Viandes rouges : Ahmed Bouari détaille les facteurs de prix et les mesures d'urgence du gouvernement
Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, ce lundi 2 février, le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a apporté un éclairage sur la situation actuelle du marché des viandes rouges au Maroc.
Ahmed Bouari a souligné que l'amélioration des indicateurs techniques relatifs aux effectifs du cheptel ne se répercute pas immédiatement sur les prix.
Pourquoi les prix restent-ils élevés ?
Ce phénomène s'explique, selon lui, par plusieurs facteurs structurels et conjoncturels :
- La spécificité biologique : le cycle de production animale nécessite un temps incompressible avant d'atteindre le stade de la commercialisation.
- Le passif climatique : les effets accumulés de la sécheresse et l'augmentation du coût des aliments de bétail pèsent lourdement.
- L'environnement international : le coût des intrants reste soumis aux fluctuations des marchés mondiaux.
- La distribution : les dysfonctionnements dans les chaînes de commercialisation et les délais logistiques entre production et vente influent également sur le prix final.
Les axes d'intervention pour protéger le pouvoir d'achat
Face à l'impact de cette hausse sur le pouvoir d'achat, Ahmed Bouari a annoncé le déploiement d'un plan d'urgence articulé autour de trois piliers :
- Soutien direct aux éleveurs : poursuite des programmes de reconstitution du cheptel et amélioration de l'accès aux aliments de bétail.
- Contrôle des circuits : renforcement de la surveillance des chaînes de commercialisation en coordination avec les secteurs concernés.
- Modernisation des infrastructures : mise à niveau et organisation des marchés de bétail et des abattoirs, avec un suivi rigoureux de l'offre et de la demande pour garantir l'équilibre du marché.
État des lieux du marché : bovins et ovins
Le ministre a fourni des données précises sur les prix pratiqués à la sortie des abattoirs :
- Viande bovine (80% de la consommation nationale) : les prix affichent une certaine stabilité. Ils varient entre 70 DH le kilo pour les bovins importés et 91 DH le kilo pour les bovins locaux.
- Viande ovine : le marché des moutons connaît actuellement des perturbations temporaires. Celles-ci sont liées aux conditions climatiques récentes qui ont entravé le transport du bétail. De plus, de nombreux éleveurs, bénéficiant de liquidités grâce au soutien direct, préfèrent conserver leur cheptel en attendant l'amélioration des pâturages dans les mois à venir et en prévision de Aïd al-Adha.
Ahmed Bouari a conclu en assurant que le gouvernement reste vigilant et mobilisé pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de réguler le marché et d'assurer un approvisionnement normal.
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