Charbon de bois : jusqu’à 15 DH le kilo à l’approche de Aïd al-Adha, la flambée se confirme
Les prix du charbon de bois connaissent une hausse progressive depuis quelque temps. À l’approche de Aïd al-Adha, les tensions s’accentuent entre une demande saisonnièrement élevée et une offre encadrée. Selon l’Agence nationale des eaux et forêts, la lutte contre l’informel réduit, à court terme, les volumes disponibles sur le marché.
La hausse des prix du charbon de bois observée sur le marché marocain s’explique principalement par des facteurs conjoncturels, selon des explications fournis par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF). L’Agence évoque un ajustement ponctuel entre une demande soutenue et une offre encadrée, dans un contexte de régulation renforcée de la filière.
Produit largement utilisé pour les usages domestiques, le charbon de bois est issu d’une production annuelle d’environ 250.000 tonnes de bois de feu, dont une partie est transformée dans le respect du cadre réglementaire. Cette production repose essentiellement sur des exploitants privés opérant à travers des contrats d’acquisition de bois, notamment en provenance des forêts domaniales, conformément aux plans de gestion durable.
Dans ce cadre, le marché demeure fortement dépendant de la saisonnalité de la demande. Celle-ci connaît traditionnellement une hausse à l’approche de Aïd al-Adha, période marquée par une intensification des usages domestiques et festifs.
Sur le terrain à Rabat, les vendeurs de charbon de bois décrivent une situation tendue, marquée par une hausse continue des prix et une raréfaction de certaines essences. Plusieurs professionnels évoquent une augmentation progressive des coûts d’approvisionnement. Au détail, les prix atteignent désormais 10 à 15 DH le kilo, contre 4 à 5 DH auparavant. Les variétés les plus disponibles restent le bois d'eucalyptus et le bois d'oranger, ce dernier étant parfois plus cher et plus rare.
Les vendeurs pointent également une diminution des ressources forestières et une hausse des frais de transport, certains évoquant un surcoût pouvant atteindre 170 DH par chargement. Dans ce contexte, plusieurs affirment que leurs marges se réduisent, voire disparaissent, et anticipent de nouvelles hausses à l’approche de l’Aïd.
Cette pression sur la demande intervient alors que l’offre peut, de son côté, être affectée par plusieurs paramètres. Parmi ces facteurs, les conditions climatiques jouent un rôle déterminant. L’ANEF souligne que certaines situations récentes, notamment des périodes humides prolongées, ont pu ralentir les opérations de carbonisation, une activité particulièrement sensible à la météo, réduisant ainsi les volumes disponibles.
Par ailleurs, les efforts engagés pour lutter contre les prélèvements illicites de bois et les activités informelles de carbonisation contribuent à une meilleure régulation de la filière. Toutefois, cette dynamique peut, à court terme, impacter les quantités mises sur le marché formel, en limitant certaines sources d’approvisionnement auparavant non encadrées.
L’ANEF précise qu’aucune mesure spécifique nouvelle n’a été introduite en 2026 concernant directement l’exploitation du bois destiné à la carbonisation. L’évolution observée s’inscrit plutôt dans la continuité de la stratégie Forêts du Maroc 2020-2030, qui vise à renforcer la gestion durable des ressources forestières et à structurer davantage les filières de valorisation, y compris le bois-énergie.
Dans ce cadre, plusieurs leviers sont en cours de déploiement, notamment le renforcement des contrôles, le développement du programme national de reboisement, l’intensification des opérations sylvicoles et la modernisation progressive de la filière.
Au final, les tensions sur les prix du charbon de bois traduisent davantage un ajustement temporaire du marché, sous l’effet combiné d’une demande saisonnièrement élevée et d’une offre régulée dans une logique de durabilité.
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