Une circulaire détaille la nouvelle Offre Offshoring Maroc
Une circulaire vient d’être diffusée par la chefferie du gouvernement pour décliner opérationnellement les engagements du contrat-programme du secteur et définir les conditions et les modalités d’octroi des avantages de la nouvelle Offre Offshoring Maroc. Secteurs concernés, primes à l’emploi et à la formation, incitations fiscales ...
La publication de cette circulaire marque l’opérationnalisation du contrat-programme Offshoring signé en septembre 2024, lors du lancement de la stratégie "Digital Morocco 2030". Ce contrat-programme vise la création de 130.000 emplois directs stables additionnels, dont 50.000 à horizon 2026, et un chiffre d’affaires de 40 milliards de dirhams (25 milliards en 2026).
Cette circulaire est très attendue par l’écosystème car elle permet de déployer les nouvelles incitations validées dans la stratégie digitale. Elle définit les conditions et les modalités d’octroi des avantages de l’Offre Offshoring Maroc.
Les dispositions de la circulaire entrent en viguer à compter du 1er juillet 2025, par effet rétroactif.
Cinq filières d’activités clairement définies
Dans sa première partie, la circulaire détaille le champ d’application de l’Offre Offshoring Maroc en définissant l’offshoring, en identifiant ses cinq grandes filières et en apportant une définition des Plateformes Industrielles Intégrées dédiées à l’Offshoring (P2I Offshoring).
L'Offshoring, au sens de la circulaire, est "la délocalisation de certaines activités ou process d’entreprises vers le Royaume du Maroc, eu égard à la disponibilité de ressources humaines qualifiées et aux coûts compétitifs".
Les cinq filières concernées sont :
- ITO : gestion d’infrastructure, développement logiciel, maintenance applicative ;
- CRM : accueil (standard téléphonique, gestion de débordement d’appels), télémarketing, gestion des plaintes, recouvrement, digital ;
- BPO : fonctions administratives et métiers spécifiques ;
- ESO : ingénierie et R&D ;
- KPO : études de marché, data analytics, édition spécialisée, externalisation juridique.
Les P2I Offshoring sont structurées comme :
- des zones exclusivement réservées aux activités du secteur ,
- situées près de grands centres urbains ;
- dotées d’une offre immobilière flexible ;
- équipées d’un guichet unique administratif ;
- appuyées par des services mutualisés (télécoms, restauration, transport, maintenance, sécurité, services financiers).
Selon la circulaire, les demandes d’installation sont instruites en 5 jours ouvrables, ou 25 jours lorsqu’elles nécessitent l’avis du Comité Technique de l’Offshoring (CTO).
Un dispositif d’incitations revu, valable jusqu’en 2030
La circulaire décline un ensemble d’avantages pour les entreprises opérant dans le secteur.
- Impôt sur le revenu. La charge fiscale est plafonnée à :
-
- 20% du montant des revenus bruts imposables par individu,
dans les P2I principales ; - 10% du montant des revenus bruts imposables par individu dans les P2I secondaires (Fès Shore, Oujda Shore, Tétouan Shore et futures zones), sous conditions spécifiques.
- 20% du montant des revenus bruts imposables par individu,
- Impôt sur les sociétés : L'État prend en charge 56% du taux de l’IS
- Prime à l’emploi : 17% du revenu brut imposable annuel, pour tout nouvel emploi stable direct créé et occupé par une nouvelle recrue de nationalité marocaine, pour une durée minimum de 18 mois consécutifs à temps plein. La prime à l’emploi prévue par la présente circulaire n’est pas cumulable avec toute autre prime à l’emploi instituée par un autre dispositif de soutien à l’investissement mis en place par l’État.
- Prime à la formation : contribution de l’État aux frais de la formation, sous forme d’une prime à la formation de 3,5% du revenu brut imposable annuel, pour chaque nouvelle recrue de nationalité marocaine, versée annuellement pour une durée de cinq ans à compter de la date de son recrutement, durant la validité de la présente.
Hors P2I : des incitations maintenues dans certaines conditions
Les entreprises opérant dans les activités de l’Offshoring en dehors des P2I Offshoring bénéficient des mesures incitatives prévues dans la présente circulaire, à savoir :
- La prime à l’emploi
- La prime à la formation
Outre les mesures incitatives citées ci-dessus, les entreprises opérant dans les activités de l’Offshoring et installées dans les régions non dotées de P2I Offshoring, bénéficient des mesures suivantes :
- Avantage lié à l’Impôt sur le Revenu
- Avantage lié à l’Impôt sur les Sociétés
Une gouvernance articulée autour d’un COPIL et d’un CTO
L’Etat assure le pilotage, la mise en œuvre et le suivi-évaluation de l’Offre Offshoring Maroc à travers deux instances qui structurent le dispositif.
Il y a le Comité de Pilotage (COPIL), présidé par le Chef du gouvernement, chargé des orientations, des arbitrages et de la conformité des P2I ;
Et le Comité Technique de l’Offshoring (CTO), présidé par l’Autorité en charge de la Transition numérique, responsable de l’instruction des incitations, du suivi des P2I et des ajustements à proposer.
Le Comité de Pilotage, appuyé par le Comité Technique de l’Offshoring, se réserve le droit de procéder à l’évaluation des mesures incitatives de l’offre offshoring Maroc, et au vu des conclusions de cette évaluation, le Comité de Pilotage jugera de la pertinence de la reconduction ou non de ces mesures.
À découvrir
à lire aussi
Article : Vague de chaleur dès dimanche 28 juin, jusqu’à 45°C dans plusieurs provinces
De fortes chaleurs sont attendues du 28 juin au 1er juillet, avec des températures oscillant entre 38 et 45°C selon les régions. Plusieurs provinces seront placées en vigilance orange.
Article : Bourse : après un repli de 5% depuis le début de l'année, où en est le secteur agroalimentaire ?
Le secteur agroalimentaire coté à la Bourse de Casablanca recule de près de 5% depuis le début de l'année, une contre-performance légèrement supérieure à celle du MASI (-4,2%). Derrière cette évolution se cachent toutefois des trajectoires contrastées. Si Mutandis tente de tourner la page d'une année 2025 difficile, Cosumar traverse une phase de transition avant un rebond attendu, et Lesieur Cristal cherche à restaurer durablement ses marges.
Article : Le Trésor lève 660 MDH sur les maturités de 52 semaines et 2 ans lors de l'adjudication du 24 juin
Le Trésor a retenu 660 millions de dirhams lors de l'adjudication des bons du Trésor du 24 juin 2026. Les levées ont porté sur les maturités de 52 semaines et de 2 ans, tandis que la ligne à 13 semaines n'a fait l'objet d'aucune adjudication.
Article : CDM 2026. Maroc-Pays-Bas, un seizième mémorable s’annonce
En s’imposant face à la Tunisie (3-1), ce jeudi 25 juin, les hommes de Ronald Koeman terminent en tête du groupe F et affronteront donc les Lions de l’Atlas, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique (2h). Un seizième de finale qui s’annonce chargé en émotion, aussi bien pour certains internationaux que pour les supporters marocains.
Article : “Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat
Au-delà des peines privatives de liberté, le verdict comporte un important volet pécuniaire. Les condamnés devront verser près de 8,5 milliards de dirhams à l'Administration des douanes, auxquels s'ajoutent des confiscations d'avoirs, des sanctions pour infractions à la réglementation des changes et des condamnations civiles.
Article : Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés
Abdenbi Bioui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Saïd Naciri a, quant à lui, été condamné à 10 ans de réclusion. Les premiers détails.