Maroc-Équateur : nul 1-1, que retenir de la première de Ouahbi ?
Première sortie mitigée pour le nouveau sélectionneur. Dominés dans l’entrejeu pendant plus d’une heure, les Lions de l’Atlas ont arraché l’égalisation en fin de match grâce à Neil El Aynaoui (88e), après un penalty manqué et un but refusé pour empiètement. Malgré quelques ajustements tactiques, dont l’utilisation de Ismael Saibari en faux neuf, le contenu reste encore fragile à moins de trois mois du Mondial 2026.
Bousculé pendant plus d'une heure, le Maroc a tout de même réussi à revenir au score (1-1) contre l’Équateur, ce vendredi 27 mars 2026, à Madrid.
Pour son baptême à la tête de la sélection nationale, qui comptait comme préparation pour la Coupe du monde 2026, Mohamed Ouahbi imaginait sans doute un autre scénario. Une production plus aboutie de la part de ses joueurs.
Mais ces derniers n’ont su ni gagner la bataille de l’entrejeu, ni se montrer réellement dangereux dans le camp adverse. Sinon par à-coups.
Le penalty manqué par Neil El Aynaoui et le but inscrit par Mohamed Rabie Hrimate dans la continuité, mais finalement refusé, n’arrivent pas à atténuer cette impression.
Le milieu de l’AS FAR avait en effet empiété dans la surface avant la frappe du penalty, entraînant logiquement l’annulation de son égalisation.
Heureusement pour les Lions de l’Atlas, El Aynaoui a fini par se rattraper en remettant les pendules à l’heure, d’une tête au premier poteau sur un corner d’Achraf Hakimi (88e).
🚨 NEIL EL AYNAOUI LEVELS THE SCORE! AND ACHRAF HAKIMI MAY HAVE LOST A TOOTH 😅
🇲🇦 Morocco 1-1 Ecuador 🇪🇨pic.twitter.com/s7UBBSRv3l
— Goals Xtra (@GoalsXtra) March 27, 2026
Si elle ne l’est pas à la lumière des 95’, l’égalisation du Maroc est logique au regard de la pression exercée en fin de match.
Une réaction quelque peu tardive par rapport au timing de l’ouverture du score équatorienne signée John Yeboah.
Ismael Saibari dans un rôle de faux numéro neuf
Le premier onze de Ouahbi à la tête de l’équipe nationale n’était pas révolutionnaire. Il s’est appuyé sur une base existante tout en y apportant quelques ajustements.
À l’image de la titularisation de Hrimate aux côtés de El Aynaoui devant la défense. Mais la principale surprise résidait dans l’alignement d’Ismael Saibari dans un rôle de faux numéro neuf, soutenu par Azzedine Ounahi.
Bien que les avantages de cette organisation n’aient pas sauté aux yeux en début de match, la structure défensive, elle, s’est montrée plus lisible.

On a ainsi observé une équipe articulée en 4-4-2, alternant pressing, bloc haut et phases médianes, selon les situations de jeu.
Avec le ballon, les Marocains se projetaient rapidement vers l’avant dès la récupération. La transition défense-attaque était le symbole d’une volonté d’accélérer le jeu, parfois au détriment de la justesse.
Sans surprise, cela s’est avéré peu efficace, notamment face à la bonne balance offensive de l’Équateur, dont les couvertures et les compensations ont été quasiment irréprochables, en particulier lors du premier acte.
À l’inverse, les Marocains ont parfois manqué d’équilibre, comme sur cette perte de balle au milieu de terrain ayant offert un coup franc dangereux à la Tri (8e).
Une séquence conclue par le premier tir cadré du match, capté en deux temps par Yassine Bounou (10e). Le portier national a ensuite été peu inquiété sur la tête de Piero Hincapié (12e).
À l’origine, encore une situation sur coup de pied arrêté qui illustre un certain manque de rigueur des Lions de l’Atlas, tant dans le placement que dans l’utilisation du ballon.
Preuve en est cet autre ballon perdu par Hrimate dans ses 30 mètres, exploitée par Yeboah, dont la frappe a frôlé le montant droit de Bounou (15e).
Le Maroc en difficulté lors du premier acte
Plus agressifs et mieux organisés, les coéquipiers de Moisés Caicedo ont progressivement pris l’ascendant psychologique. D’autant que défensivement, Hakimi et Issa Diop semblaient parfois désynchronisés. En témoignent leurs échanges répétés.
Heureusement pour le Maroc que l’Équateur est davantage reconnu pour sa solidité défensive que pour son efficacité offensive.
En fait, ce match n’a pas fait briller les yeux des 60.000 supporters présents au Wanda Metropolitano Stadium. Mais cela reste compréhensible, surtout côté marocain.
Une première sortie est rarement aboutie sur le plan du contenu. On peut néanmoins retenir l’attitude des joueurs. Certes en difficulté dans cette nouvelle organisation, mais toujours impliqués dans leurs efforts défensifs.
Ce qui n’a pas empêché Alan Minda de faire passer un frisson dans les tribunes, lorsque son tir enroulé a frôlé les cages de Bounou (37e). Une action, encore une fois, venue du côté droit de la défense marocaine.
Toujours aussi imprécis dans le dernier geste, les Marocains ont pourtant bien entamé la seconde période, sans vraiment saisir leurs chances en transition.
À l’inverse, les Équatoriens ont fait mal dès leur première véritable opportunité. Profitant de l’attentisme de la défense marocaine, Yeboah a ajusté Bounou d’un enroulé imparable à l’entrée de la surface (48e).
Ce but a eu le mérite de réveiller les hommes de Ouahbi, qui ont alors haussé le ton et mis davantage de pression sur la défense adverse.
Un temps fort concrétisé par un penalty obtenu après une faute sur El Aynaoui. Désigné tireur, le milieu de l’AS Roma a vu sa tentative repoussée par le gardien équatorien (62e).
Hrimate avait bien suivi pour pousser le ballon au fond des filets et relancer son équipe. Égalisation finalement refusée pour empiètement dans la surface.
Une fausse joie qui n’a pas coupé l’élan marocain. Abdessamad Ezzalzouli a ensuite mal négocié une situation de deux contre un, même si sa frappe croisée en bout de course est passée près du montant (70e).
L’entrée à la 73e de Soufiane Rahimi, véritable point d’ancrage offensif, a accentué la pression marocaine dans le dernier quart d’heure. Une domination toutefois stérile.
Il y a bien eu quelques situations, comme ce centre-tir enveloppé de Chems-Eddine Talbi (82e), en manque de réussite. Jusqu’à la délivrance tardive signée El Aynaoui, qui permet au Maroc d’éviter la défaite… sans pour autant dissiper les doutes.
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