Chakib Achour : “Au-delà de l’événement, le Gitex est une machine à connexions business”
À l’occasion de la 4ᵉ édition de GITEX Africa Morocco, Chakib Achour, représentant officiel de l’événement au Maroc, revient sur les retombées concrètes du salon pour le Royaume, les priorités technologiques mises en avant cette année et les ambitions portées à l’échelle africaine.
En quatre éditions, GITEX Africa Morocco s’est imposé comme l’un des grands rendez-vous technologiques du continent. Pour Chakib Achour, représentant officiel de l’événement au Maroc, cette montée en puissance a déjà produit un premier effet concret : installer durablement le Royaume dans le paysage numérique international.
« Aujourd’hui, partout dans le monde, quand vous parlez du Maroc et du fait que GITEX Africa se tient au Maroc, tout le monde dit qu’il est au courant », affirme-t-il sur le plateau du 12/13 de Médias24, depuis Marrakech. Dans ses échanges avec des entreprises étrangères, le constat revient, dit-il, de manière récurrente : « Quand je leur parle de GITEX Africa à Marrakech, ils me disent que c’est formidable, qu’ils suivent les actualités. Clairement, le Maroc est sur la carte digitale au niveau international ».
Un salon pensé comme levier de business et d’investissement
Au-delà de l’image, Chakib Achour défend une lecture plus large de l’événement. GITEX Africa Morocco ne serait pas seulement une vitrine, mais aussi un outil de structuration de l’écosystème. « C’est l’image du Maroc, mais également le développement de l’écosystème, de l’innovation, du business et de l’investissement », résume-t-il.
Cette ambition se traduit, selon lui, par la capacité du salon à connecter les différents maillons de la chaîne : grands groupes, startups, investisseurs, institutions et acheteurs. « Notre rôle, c’est de connecter les sociétés avec l’écosystème, avec ceux qui veulent acheter, et donc de créer des opportunités business à l’échelle africaine », explique-t-il.
L’un des principaux arguments avancés par l’organisation reste la concentration, en un même lieu, d’un volume important d’acteurs. Cette année, GITEX Africa Morocco réunit plus de 1.400 exposants, plusieurs centaines de startups et plus de 350 investisseurs, lesquels représenteraient, selon Chakib Achour, plus de 450 milliards de dollars d’actifs. Pour les jeunes entreprises, l’enjeu est double : accéder à des financements et trouver des débouchés commerciaux. « Les startups ont une opportunité incroyable, parce qu’elles sont connectées avec ces investisseurs pour lever des fonds. Mais elles ont aussi l’opportunité de voir des clients et d’aller chercher des opportunités pour développer leur business », souligne-t-il.
L’IA et la cybersécurité au cœur de l’édition 2025
L’édition actuelle accorde une place centrale à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité. Un choix assumé, que Chakib Achour justifie par la complémentarité entre les deux domaines. « On estime que les deux secteurs sont liés et qu’on ne peut pas développer l’intelligence artificielle sans développer la cybersécurité », dit-il.
Dans l’organisation même du salon, ce choix se traduit par une répartition thématique claire. Le premier chapiteau est consacré en grande partie à l’intelligence artificielle, avec une place importante également accordée à la cybersécurité. Pour les organisateurs, ces deux segments concentrent aujourd’hui une part centrale des enjeux technologiques.
Infrastructure, cloud, data centers : les priorités du continent
Le salon met également en avant l’e-gov, la connectivité, la 5G, le cloud et les data centers. Là encore, l’objectif affiché est de coller aux priorités du continent. Plusieurs pays africains ont engagé des stratégies de transformation digitale, ce qui suppose, selon lui, des investissements lourds dans les infrastructures numériques. « Cela nécessite un investissement au niveau de l’infrastructure, que ce soit la connectivité, mais également les data centers, pour stocker les données », explique-t-il.
Derrière cette orientation, c’est aussi la question de la souveraineté numérique qui affleure, à travers la maîtrise du stockage et de l’exploitation des données. GITEX Africa veut ainsi se poser en plateforme de partage d’expériences sur les politiques publiques numériques, l’hébergement des données et les modèles de développement technologique adaptés aux réalités africaines.
PME, export, Afrique : la logique d’écosystème
Pendant trois jours, plus de 250 intervenants débattent de cas d’usage, de politiques publiques, d’infrastructure, d’intelligence artificielle ou encore de cybersécurité. Une journée entière est consacrée à cette dernière thématique, tandis qu’une autre est dédiée aux PME.
Sur ce point, Chakib Achour insiste sur un enjeu central pour le Maroc : la numérisation du tissu économique. « Au Maroc, plus de 90% de l’économie est basée sur les PME. Il faut aider ces PME à intégrer de plus en plus le digital, mais en même temps les aider à exporter leurs services en Afrique », affirme-t-il.
À ses yeux, l’événement doit justement servir à créer une dynamique d’affaires entre pays africains, tout en renforçant les passerelles avec l’Europe, qu’il dit présente « en force » cette année.
Une montée en puissance portée par de nouveaux exposants
Le succès de cette 4e édition se mesurera, selon lui, à des résultats tangibles : des startups satisfaites de leurs levées de fonds ou de leurs rencontres commerciales, la réussite du Supernova Challenge, mais aussi la capacité du salon à attirer de nouveaux exposants et de nouvelles délégations.
Sur ce dernier point, Chakib Achour dit constater une progression continue. Il cite notamment l’ampleur du pavillon français, le retour renforcé de la Suisse et l’arrivée de la Tunisie avec son propre pavillon. « Chaque année, on a de plus en plus d’exposants qui viennent, de plus en plus de pays qui viennent », observe-t-il.
Et déjà, les organisateurs regardent vers la prochaine étape. La cinquième édition est dans toutes les têtes. Sans en dévoiler les contours, Chakib Achour promet un rendez-vous à la hauteur du symbole. « Il faut marquer le coup. Nous serons à la cinquième édition. Il faut montrer quelque chose de très fort », avance-t-il.
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