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Elections 2026

Pourquoi Ahmed Fitri claque la porte du PUD et rejoint le PJD

À moins de cinq mois des élections législatives du 23 septembre 2026, Ahmed Fitri a annoncé sa démission du Parti de l’unité et de la démocratie (PUD) et son adhésion à titre individuel au Parti de la justice et du développement (PJD). Le fondateur du PUD justifie sa décision par la crise financière traversée par sa formation politique et par sa proximité idéologique avec le PJD, tout en assurant ne nourrir aucune ambition électorale sous les couleurs du parti dirigé par Abdelilah Benkirane.

Ahmed Fitri annonce son départ du PUD et son adhésion au PJD
Ahmed Fitri
Y. B.
Le 15 mai 2026 à 12h32 | Modifié 15 mai 2026 à 17h09

C’est lors d’une conférence de presse organisée le mercredi 13 mai 2026 au siège du Parti de la justice et du développement (PJD) qu'Ahmed Fitri, fondateur et secrétaire général du Parti de l’unité et de la démocratie (PUD), a annoncé sa démission officielle du parti qu’il avait créé ainsi que son adhésion, à titre individuel, au PJD, à moins de cinq mois des élections législatives prévues le 23 septembre 2026.

Professeur universitaire retraité, membre de l'Union des écrivains du Maroc (UEM) et titulaire d'un doctorat d'État sur les leaders du mouvement national marocain, Dr Fitri avait fondé le PUD en novembre 2008 à la suite d'une scission avec le Parti de l'Istiqlal. La formation politique avait réussi à décrocher un siège parlementaire en 2011 à Taza, sa ville natale, puis un second en 2016 à Azilal, mais elle n'en a obtenu aucun lors des élections de 2021.

Une crise financière insoutenable

Le départ du fondateur du PUD s’inscrit dans un contexte de crise financière structurelle traversée par le parti. Le décès de Laarbi Azouzi, bras droit du Dr Fitri et principal mécène de la formation, combiné à la suspension de la subvention publique - conditionnée notamment par la présence d’une femme MRE sur les listes électorales, un critère non rempli en 2021 - a plongé le parti dans une précarité financière qui ne lui permet plus de maintenir ses locaux régionaux.

Face à cette situation délicate, Dr Fitri avait initialement exploré deux pistes : une fusion avec le PJD ou une autodissolution du parti. Les deux options ayant échoué, il a opté pour une démission personnelle.

Sur sa décision de rejoindre le PJD, Dr Fitri a précisé que le parti "s’engage à assurer l’encadrement politique des citoyens même en dehors des périodes électorales, jouit d’une organisation interne solide et disciplinée et partage ses convictions idéologiques".

Contacté par Médias24, l’intéressé s’est exprimé sur la question du financement public aux partis politiques : "J'ai personnellement alerté le ministère de l'Intérieur à maintes reprises, par écrit et oralement, que la procédure suivie dans le financement public accordé par l'État aux partis politiques n'est absolument pas équitable, car elle repose essentiellement sur le nombre de voix et de sièges obtenus par chaque parti comme unique critère de ce soutien, ce qui constitue une injustice flagrante envers les partis émergents en particulier ; car cela ne fait qu'enrichir davantage les grands partis, tandis que les autres s'appauvrissent de plus en plus".

Une adhésion sans ambition électorale

"Je mets à disposition du PJD toutes mes compétences politiques, culturelles et intellectuelles", a-t-il déclaré, précisant catégoriquement qu'il ne se présentera pas aux élections sous les couleurs du PJD.

Sur les motifs de cette décision, Dr Fitri nous a confié : "Ma conscience ne me permet pas de me présenter aux prochaines élections législatives sous la bannière du PJD car je serais alors un opportuniste égoïste et intéressé au premier degré. Mon éducation vertueuse, mon passé militant et ma culture profondément ancrée, entre autres, ne me permettent pas d'agir avec une telle bassesse".

Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, présent à la conférence, a affirmé "entretenir une relation amicale avec Dr Fitri depuis 34 ans", tout en révélant que le parti lui avait proposé de figurer sur ses listes électorales, une offre que l'intéressé a fermement déclinée.

Interrogé sur ses pronostics pour les prochaines élections, il a estimé que " si des élections avaient lieu ces jours-ci, c’est le PJD qui remporterait la majorité des sièges, pas seulement par sympathie à son égard, mais parce qu’il est le parti le plus organisé et le plus crédible. Cela dit, étant donné que les élections sont encore à plus de quatre mois, il est impossible pour quiconque de prédire avec précision leurs résultats, car le champ politique est le domaine le plus volatil qui soit, sous l'effet de facteurs internes et externes en perpétuelle mutation, amplifiés par les turbulences mondiales récentes".

Le PUD sous Ahmed Fitri en quelques dates

  • Février 2007. Première réunion du comité préparatoire du futur Parti de l’unité et de la démocratie, issu d’une scission avec l’Istiqlal.
  • Novembre 2008. Ahmed Fitri fonde le PUD à l’issue d’un congrès constitutif tenu à Bouznika.
  • Janvier 2009. Le parti obtient sa reconnaissance officielle.
  • 2011-2016. Le PUD décroche une représentation parlementaire limitée, avec un siège en 2011 puis un autre en 2016.
  • Mai 2026. Il quitte le parti qu’il avait créé et rejoint le PJD à titre individuel.
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Y. B.
Le 15 mai 2026 à 12h32

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