Urgences : pour accélérer les transferts de patients, la région Rabat-Salé-Kénitra lance un SAMU nouvelle génération
Le ministère de la Santé lance, dans la région Rabat-Salé-Kénitra, un dispositif modernisé du SAMU visant à fluidifier le transfert des patients entre établissements de santé. Concrètement, le médecin déclenche la prise en charge via le SAMU en transmettant les données du patient, afin que l’établissement de destination soit prêt à le prendre en charge et à assurer une intervention plus rapide et de meilleure qualité.
Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale, accompagné de Mohamed Yacoubi, wali de la région Rabat-Salé-Kénitra et gouverneur de la préfecture de Rabat, et de cadres du ministère, a inauguré, le lundi 30 mars 2026, un projet pilote de mise à niveau du système d’aide médicale urgente (SAMU) dans la région Rabat-Salé-Kénitra.
Cette initiative constitue une avancée qualitative inédite à l’échelle nationale, à travers la mise en place d’équipes dédiées au Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) au niveau des provinces, permettant de rapprocher les services d’intervention d’urgence des citoyens et d’améliorer la rapidité de prise en charge des cas critiques.
Elle s’inscrit dans une démarche globale de réforme reposant sur le renforcement de la gouvernance, l’optimisation de l’organisation et de la gestion des appels d’urgence, la modernisation du transport sanitaire et l’amélioration de la performance des services hospitaliers, en vue d’assurer une meilleure intégration du système de santé.
Au-delà de ces dimensions opérationnelles, le projet poursuit des objectifs stratégiques clairement définis, notamment l’amélioration de la rapidité et de l’efficacité des interventions, la réduction des délais de réponse, l’optimisation de la coordination régionale des appels médicaux, le renforcement de la qualité des services d’urgence et l’instauration d’un système intégré garantissant la continuité des soins entre les différents niveaux de l’offre de santé.
Concrètement, le médecin déclenche la prise en charge via le SAMU en transmettant l’ensemble des informations médicales, permettant à l’hôpital de destination de préparer en amont l’accueil du patient par une équipe déjà informée, afin d’assurer une intervention plus rapide et une meilleure qualité de prise en charge.
Le dispositif repose ainsi sur une approche structurée articulée autour de plusieurs axes majeurs. Sur le plan de la gouvernance, il prévoit l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire encadrant les services du SAMU et le renforcement de la coordination entre les différents intervenants de la chaîne des urgences. S’agissant de l’organisation des appels, le Centre de régulation des appels médicaux (CRAM) sera mis à niveau, avec des mécanismes améliorés de réception et de traitement des appels d’urgence.
Le projet intègre également le développement du transport médical d’urgence, avec le renforcement et l’extension des services du SMUR, ainsi que la modernisation du parc d’ambulances conformément aux standards techniques et médicaux. Parallèlement, les services d’urgence hospitaliers feront l’objet d’une mise à niveau, incluant l’amélioration des infrastructures, des équipements et des capacités de prise en charge des cas critiques.
Dans ce cadre, une démarche opérationnelle structurée a été adoptée autour de quatre domaines clés : la gouvernance et le pilotage, l’organisation des appels médicaux, les services hospitaliers d’urgence et le transport médical. Elle se traduit notamment par l’adoption d’une nouvelle circulaire ministérielle, la mise en place d’un système d’information intégré pour le suivi en temps réel des appels et des transferts, ainsi que le renforcement significatif des ressources humaines à travers le recrutement, la formation et la motivation des professionnels.
Le projet prévoit la création de 16 nouvelles bases SMUR réparties à travers les provinces et préfectures de la région (Rabat, Salé, Témara, Kénitra, Khémisset, Sidi Kacem et Sidi Slimane), en complément de la réhabilitation des structures existantes. Il comprend également la mise à niveau des services d’urgence hospitaliers, la création d’annexes au sein des hôpitaux de référence et le renforcement des parcours professionnels des personnels.
Sur le plan logistique, 26 ambulances ont été équipées et modernisées selon les technologies médicales les plus récentes, en plus d’un véhicule de liaison. Un système de géolocalisation et de suivi des moyens de transport médical sera déployé, interconnecté au système d’information, afin d’optimiser la gestion des interventions. Les centres d’appels ont vu leur capacité portée de 2 à 8 postes, avec l’activation du numéro national unique "141", permettant de traiter simultanément plusieurs appels et de réduire les délais d’attente.
Le projet intègre également le développement de filières d’urgences spécialisées, notamment en pédiatrie, néonatologie, cardiologie, neurologie, obstétrique et traumatologie, ainsi que le recours à la télémédecine et le renforcement des partenariats avec le secteur privé.
À terme, ce dispositif devrait permettre de réduire significativement les délais d’intervention, d’améliorer la qualité des prestations médicales, de renforcer la coordination entre les différentes composantes du système de santé et d’accroître l’efficacité de la prise en charge des cas critiques, tout en consolidant la confiance des citoyens dans les services d’urgence.
Ce projet pilote constitue ainsi une première étape vers la généralisation de cette réforme à l’échelle nationale, dans le cadre d’une vision stratégique visant à moderniser les services d’urgence selon les standards internationaux et à garantir un accès équitable, rapide et efficace aux soins sur l’ensemble du territoire.
Le lancement de cette initiative marque une avancée structurante dans la réforme du système de santé, traduisant l’engagement du ministère de la Santé et de la protection sociale à améliorer durablement la performance et la qualité des services d’urgence, au service des citoyennes et des citoyens.
à lire aussi
Article : Après Bank of Africa, Crédit Agricole du Maroc obtient à son tour gain de cause contre Hassan Derham
Le tribunal de commerce de Casablanca vient de rendre un jugement en faveur de Crédit Agricole du Maroc contre l'homme d'affaires Hassan Derham et l'une des sociétés de son groupe.
Article : Maroc-Banque mondiale : 15 milliards de dollars envisagés sur dix ans dans le nouveau cadre de partenariat
La Banque mondiale prévoit de mobiliser une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars en faveur du Maroc sur la période 2026-2035, à travers le nouveau cadre de partenariat. Centré sur la création d’emplois, le renforcement du secteur privé, la réduction des disparités territoriales et l’amélioration du capital humain, ce nouveau cadre marque une montée en puissance de l’engagement du Groupe de la Banque mondiale dans le Royaume.
Article : Défense : pour renforcer sa maîtrise du ciel, une refondation stratégique des Forces royales air en perspective
Longtemps, le débat sur l'équilibre des forces aériennes entre le Maroc et l'Algérie s'est articulé autour d'une dichotomie classique : la supériorité technologique contre la masse numérique. Mais l'évolution rapide du contexte géopolitique et technologique en Afrique du Nord oblige à repenser ce paradigme. Explications.
Article : Avec Quadrise, la nouvelle alternative d’OCP pour décarboner ses besoins énergétiques géants
Chaque année, OCP consomme des volumes considérables de fioul industriel. Avec Quadrise, le groupe teste désormais une solution moins coûteuse et moins émettrice, susceptible d’ouvrir la voie à un déploiement commercial à grande échelle.
Article : Sécurité à Rabat : la police se dote d’un nouveau centre de surveillance en temps réel
Entièrement réaménagée, l’infrastructure doit améliorer la coordination des interventions sur le terrain, notamment en matière de circulation et de police de secours, tout en centralisant le suivi du réseau urbain de caméras.
Article : Bourse de Casablanca : un été pas comme les autres pour le MASI
Au cours des trois dernières années, l'indice phare de la place casablancaise a gagné successivement 4,06%, 3,72% et 6% entre la mi-juillet et la fin août, sans baisse systématique des volumes. En 2026, la consolidation du marché, le recul du PER estimé à 18,8x et les incertitudes extérieures dessinent une configuration différente.