img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Energie

Pétrole. La guerre au Moyen-Orient relance la fâcheuse question de la Samir

La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et la flambée des cours du brut remettent en lumière les fragilités énergétiques du Maroc, alors que la raffinerie de Mohammedia demeure à l’arrêt depuis près de dix ans, malgré son potentiel industriel et stratégique.

Pétrole. La guerre au Moyen-Orient relance la fâcheuse question de la Samir
Par
Le 9 mars 2026 à 11h17 | Modifié 10 mars 2026 à 10h47

L'escalade militaire au Moyen-Orient, qui se poursuit pour le dixième jour consécutif sans signe d'apaisement, provoque une flambée des cours de pétrole et des produits raffinés et fait craindre des perturbations dans l'approvisionnement mondial, à la suite de la fermeture du détroit d’Hormuz par l’Iran.

Le jeudi 5 mars 2026, le ministère de la Transition énergétique a tenté de rassurer, soulignant la capacité du marché mondial à absorber les chocs, tout en appelant les acteurs nationaux à la responsabilité pour protéger le pouvoir d'achat et l'économie marocaine.

Ce lundi 9 mars, les marchés internationaux flambent. Et le Maroc est totalement exposé aux aléas internationaux sans pare-chocs. Ce qui se passe sur le marché international des hydrocarbures se répercute directement sur les citoyens.

Le sujet concerne à la fois la disponibilité des produits et leur prix. Allons-nous pouvoir importer les besoins nationaux sans difficulté et à quel prix ?

Le ministère de tutelle répond à cette interrogation à moitié et sans la transparence demandée. "Le niveau des stocks nationaux de produits pétroliers reste dans une situation normale. (...) Le Maroc dispose de réserves couvrant environ 30 jours de consommation".

Une moyenne qui doit cacher des disparités entre les produits que nous ne sommes pas en mesure de connaître. Autre question qui restera sans réponse : ces 30 jours correspondent-ils au stock de sécurité ou au stock outil des opérateurs ?

Face à ces 30 jours, on doit rappeler la réglementation, qui elle impose un stock de sécurité de 60 jours.

Cette conjoncture complexe et difficile remet au cœur de l'actualité le dossier de la raffinerie Samir, placée en liquidation judiciaire et à l'arrêt depuis près de dix ans, sans solution de relance à l'horizon.

Si les capacités de stockage étaient opérationnelles pour le stock stratégique du pays ? Si la Samir était opérationnelle ?

Le stockage stratégique, un enjeu clé

La crise actuelle relance surtout la question du stockage stratégique des produits pétroliers.

La Samir dispose d’une capacité de stockage de 2 millions de m³, l'équivalent de 60 jours. Cela peut faire augmenter le stock de sécurité du Maroc à plus de 80 jours de consommation, contre une trentaine de jours ou moins actuellement assurée exclusivement par les distributeurs.

Cependant, la constitution de telles réserves relève d’une décision stratégique de l’État. Pour un pays importateur comme le Maroc, constituer des réserves lorsque les prix sont bas pourrait représenter une assurance contre les crises internationales.

Cette idée a été explorée et a failli voir le jour en 2020-2021. Les ministères de l’Intérieur et des Finances avaient saisi le tribunal afin d’obtenir l’autorisation d’exploiter les capacités de stockage de la Samir afin de sécuriser les réserves stratégiques du pays, de profiter de prix historiquement bas et de générer des revenus pour un raffineur en liquidation.

Mais le processus n'a jamais abouti. Les discussions techniques et juridiques s’enlisent. Aucun contrat n’est signé. Plus d’un an passe. L’opération est finalement abandonnée sans explication publique.

Aujourd'hui, le Maroc ne dispose d'aucun filet tant sur le stock que sur le prix. Et si l'État adoptait une stratégie d'achat public qui saisit les opportunités pour constituer un stock stratégique au moindre coût possible, il peut être mis sur le marché pour réduire l'impact des prix sur le citoyen.

La raffinerie Samir, un outil industriel à l’arrêt

Pour la question du raffinage, l'affaire est plus complexe. La raffinerie Samir de Mohammedia était [car son redémarrage nécessite d'importants investissements] une installation capable de traiter jusqu’à 10 millions de tonnes de pétrole par an. À plein régime, cette infrastructure pouvait couvrir une part importante de la demande nationale, aujourd'hui estimée à 11,7 millions de tonnes équivalent pétrole.

Si elle venait à fonctionner à nouveau avec un taux d'utilisation élevé, la raffinerie de Mohammedia pourrait théoriquement couvrir entre 80 et 90 % des besoins nationaux en produits pétroliers comme l’essence, le gasoil ou le carburant pour avions.

À titre de comparaison, les importations marocaines de gasoil et d'essence ont atteint environ 1,91 million de tonnes au troisième trimestre 2025, soit un rythme annuel extrapolé de 7,5 à 8 millions de tonnes pour ces deux produits.

Toutefois, l'arrêt prolongé de cette infrastructure depuis août 2015 rend une éventuelle relance complexe, nécessitant un audit technique complet et des investissements considérables pour garantir la sécurité et la fiabilité des équipements.

Un tel scénario est aujourd'hui exclu dans la mesure où le dossier est toujours devant le Cirdi et qu'il n'y a pas de repreneur à l'horizon. Le dernier investisseur qui a manifesté son intérêt : son offre n'a pas été acceptée.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : La Samir, pétrole
Par
Le 9 mars 2026 à 11h17

à lire aussi

Vague de chaleur dès dimanche 28 juin, jusqu’à 45°C dans plusieurs provinces
Météo

Article : Vague de chaleur dès dimanche 28 juin, jusqu’à 45°C dans plusieurs provinces

De fortes chaleurs sont attendues du 28 juin au 1er juillet, avec des températures oscillant entre 38 et 45°C selon les régions. Plusieurs provinces seront placées en vigilance orange.

Bourse : après un repli de 5% depuis le début de l'année, où en est le secteur agroalimentaire ?
Actus

Article : Bourse : après un repli de 5% depuis le début de l'année, où en est le secteur agroalimentaire ?

Le secteur agroalimentaire coté à la Bourse de Casablanca recule de près de 5% depuis le début de l'année, une contre-performance légèrement supérieure à celle du MASI (-4,2%). Derrière cette évolution se cachent toutefois des trajectoires contrastées. Si Mutandis tente de tourner la page d'une année 2025 difficile, Cosumar traverse une phase de transition avant un rebond attendu, et Lesieur Cristal cherche à restaurer durablement ses marges.

Le Trésor lève 660 MDH sur les maturités de 52 semaines et 2 ans lors de l'adjudication du 24 juin
Actus

Article : Le Trésor lève 660 MDH sur les maturités de 52 semaines et 2 ans lors de l'adjudication du 24 juin

Le Trésor a retenu 660 millions de dirhams lors de l'adjudication des bons du Trésor du 24 juin 2026. Les levées ont porté sur les maturités de 52 semaines et de 2 ans, tandis que la ligne à 13 semaines n'a fait l'objet d'aucune adjudication.

CDM 2026. Maroc-Pays-Bas, un seizième mémorable s’annonce
Mondial2026

Article : CDM 2026. Maroc-Pays-Bas, un seizième mémorable s’annonce

En s’imposant face à la Tunisie (3-1), ce jeudi 25 juin, les hommes de Ronald Koeman terminent en tête du groupe F et affronteront donc les Lions de l’Atlas, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique (2h). Un seizième de finale qui s’annonce chargé en émotion, aussi bien pour certains internationaux que pour les supporters marocains.

“Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat
DROIT

Article : “Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat

Au-delà des peines privatives de liberté, le verdict comporte un important volet pécuniaire. Les condamnés devront verser près de 8,5 milliards de dirhams à l'Administration des douanes, auxquels s'ajoutent des confiscations d'avoirs, des sanctions pour infractions à la réglementation des changes et des condamnations civiles.

Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés
DROIT

Article : Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés

Abdenbi Bioui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Saïd Naciri a, quant à lui, été condamné à 10 ans de réclusion. Les premiers détails.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité