34 MDH “non justifiés” dans les finances du Raja ?
L’ex-président du Raja, Abdellah Birouaine, conteste le rapport financier arrêté au 30 juin 2025 et dénonce une écriture comptable introduite après la passation, sans base documentaire. En filigrane, une bataille entre ancienne et nouvelle direction sur la paternité et la sincérité des comptes.
Installée il y a quelques mois à peine, la nouvelle direction du Raja fait face à une vive polémique autour de ses finances.
En cause, des accusations directes de l’ancien président Abdellah Birouaine, qui affirme que le rapport financier relevant de sa responsabilité a été altéré après la passation, et conteste la régularité de certaines écritures figurant dans la version arrêtée au 30 juin 2025.
Au cœur de ses déclarations, une écriture de 34 millions de dirhams qu’il affirme avoir été introduite en fin d’exercice, en une seule opération.
"34 millions de dirhams ont été ajoutés. Ils n’ont pas été générés sur deux mois, ils ont été ajoutés en un seul jour", explique l’ancien dirigeant, qui s’exprimait le lundi 6 avril 2026 lors d’une émission diffusée sur Radio Mars.
Selon lui, ce montant correspond à des charges intégrées tardivement dans la comptabilité du club.
Sur le fond, il insiste sur l’absence de pièces justificatives accompagnant l’écriture contestée. "Ces 34 millions de dirhams ont été ajoutés sans bon de commande, sans bon de livraison et sans facture."
Dans son récit, cette anomalie intervient dans la séquence de clôture de l’exercice 2024/2025, entre un premier rapport arrêté au 30 avril et un rapport financier complémentaire au 30 juin.
Abdellah Birouaine affirme avoir procédé, à l’issue de l’assemblée générale élective, à une passation complète avec la nouvelle direction conduite par Jawad Ziyat. "Nous avons fait la passation avec toutes les pièces : les contrats, les charges, les ressources, les montants restants", explique-t-il.
Le point de rupture intervient, selon lui, avec l’établissement du rapport financier complémentaire couvrant la période du 30 avril au 30 juin. "Ce rapport financier complémentaire a été établi sans nous en informer, sans notre présence et sans notre participation", affirme l’ancien président.
Des accusations d'infraction pénale
Autrement dit, Birouaine considère que le document produit après la passation ne correspond plus au rapport qu’il avait préparé avec son équipe, et qu’il a été modifié sans son accord.
Il dit avoir découvert le document après sa diffusion aux adhérents. "En le consultant, nous avons trouvé plusieurs éléments qui ne correspondent pas à la réalité".
Face à cette situation, il indique avoir engagé une démarche formelle. "J’ai été contraint de faire un constat et de demander des explications."
L’ancien dirigeant affirme aussi que la lecture du rapport a alimenté une confusion dans l’opinion, laissant penser qu’il serait à l’origine d’un déficit de 34 millions de dirhams sur deux mois.
"Les gens ont compris que Birouaine a dépensé ce montant en deux mois, alors que ce n’est pas le cas", explique-t-il en substance, justifiant ainsi sa prise de parole publique.
L’ancien dirigeant va loin dans la qualification des faits et évoque les implications en matière de responsabilité. "Pour moi, il s’agit d’une infraction constituée dans tous ses éléments", affirme-t-il, en rappelant qu’il s’agit de fonds du club.
L'intéressé, qui exerce également en tant qu'avocat, parle de la possibilité pour un associé ou un tiers de demander des comptes sur ces montants, ainsi que du risque d’un contrôle par les juridictions financières, notamment la Cour des comptes.
Contactés par nos soins, ni Abdellah Birouaine, ni la nouvelle direction en la personne de Jawad Ziyat, n'ont donné suite à nos demandes d'éclairages.
À ce stade, aucune procédure judiciaire n’a été engagée. On nous rapporte néanmoins que Abdellah Birouaine s'apprête à adresser une demande d'explication écrite au management du Raja.
En interne, on espère un règlement du conflit amiable, tout en craignant une escalade qui peut aller au pénal, évoquant même des accusations de faux et usage de faux.
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