Science. Un géant marin vieux de 66 millions d’années découvert près de Khouribga
Dans les phosphates de la région de Khouribga, des chercheurs ont identifié une nouvelle espèce de mosasaure, un reptile marin géant qui vivait à l’époque des dinosaures. Long de plus de neuf mètres, l’animal comptait parmi les grands prédateurs des océans il y a 66 millions d’années.
Décrite dans une étude publiée le 4 mars 2026 dans la revue scientifique Diversity par les chercheurs Nicolas R. Longrich et Nour-Eddine Jalil, une nouvelle espèce de reptile marin préhistorique a été identifiée au Maroc. Baptisée Pluridens imelaki, elle appartenait aux mosasaures, de grands reptiles marins qui vivaient à l’époque des dinosaures.
Jusqu’ici, les scientifiques pensaient que les espèces de cette famille, appelée Halisaurinae, étaient plutôt de petite taille.
Le fossile a été découvert dans la région de Khouribga, à Sidi Chennane, dans les célèbres gisements de phosphates marocains. Il comprend un crâne presque complet, avec les mâchoires et les dents encore en place.
Selon les chercheurs, le crâne mesure environ 1,25 mètre, ce qui permet d’estimer que l’animal pouvait atteindre plus de neuf mètres de long, soit la taille d’un grand bus. Il rivalisait donc avec certains des plus grands prédateurs marins de son époque.
Un prédateur au profil anatomique distinct
Les scientifiques indiquent que Pluridens imelaki présentait plusieurs caractéristiques physiques inhabituelles. Il possédait notamment un museau long et étroit, ainsi que des mâchoires très allongées et fines.
La mandibule portait environ 25 petites dents recourbées vers l’arrière, une forme souvent associée à des prédateurs qui attrapent des proies glissantes. Les chercheurs pensent donc que ce reptile se nourrissait probablement de petits poissons ou de céphalopodes, comme les ancêtres des calmars et des poulpes.
Les analyses montrent aussi que cette espèce se distingue d’autres mosasaures proches, notamment par la forme de ses mâchoires, de ses orbites (les cavités des yeux) et de ses dents. Ces différences suggèrent que ces reptiles occupaient des rôles différents dans l’écosystème marin, un peu comme les prédateurs actuels se répartissent les proies dans l’océan.
Les phosphates marocains, un gisement fossilifère majeur
Les couches phosphatées du bassin d’Oulad Abdoun se sont formées au fond d’une mer peu profonde il y a environ 66 à 67 millions d’années, juste avant la disparition des dinosaures.
Ces gisements sont aujourd’hui considérés comme l’un des plus grands réservoirs de fossiles marins au monde. On y a retrouvé de nombreux restes de mosasaures, mais aussi de tortues marines, de requins, de poissons et d’autres reptiles marins.
À cette époque, les mosasaures étaient les grands prédateurs des océans, comparables aux requins ou aux orques d’aujourd’hui.
Une espèce exceptionnellement rare
Malgré l’abondance de fossiles dans ces gisements, les chercheurs soulignent que Pluridens imelaki semble extrêmement rare. Jusqu’à présent, un seul spécimen a été identifié parmi des centaines de fossiles de mosasaures retrouvés dans la région.
Pour les scientifiques, cette découverte montre que la diversité des mosasaures était probablement plus grande qu’on ne le pensait.
Elle confirme aussi l’importance scientifique mondiale des phosphates marocains, qui permettent de mieux comprendre la vie dans les océans juste avant la grande extinction qui a marqué la fin du Crétacé, il y a 66 millions d’années.
Les chercheurs estiment enfin que de nouvelles fouilles dans ces gisements pourraient encore révéler d’autres espèces inconnues, et éclairer davantage l’évolution des grands prédateurs marins qui régnaient sur les océans à l’époque des dinosaures.
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