Marché du travail au T3-2025 : plus d’emplois, mais un sous-emploi en expansion
Au troisième trimestre 2025, le marché du travail reste marqué par un chômage élevé, une progression du sous-emploi ainsi qu'une baisse du taux d'activité. Les données du HCP révèlent une dynamique d’emploi dominée par le salariat, mais affaiblie par la précarité et la faiblesse de la participation féminine et des jeunes.
D'après la note sur le marché de l’emploi relative au troisième trimestre 2025, émanant du HCP, le marché de l’emploi présente des indicateurs contrastés.
En effet, le chômage reste élevé, notamment en milieu urbain, tandis que le sous-emploi touche près d’une personne active occupée sur dix. La note trimestrielle confirme une structure dominée par l’emploi rémunéré, mais dont la qualité demeure hétérogène pour une proportion significative, en particulier dans le BTP et dans l’agriculture.
La situation de l’emploi et du chômage au T3-2025
La population active compte 12.461.000 personnes, dont 8.180.000 en milieu urbain et 4.281.000 en milieu rural. Le taux d’activité s’établit à 43,3% au niveau national, avec 42,3% en urbain et 45,2% en rural. L’écart entre les sexes demeure prononcé. Les hommes affichent un taux d'activité de 68,1%, tandis que les femmes plafonnent à 19,1%. La participation des jeunes au marché du travail reste limitée, le taux d’activité des 15-24 ans s’établissant à 22,7%.
Pour ce qui est de l’emploi, le stock au troisième trimestre 2025 s’élève à 10.833.000 personnes. Les villes concentrent 6.845.000 actifs occupés, tandis que les campagnes en comptent 3.987.000. Le taux d’emploi demeure à 37,6% au niveau national, avec 35,4% en milieu urbain et 42,1% en milieu rural.
Par ailleurs, le chômage concerne 1.629.000 personnes. Le taux national de chômage s’établit à 13,1 %, avec 16,3 % en milieu urbain et 6,9 % en milieu rural. Le taux de chômage des femmes atteint 21,6 %, tandis que celui des jeunes demeure nettement plus élevé, à 38,4 %.
Les villes souffrent de trois mauvais indicateurs: le taux d'emploi très bas (35,4%, ce qui signifie que seulement une personne sur trois travaille); le taux de chômage élevé (16,3%); et enfin un taux de chômage élevé chez les jeunes.
Il convient de souligner qu’il n’est pas possible d’extrapoler la valeur absolue des jeunes et des femmes en situation de chômage, dans la mesure où la note du HCP ne fournit pas la ventilation détaillée des populations actives et des actifs occupés selon l’âge et le sexe.
Le sous-emploi s’installe comme symptôme structurel du marché du travail
Les données du HCP montrent que le taux du sous-emploi au niveau national s’élève à 11,1%. Autrement dit, parmi les 10.833.000 personnes occupées, 1.199.000 se trouvent en situation de sous-emploi. Cette situation recouvre plusieurs réalités, notamment un manque d’heures travaillées, un revenu insuffisant généré par l’activité exercée ou encore une inadéquation entre la formation et le poste occupé.
Le sous-emploi touche 651.000 personnes actives occupées en milieu urbain, soit 9,5% de l’emploi urbain. En milieu rural, la situation est plus préoccupante, l’agriculture demeurant l’activité dominante. Le taux du sous-emploi y atteint 13,8%, ce qui correspond à 549.000 personnes occupées.
La répartition selon la nature du sous-emploi fait apparaître que, dans les zones rurales, le sous-emploi lié à la durée du travail demeure le plus fréquent. En revanche, dans les zones urbaines, ce sont le sous-emploi lié au revenu et l’inadéquation entre les activités exercées et la formation reçue qui prédominent.
Par ailleurs, la structure de la population employée montre que l’emploi rémunéré représente 91,5% de l’emploi total, soit 9.912.195 personnes parmi les 10.833.000 actifs occupés. Les villes en regroupent 6.708.100, contre 3.205.548 en milieu rural. À l’intérieur de cet ensemble, les salariés représentent 6.740.293 personnes, dont 4.903.621 en urbain et 1.833.573 en rural. Les auto-employés totalisent 3.171.902 personnes, dont 1.804.479 en urbain et 1.371.975 en rural.
Il convient de souligner que, si l’on raisonne en glissement annuel, l’économie marocaine a créé 167.000 emplois entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025. Cependant, le sous-emploi est passé de 1.066.000 à 1.199.000 personnes, soit un ajout de 133.000.
Autrement dit, 79,6% des emplois créés sur la période correspondent à des situations de sous-emploi, ce qui traduit certes une amélioration quantitative du marché du travail, mais sans réel progrès sur le plan qualitatif.
À découvrir
à lire aussi
Article : Législatives 2026 : Laftit réunit les partis non représentés au Parlement
Le ministère de l’Intérieur a présenté samedi 9 mai 2026, à Rabat, l’état d’avancement des préparatifs du scrutin du 23 septembre 2026, notamment la révision des listes électorales, les dispositifs logistiques et les plateformes numériques dédiées aux candidatures et aux procurations des MRE.
Article : Tourisme : la SFI prépare une feuille de route pour accélérer l’investissement privé au Maroc
La filiale du Groupe Banque mondiale chargée du secteur privé cherche à mandater un cabinet de conseil pour identifier les opportunités d’investissement dans le tourisme marocain, avec un accent sur la bancabilité des projets, l’emploi, la durabilité et la résilience climatique.
Article : Affaire Maes : l’audience en appel renvoyée au 14 mai 2026 à Tanger
Le dossier du rappeur franco-marocain, condamné en première instance à sept ans de prison ferme, sera de nouveau examiné par la Cour d’appel de Tanger après un renvoi motivé par la convocation de la défense.
Article : CFG Bank : Souad Benbachir quitte ses fonctions de directrice générale déléguée
Administratrice de la banque, Souad Benbachir entend désormais se concentrer sur son rôle au sein du conseil d’administration et de ses comités, après plus de trente ans de contribution au développement de Casablanca Finance Group, devenu CFG Bank.
Article : Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa
La Cour constitutionnelle sud-africaine a jugé anticonstitutionnelle la décision du Parlement de bloquer une enquête parlementaire sur le scandale dit du “Farmgate”, lié à une importante somme en devises volée dans la ferme privée du président Cyril Ramaphosa.
Article : Télécoms : Dominion renforce ses capacités au Maroc après l’intégration de Verne
Le groupe espagnol de services et de projets affirme que l’intégration de Verne consolide ses activités télécoms en Espagne et au Maroc, dans un contexte de recentrage sur les métiers récurrents et à plus forte valeur ajoutée.