BAM, MEF et FMI, trois lectures différentes de l’économie marocaine à l’horizon 2028
Le FMI vient de publier ses prévisions pour plusieurs agrégats de l’économie marocaine, à l’issue de la consultation au titre de l’article 4. Elles se rapprochent en partie de celles de Bank Al-Maghrib et du ministère de l’Économie et des Finances, mais montrent aussi des écarts sur d'autres indicateurs. Détails.
Les chiffres ne racontent pas la même histoire selon l’institution qui les publie. Les différences tiennent aux hypothèses retenues et aux modèles utilisés.
Il convient de souligner que les prévisions retenues ici par le gouvernement proviennent du rapport d’exécution budgétaire et de cadrage macroéconomique triennal publié dans le cadre du PLF 2026.
Le scénario du ministère de l’Économie et des Finances a été élaboré avant la guerre au Moyen-Orient, laquelle a été prise en compte dans les prévisions du FMI et de Bank Al-Maghrib, comme l’indiquent les communiqués des deux institutions.
Ce que disent les prévisions, agrégat par agrégat
Médias24 compile ainsi les prévisions des trois institutions concernant les principaux agrégats de l’économie marocaine.
Voici ce qui en ressort :
Pour la croissance économique, les prévisions de BAM restent les plus optimistes. La banque centrale table sur une hausse du PIB réel de 5,6% en 2026, après 4,8% en 2025. Elle anticipe ensuite un ralentissement, avec une croissance ramenée à 3,5% en 2027.
Le gouvernement retient pour sa part 4,5% en 2026, puis 4,1% en 2027 et 4,2% en 2028. Le FMI prévoit 4,4% en 2026 puis 4,5% en 2027 et 2028.
Compte tenu de ces rythmes de croissance, le PIB nominal dépasserait 2.000 milliards de dirhams en 2028.
Pour la croissance non agricole, le gouvernement prévoit 4% en 2026 puis 4,1% en 2027 et en 2028. BAM table sur un rythme un peu plus élevé, autour de 4,6% en 2026 et 4,5% en 2027. Le FMI, lui, affiche 4,1% en 2026, 4,5% en 2027 et 4,6% en 2028.
Sur cet agrégat, les écarts existent, mais ils sont beaucoup plus resserrés que sur la croissance globale. Cela montre que les divergences viennent surtout de la composante agricole et des hypothèses retenues sur la campagne céréalière.
S'agissant de l’inflation, BAM prévoit une inflation moyenne de 0,8% en 2026 puis de 1,4% en 2027. Le FMI prévoit 1,6% en 2026 et 1,6% en 2027, avant 2% en 2028.
Le gouvernement, lui, ne donne pas dans ce cadrage une vraie trajectoire comparable à celles du FMI et de BAM.
Concernant le déficit budgétaire, le gouvernement affiche la trajectoire la plus volontariste. Le MEF prévoit 3% du PIB en 2026, 2027 et 2028. BAM projette 3,5% en 2026 puis 3,4% en 2027. Le FMI est légèrement plus prudent encore, avec 3,4% en 2026 puis 3,3% en 2027 et 2028.
Sur ce point, le scénario gouvernemental est le plus ambitieux, tandis que le FMI et BAM anticipent un ajustement plus graduel.
Pour la dette du Trésor, la logique est proche. Le gouvernement prévoit un ratio de 65,8% du PIB en 2026, 64,9% en 2027 puis 64,1% en 2028. Pour le FMI, la dette devrait se situer à 65,9% en 2026, 64,8% en 2027 et 63,7% en 2028.
De son côté, BAM prévoit un endettement du Trésor à hauteur de 65,8% du PIB en 2026 et de 65,3% en 2027.
Pour le déficit du compte courant, l’écart devient beaucoup plus important. Le gouvernement projette un déficit de 1,3% du PIB en 2026 et en 2027, puis 1,5% en 2028. BAM prévoit 3,1% en 2026 avant un repli à 2,5% en 2027. Le FMI prévoit 3,3% en 2026, 3% en 2027 et 3,2% en 2028.
Concernant le chômage, le FMI est le seul à publier des prévisions. Il prévoit un taux de 12,3% en 2026, 11,4% en 2027 et 11% en 2028, après 13% en 2025.
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