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ECONOMIE

Surestaries. Des coûts élevés pour les importateurs, sans risque immédiat de pénurie

Les mauvaises conditions météorologiques perturbent depuis plusieurs jours l’activité de plusieurs ports et retardent l’arrivée des marchandises. Pour les importateurs marocains, ces blocages entraînent des surcoûts significatifs. Si le risque de pénurie reste limité, les retards auront un impact non négligeable sur l’activité de plusieurs commerçants.

Surestaries. Des coûts élevés sans risque pénurie.
Surestaries. Des coûts élevés sans risque pénurie.
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Le 8 février 2026 à 10h12 | Modifié 8 février 2026 à 10h13

Depuis plusieurs jours, les conditions météorologiques défavorables affectent le fonctionnement de plusieurs installations portuaires, ralentissant les opérations d’accostage et de manutention.

Pour les entreprises importatrices, ces retards se traduisent par des coûts supplémentaires parfois élevés, en particulier lorsque les marchandises ne sont pas déchargées dans les délais contractuels. Dans ce cas, l'importateur doit verser au propriétaire du navire, des indemnités appelées surestaries.

Des coûts élevés et des mécanismes de couverture limités

Contacté par Médias24, Hicham Mellakh, président de la commission Logistique et Foncier à la CGEM, indique que les frais peuvent atteindre 30.000 dollars par jour et par bateau.

"Les frais dépendent du type de transport, car il y a une différence entre le vrac et les conteneurs. Dans le cas du vrac, la facturation se fait par jour et par navire qui reste en rade. Les montants varient selon la nature de la cargaison. Pour les vracs solides, comme le blé et les céréales, ils se situent généralement entre 15.000 et 20.000 dollars par jour, tandis que pour les produits pétroliers, ils peuvent atteindre environ 30.000 dollars par jour. Or, certains navires sont bloqués depuis plus de vingt jours, ce qui aboutit à des montants très élevés", explique-t-il.

"Pour les conteneurs, les surestaries sont généralement facturées à l’unité, par conteneur et par jour, et peuvent atteindre environ 200 dollars. Le problème est que les retards dépassent actuellement plusieurs jours et, dans certains cas, pourraient même dépasser un mois, ce qui fera mécaniquement augmenter les coûts de manière importante", poursuit Hicham Mellakh.

Pour ce qui est des couvertures possibles, que ce soit par des clauses de force majeure dans les contrats d’affrètement ou d’importation, ou par l’assurance, notre interlocuteur indique qu’il s’agit d’un cas extrême généralement non couvert.

"En matière d’assurance, à ma connaissance, ces situations ne sont pas couvertes. Nous n’avons presque jamais connu des perturbations de cette ampleur, et il s’agit d’un cas extrême. De la même manière, les contrats ne prévoient pas forcément ce type d’événements comme des cas de force majeure, et les mécanismes existants ne permettent pas aujourd’hui de protéger réellement les entreprises face à ce genre de situation", précise-t-il.

Par ailleurs, Hicham Mellakh estime qu'il est nécessaire de mener une réflexion sur le sujet et d'essayer de trouver des solutions concrètes.

"Ce que nous souhaitons, c’est qu’une réflexion soit menée pour limiter autant que possible les surestaries. Nous savons que les armateurs ont eux aussi leurs contraintes, mais il est important que l’ensemble des acteurs se réunissent autour de la table afin de discuter de ces frais et de trouver des solutions", indique-t-il.

"Il y a aussi une autre problématique. La CGEM se bat depuis longtemps pour supprimer la taxe de 10% appliquée aux surestaries. Ces frais sont considérés comme un service alors qu’il s’agit en réalité d’une pénalité. Comme les surestaries sont payées à l’étranger, cette taxe est appliquée, mais pour nous elle n’a pas lieu d’être, puisqu’il ne s’agit pas d’un service rendu. Cela représente donc un coût supplémentaire induit pour les opérateurs, et nous estimons qu’il faudrait supprimer cette taxe de manière définitive", poursuit Hicham Mellakh.

Pas de pénurie, mais des retards qui perturbent les commerçants

Pour lui, cette situation ne devrait pas entraîner de pénurie au Maroc.

"Je ne pense pas que cette situation entraîne des pénuries. Le Maroc dispose de stocks stratégiques, notamment pour le fuel, les céréales et d’autres produits de première nécessité, ce qui permet d’absorber temporairement ce type de perturbations", explique Hicham Mellakh.

Cependant, les retards entraînent des perturbations à plusieurs niveaux, surtout auprès des commerçants, notamment en cette période pré-Ramadan.

"De nombreux commerçants réalisent une part importante de leurs ventes à travers des promotions organisées pendant le Ramadan, notamment pour des biens comme les téléviseurs, les réfrigérateurs ou d’autres équipements. Si les marchandises n’arrivent pas à temps pour cette période, ces promotions ne peuvent pas avoir lieu dans les conditions prévues, et les produits risquent de rester en stock plus longtemps, ce qui crée des difficultés pour les commerçants. À ces contraintes commerciales s’ajoutent les coûts liés aux retards, ce qui complique encore la situation", souligne notre interlocuteur.Il faut mettre en place des procédures qui sortent du cadre habituel, afin de gérer une situation qui, elle aussi, sort de l’ordinaire"Ces retards touchent l’ensemble des secteurs. Mais certains sont plus sensibles que d’autres, notamment les secteurs prioritaires comme le fuel, le blé ou encore une partie de l’agroalimentaire, en particulier lorsqu’il s’agit de produits soumis à des dates limites de consommation.  C’est pour cette raison que, face à des situations exceptionnelles comme celles que nous connaissons aujourd’hui, il faudrait mettre en place des procédures adaptées, qui sortent du cadre habituel, afin de gérer des circonstances qui, elles aussi, sortent de l’ordinaire", poursuit-il.

Concernant la capacité des entreprises importatrices à absorber les surcoûts, et à partir de quel seuil sont-ils inévitablement répercutés sur les prix de vente, notre source affirme que cela dépend de la nature des biens et du niveau des marges.

"Il est difficile de parler d’un seuil précis, car cela dépend de la nature des importations et surtout du niveau des marges. Mais dans certains secteurs, notamment l’agroalimentaire, les marges sont très faibles, de sorte que les entreprises peuvent rapidement passer dans le rouge dès que des surcoûts apparaissent", conclut Hicham Mellakh.

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Le 8 février 2026 à 10h12

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