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ECONOMIE

Chimie : la CGEM alerte sur un secteur qui produit, exporte, mais transforme trop peu

Au Forum international de la chimie, tenu les 13 et 14 mai 2026 à Rabat, Saïd El Hadi a appelé à une montée en gamme industrielle, en citant l’exemple des phosphates et en pointant une dépendance toujours élevée aux importations de résines, polymères et solvants.

Saïd El Hadi, vice-président de la CGEM, FIC 2026
Saïd El Hadi, vice-président de la CGEM, FIC 2026
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Le 13 mai 2026 à 15h33 | Modifié 13 mai 2026 à 15h49

À l'occasion de la 4e édition du Forum international de la chimie (FIC 2026), tenu les 13 et 14 mai à Rabat, Saïd El Hadi, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), représentant son président, Chakib Alj, a souligné les limites actuelles en matière de transformation et de création de valeur dans le secteur de la chimie et de la parachimie.

Les performances du secteur de la chimie restent insuffisantes au regard du potentiel dont dispose le Maroc

"Bien que le secteur chimique et parachimique soit placé parmi les trois locomotives de l’industrie nationale, ses performances demeurent insuffisantes au regard du potentiel dont dispose notre pays", a-t-il déclaré.

"Le Maroc produit et exporte, mais nous devons avoir le courage de reconnaître qu’une part significative de cette production sort encore de nos frontières sous forme de matières brutes, alors qu’elle devrait sortir sous forme de valeur ajoutée".

"L'exemple des phosphates est inspirant pour l’ensemble du secteur. La transformation du phosphate brut en acide phosphorique, puis en engrais, permet une multiplication de la valeur par cinq à dix par rapport à la roche, sans parler des engrais de spécialité et des produits chimiques à forte valeur ajoutée, où la création de valeur est encore plus importante".

La valeur ajoutée doit se créer au Maroc

"Il faut tout de même rendre hommage au travail de fond réalisé par OCP durant les deux à trois dernières décennies, ayant permis de faire des exportations de phosphate brut une part désormais minoritaire de l’activité globale du groupe. Et je crois que le train est toujours en marche pour faire mieux. Cela doit être pris en exemple pour d’autres activités industrielles où il y a encore beaucoup de travail de valorisation à faire".

"L’intégration industrielle n’est pas un objectif économique uniquement, c’est un outil de souveraineté nationale permettant de décider que la valeur ajoutée se crée ici, par nos entreprises et grâce à nos compétences nationales".

Notre dépendance aux importations de produits chimiques reste structurellement élevée

"Pour y parvenir, il faut poser un diagnostic de la situation actuelle. Notre dépendance aux importations de produits chimiques reste structurellement élevée (résines, polymères, solvants...). Une part significative de nos besoins est encore couverte par les importations et représente annuellement plusieurs milliards de dirhams de valeur drainée hors de notre économie".

"Par ailleurs, notre effort de R&D dans l’industrie en général reste en deçà de 0,8 % du PIB industriel, alors que les pays ayant réussi leur intégration chimique y consacrent entre 2% et 4% du PIB".

"Ce diagnostic n’a pas pour objectif d’être pessimiste, mais constitue un point de départ pour le secteur de la chimie et appelle à un effort soutenu".

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Le 13 mai 2026 à 15h33

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