mai 2026 à 18h19

Longtemps réduit à une activité de divertissement, le gaming est désormais présenté par les pouvoirs publics comme une industrie culturelle et créative à fort potentiel économique. Au sein du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Nissrine Souissi, directrice du Développement de l’industrie du gaming et des systèmes d’information, défend une vision plus large du secteur, mêlant création artistique, innovation technologique et entrepreneuriat numérique.

Pour le ministère, le gaming ne se limite plus au simple loisir numérique. Nissrine Souissi insiste sur le fait que cette industrie mobilise une chaîne de compétences beaucoup plus large, allant de l’écriture et du storytelling à la programmation, au design, à la musique, à l’animation ou encore au marketing digital. Cette transversalité en fait, selon elle, un secteur capable de créer de la valeur économique tout en servant de vecteur d’expression culturelle et de valorisation des talents marocains.

La responsable souligne que le gaming s’inscrit désormais dans une logique d’économie créative, avec des perspectives en matière d’emplois qualifiés, d’export de contenus numériques et de rayonnement international du Maroc. Aujourd’hui, le jeu vidéo est une filière capable de générer des emplois qualifiés dans des domaines variés : programmation, intelligence artificielle, animation 2D/3D, game design, son, storytelling, marketing digital ou encore production audiovisuelle.

Un écosystème encore fragmenté

Selon une étude élaborée par le ministère, le Maroc dispose déjà d’un "embryon d’écosystème gaming", mais celui-ci évolue encore "sur la base d’initiatives non coordonnées et sans feuille de route intégrée".

L’écosystème comprend des structures d’accompagnement et de diffusion réparties entre plusieurs villes, notamment Rabat et Marrakech. Des événements dédiés au numérique et aux arts vidéo existent déjà, à l’image du Festival international d’arts vidéo (FIAV) à Casablanca ou du Digital Marrakech Festival.

Le ministère mise également sur des projets structurants comme le Morocco Gaming Expo, dont l’ouverture est prévue le 20 mai à Rabat ou le Gamification Lab pour renforcer les connexions entre start-up, créateurs, investisseurs et institutions.

Une offre de formation qui se diversifie

Le développement du secteur repose largement sur les compétences. Or, le ministère reconnaît que l’offre de formation reste incomplète face à la diversité des métiers nécessaires à une industrie gaming intégrée.

Plusieurs universités et écoles marocaines proposent déjà des cursus liés au développement informatique, à l’intelligence artificielle, au design numérique ou à l’audiovisuel. Parmi les établissements cités figurent notamment l’Université Mohammed VI Polytechnique, l’ENSIAS, l’INPT, l’EMI, l’ISIC ou encore l’Université Internationale de Rabat.

L’OFPPT propose également plusieurs formations pouvant alimenter l’industrie du gaming : développement digital, cybersécurité, cloud computing, réalité virtuelle et augmentée, design digital, effets spéciaux, montage, son ou infographie.

Le ministère souligne l’émergence de modèles pédagogiques alternatifs, comme les campus 1337 implantés à Khouribga, Benguérir et Tétouan, reposant sur le peer-learning, l’apprentissage par projet et la gratuité de la formation.

Une industrie aux métiers multiples

L’état des lieux du ministère met en avant la multiplicité des métiers nécessaires au développement d’une industrie gaming complète. Au-delà des développeurs, la chaîne de valeur inclut des scénaristes, producteurs, chefs de projet, game designers, level designers, animateurs 2D/3D, ingénieurs son, spécialistes IA, responsables cybersécurité, experts cloud, testeurs qualité, spécialistes marketing ou encore équipes de localisation linguistique.

L’essor de l’esport ouvre également de nouveaux segments liés au streaming, à l’organisation d’événements, à la production audiovisuelle, à la gestion de communautés ou à l’analyse de données.

Selon Nissrine Souissi, cette diversité permet au gaming de devenir un levier d’insertion professionnelle pour les jeunes issus des filières créatives et numériques, y compris sous des formats flexibles comme le freelancing et l’auto-entrepreneuriat.

Le ministère considère les technologies émergentes comme un levier stratégique pour améliorer la compétitivité du secteur marocain.

L’intelligence artificielle est appelée à transformer les processus de création et de production, tandis que la réalité virtuelle et augmentée ouvre des débouchés dans le jeu vidéo mais aussi dans la formation et la sensibilisation. Le cloud gaming est également identifié comme un facteur de réduction des barrières à l’entrée et d’ouverture vers les marchés internationaux, souligne la directrice.

Dans ce contexte, le ministère estime que les start-up marocaines peuvent se positionner sur des niches à forte valeur ajoutée, notamment dans la gamification, les contenus éducatifs et les expériences immersives.

Les défis persistants du gaming au Maroc

Malgré cette dynamique, plusieurs freins continuent de ralentir le développement du secteur. La directrice du Développement de l’industrie du gaming cite notamment la difficulté d’accès au financement, le manque de compétences spécialisées dans certaines branches techniques, l’absence de structuration globale de l’écosystème et la faible visibilité internationale des productions marocaines.

La question de la propriété intellectuelle et de la cybersécurité figure également parmi les enjeux identifiés. Le ministère prévoit des actions de sensibilisation autour du dépôt des droits, de la protection des contenus numériques et du respect des standards internationaux.

En parallèle, les autorités veulent encourager l’intégration de références issues de l’histoire et du patrimoine marocain dans les jeux développés localement, afin de créer des productions capables de se différencier à l’international. L’ambition affichée est de faire du Maroc un hub régional du gaming et des industries créatives numériques dans les prochaines années.

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Le 18 mai 2026 à 18h03

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