Sardine : les modalités d’application des restrictions d'exportation désormais précisées
Après l’annonce des restrictions d’exportation des sardines, les autorités en précisent désormais les modalités d’application. Depuis le 1er février 2026, toute exportation de sardine fraîche ou congelée est conditionnée à l’obtention d’une licence préalable.
Entrée en vigueur le 1er février 2026 pour une période de douze mois, l’obligation de licence d’exportation s’applique désormais à la sardine fraîche ou congelée. Le dispositif, formalisé par une publication au Bulletin officiel du 26 janvier 2026, vise à renforcer l’encadrement des exportations de ce produit stratégique.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de raréfaction de la sardine sur le marché national, qui s’est traduite par une hausse marquée des prix ces derniers mois. Le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime a opté pour un resserrement du contrôle des flux à l’export, afin de préserver l’approvisionnement du marché intérieur.
Une procédure entièrement digitalisée via PortNet
Selon nos sources, toute demande de licence d’exportation de la sardine doit être introduite exclusivement via la plateforme PortNet, portail électronique dédié à la gestion dématérialisée des opérations d’import et d’export.
Le dossier de demande doit comprendre plusieurs pièces justificatives, notamment :
- une copie de la facture pro forma ;
- un agrément sanitaire, ou, à défaut, un contrat d’achat conclu avec une unité de transformation et de valorisation des produits de la pêche disposant de cet agrément ;
- un formulaire de prospection accompagné d’un certificat de capture.
Pour les opérations d’exportation engagées avant l’entrée en vigueur de la restriction, la demande de licence doit également s'accompagner d’un contrat commercial et d’un justificatif de paiement relatif à l’opération concernée.
Une fois la demande déposée et jugée conforme sur le plan administratif, le dossier est transmis, via PortNet, au département technique compétent pour avis. En cas d’avis favorable, le ministère de l’Industrie et du commerce accorde la licence d’exportation. À l’inverse, un refus motivé est notifié à l’opérateur directement sur la plateforme.
Les modalités définitives de cette procédure, ainsi que la liste des pièces exigées, ont été examinées et validées lors de la réunion tenue le lundi 2 février 2026, avant leur formalisation dans un avis aux exportateurs.
Une licence pour opérationnaliser la restriction d'exportation
En amont, le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime avait annoncé des restrictions de l’exportation de la sardine congelée à compter du 1er février 2026, à la suite du constat d’une raréfaction de la ressource et d’une tension persistante sur les prix du marché intérieur.
La publication au Bulletin officiel vient ainsi préciser les modalités d’application de cette décision, en instaurant un régime de licence préalable pour toute exportation de sardine fraîche ou congelée. Cette licence ne constitue donc pas une interdiction, mais le mécanisme réglementaire permettant d’en encadrer l’exécution.
Une mesure conjoncturelle pour détendre le marché
Pour Mehdi Dhaloomal, président de l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP), les restrictions d’exportation des sardines congelées s’inscrivent dans "l’arsenal d’outils dont dispose le ministère pour intervenir lorsque la situation de la ressource ou du marché l’exige".
Il rappelle que la pêche de la sardine est en net recul depuis 2022, avec une baisse significative des volumes débarqués, entraînant une pression accrue sur la biomasse et une hausse prononcée des prix sur le marché national. Dans ce contexte, la mesure vise avant tout à réduire la pression sur la ressource halieutique et à rééquilibrer l’offre et la demande au profit du consommateur marocain.
Selon lui, la logique est avant tout économique : la diminution de la demande à l’export devrait contribuer à détendre le marché intérieur et, par ricochet, à stabiliser, voire réduire les prix pour les ménages. Il souligne toutefois que cette restriction n’a pas vocation à être permanente, mais constitue une réponse conjoncturelle, dont la durée dépendra de plusieurs indicateurs, notamment l’évolution de la biomasse, les volumes disponibles et les niveaux de prix.
Enfin, Mehdi Dhaloomal précise que le ministère dispose de mécanismes de pilotage similaires à ceux déjà appliqués à d’autres espèces, comme le poulpe, et qu'il ajustera ses décisions en fonction de l’évolution de la situation, avec pour double objectif la préservation durable de la ressource et l’approvisionnement du marché national en quantité suffisante et à des prix raisonnables.
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