France : les frais universitaires des étudiants étrangers vont fortement augmenter
À la rentrée 2026-2027, les droits d’inscription devraient passer de 178 euros à 2.895 euros en licence, et de 254 euros à 3.941 euros en master, pour les étudiants extracommunautaires. Le gouvernement français invoque une "application stricte de la loi".
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a récemment annoncé vouloir "verrouiller" les mécanismes d’exonération des frais d’inscription différenciés dans le cadre du plan Choose France for Higher Education.
Les chiffres marquent une rupture nette, puisque certains étudiants devront désormais payer 2.895 euros pour une année de licence, au lieu de 178 euros, tandis que les droits en master grimperont à 3.941 euros, contre 254 euros habituellement, selon les tarifs fixés par un décret gouvernemental de 2019.
Citée par des médias français, Christine Neau-Leduc, présidente de l’Université Paris 1, a expliqué que ce choix avait été fait sous contrainte, pour répondre à un budget devenu intenable, et qu'il s'agissait avant tout de trouver des recettes supplémentaires face à un État qui impose des charges toujours plus lourdes.
Pour justifier ce choix douloureux, la présidente rappelle que l'établissement a déjà réalisé plus de 13 millions d'euros d'économies en 2025, mais que les 7 millions de charges nouvelles annoncées pour 2026 placent l'université dans une situation inextricable.
Elle récuse fermement l'idée d'une préférence nationale, en précisant que des exceptions ont été prévues pour les réfugiés et les demandeurs d'asile, tout en soulignant que le rayonnement international de la France nécessite des investissements que les impôts des foyers français ne peuvent plus porter seuls.
Le projet proposé aux universités prévoit de leur permettre de conserver un volant de 10% d’étudiants internationaux extracommunautaires pouvant être exonérés des droits d’inscription, en plus des meilleurs d’entre eux, susceptibles de recevoir une bourse du gouvernement français. À l’inverse, les autres étudiants, représentant la très large majorité, devront payer le prix fort.
Selon un entretien exclusif accordé au journal Le Parisien, le ministre français de l’Enseignement supérieur espère une manne de 250 millions d’euros lorsque ces droits différenciés seront pleinement entrés en vigueur, d’ici trois ans.
En 2022, une étude menée par Campus France et l’institut Kantar Public auprès de 10.000 étudiants internationaux révélait que leur présence constituait un moteur économique majeur. L'apport total pour la France était estimé à 5 milliards d’euros, générant un solde positif net de 1,35 milliard d’euros après déduction des dépenses publiques. Au-delà de l’aspect financier, ce séjour renforce durablement l’image de la France à l’international.
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