CAN 2025 : les supporters sénégalais condamnés bientôt rejugés, attentisme à Dakar
Dès le premier jour du procès en appel des supporters sénégalais, les demandes de libération provisoire ont été rejetées et l’audience a été reportée au 30 mars.
Le procès en appel des supporters condamnés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) de football 2025 a démarré le lundi 16 mars à la cour d’appel de Rabat. Cette première audience s’est soldée par un report au 30 mars, ainsi que par le rejet des demandes de mise en liberté provisoire.
Au total, dix-huit supporters sénégalais et un supporter algérien avaient été condamnés en première instance à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an. Le jugement avait été rendu le jeudi 19 février par le tribunal de première instance de Rabat.
Les faits remontent au 18 janvier, date à laquelle s’est tenue à Rabat la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal. Des incidents émaillés de violences avaient alors été constatés en marge de la rencontre, conduisant à l’arrestation de plusieurs supporters. Ces interpellations avaient ensuite débouché sur des poursuites judiciaires, puis sur des condamnations.
Ces peines ont suscité des réactions contrastées. Si certains les ont jugées "trop lourdes", leur conformité au cadre légal marocain ainsi qu’à la jurisprudence a déjà fait l’objet d’une analyse précédemment publiée sur notre plateforme.
Dans ce même article, Médias24 avait également comparé ces sanctions à celles prononcées dans des contextes similaires, contre des supporters marocains.
Attentisme au Sénégal
L’ouverture du procès en appel intervient dans un contexte particulier, marqué par des attentes diplomatiques et des mobilisations au Sénégal. Les familles des supporters sénégalais continuent d’espérer une grâce royale pour leurs proches, détenus au Maroc.
Dans ce contexte, un collectif de citoyens sénégalais a remis, le jeudi 26 février, un mémorandum à l’ambassade du Maroc à Dakar, selon TV5 Monde. Ce document appelle à la libération des dix-huit supporters sénégalais incarcérés au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la CAN.
Deux jours plus tard, le 28 février, une marche pacifique a été organisée à Dakar pour réclamer leur libération. Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien aux détenus et de pression sur les autorités pour trouver une issue à cette affaire.
Quelques jours auparavant, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, avait également abordé le dossier devant l’Assemblée. Selon la RTS (Radio-Télévision sénégalaise), Ousmane Sonko avait alors présenté les recours envisagés pour les supporters condamnés au Maroc. C’était cinq jours après les condamnations en première instance.
Le chef du gouvernement du Sénégal a assuré que son pays avait rempli toutes ses obligations dans ce dossier, tout en promettant de poursuivre les efforts diplomatiques et juridiques pour accompagner les ressortissants concernés.
Plusieurs pistes restent ainsi ouvertes, selon lui. Parmi elles, l’introduction d’un appel des condamnations, désormais effective, l’attente d’une éventuelle grâce royale, ou encore, en dernier recours, une demande d’extradition afin que les supporters sénégalais puissent purger leur peine dans leur pays d’origine.
À ce stade, seule la première option a été enclenchée avec l’ouverture du procès en appel devant la cour d’appel de Rabat. Les autres hypothèses demeurent dépendantes d’évolutions judiciaires à venir.
Par ailleurs, la situation des condamnés varie en fonction de la durée des peines prononcées. Ceux ayant écopé de trois mois de prison ferme, soit la peine minimale dans ce dossier, devraient être libérés dans un délai d’environ un mois. Les autres condamnés restent, quant à eux, dans l'attente de l’issue de la procédure d’appel ou d’éventuelles mesures alternatives.
L'audience du 30 mars précisera la suite de la procédure.
À découvrir
à lire aussi
Article : DOCUMENT. Drones, intégration opérationnelle, sites : le saut stratégique de l'alliance militaire Maroc-USA
Un document américain donne de nouveaux détails sur la feuille de route militaire maroco-américaine 2026-2036. Le Maroc devient la clé stratégique du détroit de Gibraltar et du Sahel.
Article : Trains RER: L'ONCF s'associe à la Corée du Sud pour structurer son futur réseau
Dans l'optique de fluidifier le transport au sein des grandes métropoles régionales d'ici 2030, l'ONCF confie la réalisation et le suivi technique de son futur réseau RER à l'industrie ferroviaire sud-coréenne. Hyundai Rotem assurera l'entretien sur deux décennies tandis que KORAIL encadrera le contrôle qualité de la production et le transfert de compétences vers les équipes marocaines.
Article : Sortie de l'acier, tensions géopolitiques, Mondial 2030... La stratégie d'Aluminium du Maroc expliquée par Abdeslam El Alami
Le groupe industriel installé à Tanger a validé la sortie de son activité acier lors de son conseil d'administration du 12 mai dernier. Son PDG, Abdeslam El Alami, invité du 12/13 de Médias24, explique les raisons de cette décision, revient sur l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur ses approvisionnements en billettes d'aluminium, et anticipe la demande du secteur à l'horizon 2030.
Article : Épisode 5. Une nation en mission : quand le football rassemble diplomates, institutions et citoyens dans une même aventure
Les épisodes précédents ont montré comment plusieurs centaines de Marocains ont traversé la planète pour soutenir les Lionceaux de l’Atlas lors de la finale de la Coupe du monde U20 au Chili et comment les joueurs eux-mêmes considéraient ce public comme un acteur de leur réussite. Derrière les joueurs et les supporters se trouvait un ensemble beaucoup plus vaste d’acteurs qui avaient le sentiment de participer à la même mission. Des employés de la Royal Air Maroc aux équipages des avions, des diplomates aux responsables institutionnels, chacun semblait mobilisé autour d’un objectif commun.
Article : Grâce au programme “Nasmaa”, 56 patients opérés pour retrouver le chemin de l'audition
Ils viennent du Maroc, de Palestine ou de plusieurs pays africains. Pour certains, le son n'a jamais fait partie de leur quotidien. Grâce à une nouvelle campagne du programme Nasmaa menée sous l'égide de la Fondation Lalla Asmaa, 56 enfants et jeunes adultes ont franchi une étape décisive vers l'audition.
Article : L'embellie historique des barrages masque encore la fragilité des nappes
Avec 12,6 milliards de mètres cubes stockés au 19 juin 2026, soit un taux de remplissage de 74,43 %, les barrages marocains renouent avec des niveaux inégalés depuis août 2015. Une embellie portée par le bassin de l'Oum Errabiâ, mais qui ne doit pas masquer la vulnérabilité des nappes phréatiques, loin de leurs niveaux d'avant la sécheresse.