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Environnement

Commission climat du bassin du Congo : dix ans après, le pari marocain d’une gouvernance climatique africaine prend forme

Dix ans après son lancement à Marrakech sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, la Commission climat du bassin du Congo (CCBC) revient au centre des discussions climatiques africaines. Réunis à Nairobi, dirigeants africains et partenaires internationaux ont salué les avancées du Fonds bleu pour le bassin du Congo.

Commission Climat du Bassin du Congo dix ans après, l’initiative portée par le Maroc gagne en maturité
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Le 11 mai 2026 à 14h18 | Modifié 11 mai 2026 à 14h36

Dix ans après son lancement à Marrakech sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, la Commission climat du bassin du Congo (CCBC) s’impose progressivement comme l’un des principaux cadres africains de coopération climatique. Réunis les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi (Kenya) à l’occasion du quatrième Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CCBC et du Fonds bleu pour le bassin du Congo (FBBC), plusieurs dirigeants et responsables africains ont salué les avancées enregistrées depuis la création de cette initiative née en marge de la COP22.

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, représente le Roi Mohammed VI à ce sommet organisé dans le cadre d’“Africa Forward”, une rencontre franco-africaine portée par le président français Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto.

Créée en novembre 2016 lors du Sommet africain de l’action organisé à Marrakech, la CCBC faisait partie d’une vision plus large portée par le Souverain, visant à doter l’Afrique de mécanismes régionaux de gouvernance climatique. Trois commissions climatiques africaines avaient alors vu le jour : celle du bassin du Congo, celle du Sahel et celle des États insulaires africains.

Leila Benali : “La CCBC est devenue un cadre structurant de l’action climatique africaine”

Dix ans plus tard, cette architecture institutionnelle semble avoir gagné en crédibilité auprès des États membres et des partenaires internationaux. À Nairobi, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a estimé que la Commission constitue désormais “un cadre structurant, porteur d’une vision africaine ambitieuse fondée sur la solidarité, la responsabilité partagée et la valorisation durable du capital naturel africain”.

Selon la ministre, les derniers mois ont été marqués par plusieurs avancées, notamment la structuration d’un portefeuille de projets prioritaires alignés sur les plans nationaux de développement, le renforcement du cadre de gouvernance, ainsi qu’un engagement croissant des partenaires techniques et financiers.

Le FBBC, principal outil financier de la Commission, doit justement franchir une nouvelle étape avec la table ronde des bailleurs de fonds prévue le 26 mai 2026 à Brazzaville. Cette rencontre vise à mobiliser les financements nécessaires à la concrétisation des projets liés à la préservation des forêts, à la gestion durable des ressources naturelles et au développement résilient des pays du bassin du Congo.

Pour Rabat, ce mécanisme illustre la capacité du continent à développer ses propres instruments de financement climatique. Mme Benali a également mis en avant l’émergence progressive d’une souveraineté africaine sur les questions climatiques, notamment à travers les marchés carbone, les mécanismes de l’article 6 de l’Accord de Paris et les nouvelles stratégies de finance verte.

Le Maroc a profité de cette réunion pour présenter les grandes lignes de sa stratégie climatique. La ministre a rappelé que le Royaume a porté l’ambition de sa contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) à une réduction de 53% des émissions à l’horizon 2035, à travers 90 projets d’atténuation et 107 projets d’adaptation couvrant dix secteurs.

La reconnaissance africaine du leadership du Roi Mohammed VI

Du côté de la CCBC, le rôle du Maroc et du Roi Mohammed VI a été particulièrement salué. La secrétaire exécutive de la CCBC et ministre congolaise de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault, a qualifié le Sommet africain de l’action de Marrakech de “moment historique”, ayant permis de poser les bases d’une gouvernance climatique africaine structurée.

Dans une déclaration à la MAP, elle a affirmé que la vision portée par le Souverain marocain reposait sur le principe selon lequel “l’Afrique doit se prendre en main face aux défis climatiques”. Elle a également insisté sur le fait que la Commission dispose aujourd’hui d’un instrument opérationnel à travers le FBBC.

Emmanuel Macron plaide pour une Afrique portée par l’investissement

Cette logique d’autonomisation africaine a également dominé les débats du sommet “Africa Forward”. Lors de l’ouverture des travaux à Nairobi, Emmanuel Macron a estimé que l’Afrique avait désormais “besoin d’investissements” davantage que d’aide publique au développement.

Le président français a reconnu que les pays européens ne disposaient plus des mêmes capacités financières qu’auparavant, dans un contexte de contraintes budgétaires et de baisse mondiale de l’aide publique au développement. Selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’aide publique française au développement a reculé de 10,9% en 2025, tandis que l’aide mondiale a chuté de plus de 23%, notamment après les réductions américaines.

Face à ce constat, Emmanuel Macron a plaidé pour une nouvelle relation économique avec le continent africain, davantage tournée vers les investissements, les infrastructures, la formation et les partenariats industriels. “L’Afrique est en train de réussir et elle a besoin d’investissements pour être plus souveraine”, a-t-il déclaré.

Le président kényan William Ruto a, de son côté, insisté sur la nécessité d’investir dans l’éducation, les infrastructures et les technologies liées à l’intelligence artificielle, affirmant vouloir attirer “certaines des meilleures entreprises du monde” pour accompagner cette transformation.

Les deux dirigeants ont également mis en avant les enjeux énergétiques liés au développement technologique et à l’intelligence artificielle, quelques heures après la signature d’un accord franco-kényan dans le domaine du nucléaire civil.

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique et The Africa Report, Emmanuel Macron a également défendu la place de l’Europe comme partenaire du continent face aux États-Unis et à la Chine. Il a appelé à une réforme de l’architecture financière internationale afin de faciliter les investissements privés en Afrique grâce à des mécanismes de garanties financières.

Le président français a par ailleurs affirmé que l’Europe ne devait pas être considérée comme “le prédateur de ce siècle”, estimant que certaines puissances, notamment la Chine, développaient des logiques de dépendance autour des minerais critiques et des terres rares.

Ces débats interviennent dans un contexte où le bassin du Congo, considéré comme le deuxième poumon écologique mondial après l’Amazonie, occupe une place de plus en plus stratégique dans les discussions mondiales sur le climat, la biodiversité et les marchés carbone.

Dix ans après son lancement à Marrakech, la CCBC apparaît ainsi comme l’une des principales initiatives africaines issues de la COP22, avec l’ambition de transformer progressivement la coopération climatique continentale en projets concrets, financés et portés par les États africains eux-mêmes.

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Le 11 mai 2026 à 14h18

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