À Davos, Akhannouch défend le modèle marocain de l’État social et de la résilience économique
Dans un contexte mondial marqué par des crises multiples, le Maroc démontre qu’il n’existe pas d’opposition entre ambition sociale et crédibilité économique, a déclaré le chef du gouvernement, le mardi 20 janvier à Davos.
''On ne bâtit pas un destin géopolitique sur une société fragilisée'', a souligné Aziz Akhannouch dans une allocution à la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), lors d’une session animée par le co-président du WEF, André Hoffmann.
Le chef du gouvernement a souligné que le Royaume, ''sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a fait le choix de protéger d’abord, de réformer en profondeur et de se projeter avec confiance'', en érigeant un véritable bouclier social face aux effets de la crise post-Covid, mobilisant plus de 13 milliards de dollars entre 2021 et 2025 pour stabiliser les prix des produits de première nécessité, et 1,7 milliard de dollars pour préserver les ménages de la hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité.
Cette politique, a-t-il relevé, a permis de ramener l’inflation de plus de 6% en 2023 à un niveau inférieur à 1% en 2024 et 2025, tout en maintenant une trajectoire de croissance proche de 5% et une réduction progressive du déficit et de l’endettement.
Ces indicateurs, a expliqué Aziz Akhannouch, sont essentiels car seule une économie solide et résiliente est en mesure de financer et de pérenniser le premier grand chantier de ce gouvernement, ''le Chantier royal de l’État social''.
"Sous les hautes orientations royales, le Maroc a ainsi généralisé l’assurance maladie obligatoire à plus de 32 millions de citoyens, tout en lançant l’aide sociale directe au profit de près de 4 millions de familles, parallèlement à un effort budgétaire historique en faveur de la santé et de l’éducation, avec une hausse de près de 20% des crédits alloués à ces secteurs", a poursuivi le chef du gouvernement.
''Protéger sans transformer serait une promesse inachevée'', a ajouté Aziz Akhannouch, mettant en avant la refonte des fondamentaux économiques, saluée par les partenaires internationaux.
Il a, à ce propos, rappelé que, sur le terrain de la confiance et de l’intégrité financière, le Maroc est sorti de la liste grise du GAFI ainsi que des listes européennes associées, et a retrouvé la catégorie ''Investment grade'' auprès des grandes agences de notation.
Ces résultats découlent d’une discipline budgétaire rigoureuse, de réformes fiscales menées dans la durée, d’une gouvernance renforcée de la dépense publique et d’un effort soutenu de transparence, a-t-il encore affirmé, notant qu’en parallèle, la mise en œuvre de la Charte de l’investissement a permis d’accélérer l’investissement productif, portant les recettes brutes d’IDE à un niveau record de plus de 5 milliards de dollars en 2025, en dépit d’un contexte international marqué par la contraction des capitaux.
À la croisée de l’Europe, de l’Afrique et de l’Atlantique, le Maroc s’affirme par ailleurs comme une plateforme logistique majeure, avec Tanger Med parmi les premiers ports mondiaux, tout en se positionnant comme un acteur clé de la décarbonation, avec, à fin 2025, plus de 46% de capacité électrique issue des énergies renouvelables et des projets structurants dans le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert, a indiqué Aziz Akhannouch.
Par ailleurs, le chef du gouvernement a insisté sur l’importance de la lisibilité politique pour l’investissement de long terme, soulignant que ''l’année 2025 restera charnière'' pour le Royaume, notamment à la lumière de l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui ''envoie un signal sans ambiguïté à la communauté internationale : l’Initiative marocaine d’autonomie pour les provinces du Sud est reconnue comme base des négociations''.
Évoquant enfin la coorganisation de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, il a estimé qu’il s’agit d’un ''symbole à la fois sportif, économique et civilisationnel'', soulignant que ''loin d’être une fin en soi, la Coupe du monde est un jalon dans une stratégie de transformation''.
L’échange qui s’en est ensuivi avec André Hoffmann a permis au chef du gouvernement de revenir notamment sur la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025), qui a démontré, selon lui, comment le Maroc a réussi une organisation ''World Class'' de ''l’une des meilleures manifestations de football'', avec une population accueillante et ''une finale digne d’une Coupe du monde''.
Il a saisi l’occasion pour rappeler que le Mondial 2030, au-delà d’une opportunité de développement des infrastructures sportives, se veut un ''accélérateur de développement'', mettant en avant les chantiers réalisés en matière d'infrastructures ferroviaires, aéroportuaires et routières, mais aussi dans la santé et l’éducation, auxquels les Marocains sont fiers de contribuer.
De son côté, le coprésident du WEF a félicité le Maroc pour la stabilité dont il jouit, sous la conduite du Roi, ses efforts de modernisation continus et sa capacité à ériger ''un État social fonctionnel'', soulignant que ce sont autant de facteurs qui font que le pays est ''fascinant'' et ''attractif pour les investisseurs''.
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