Budget 2026. D’où vient l’argent, où va-t-il, et comment l’équilibre est assuré (Infographie)
D’après les documents du PLF 2026, l’État mobilise un budget global de 761,3 MMDH. Les recettes atteignent 712,6 MMDH, tandis que le besoin de financement s’élève à 48,7 MMDH. Cependant, il est important de se demander d’où vient cet argent et comment l’État prévoit de le dépenser. Détails.
En 2026, l’État prévoit 761,3 MMDH de charges totales, contre 712,6 MMDH de ressources totales. Les charges se décomposent entre le budget général (hors amortissements de la dette publique à moyen et long termes), les SEGMA, les CST et les amortissements de la dette.
Les ressources agrègent les recettes ordinaires du budget général, les recettes des SEGMA, les ressources des CST et les recettes des emprunts du Trésor à moyen et long termes.
L’écart entre les charges et les ressources fait apparaître un solde "hors emprunts et amortissements" de -107,6 MMDH et un besoin résiduel de financement de 48,7 MMDH.
D’où vient l’argent : les recettes
Les ressources de l’État se composent des recettes du budget général, hors produits des emprunts à moyen et long termes, auxquelles s’ajoutent les recettes des SEGMA et des Comptes spéciaux du Trésor, ainsi que les emprunts du Trésor à moyen et long termes.
Voici le détail :
Les recettes ordinaires du budget général atteignent 421,3 MMDH, en hausse de 14,2% par rapport à 2025. Composées de recettes fiscales et non fiscales, elles représentent la principale source de financement de l’État.
Dans le détail fiscal, les impôts directs et taxes assimilées totalisent 165,7 MMDH, principalement constitués de l’IS et de l’IR. Les impôts indirects s’élèvent à 167,9 MMDH. Les droits de douane représentent 18,2 MMDH, tandis que les droits d’enregistrement et de timbre atteignent 24,3 MMDH.
Pour les recettes non fiscales, on compte 27,5 MMDH provenant des monopoles, exploitations et participations publiques, 6 MMDH issus des cessions de participations de l’État, 1,5 MMDH de dons et legs, et 9,6 MMDH de recettes diverses.
À cela s’ajoutent 2 MMDH de recettes des SEGMA et 166,2 MMDH de ressources des CST, principalement constituées de comptes d’affectation spéciale et de comptes sur dotations.
Les emprunts à moyen et long termes s’élèvent à 123 MMDH, répartis entre 63 MMDH d’emprunts intérieurs et 60 MMDH d’emprunts extérieurs.
Comptablement, il ne s’agit pas de revenus mais de ressources de financement, destinées à couvrir le déficit et à rembourser les échéances de la dette.
Où va l’argent : les charges
S’agissant des charges, elles se répartissent comme suit :
Le budget général hors amortissements atteint 527,7 MMDH. Il se répartit en :
- Dépenses de fonctionnement : 347,5 MMDH ;
- Dépenses d’investissement : 136,1 MMDH ;
- Intérêts/commissions de la dette : 44,1 MMDH.
Les SEGMA engagent 2 MMDH de dépenses, dont 257 MDH consacrés à l’investissement. Les Comptes spéciaux du Trésor concentrent, pour leur part, 167,5 MMDH de charges en 2026.
Les amortissements de la dette atteignent 64,2 MMDH, répartis entre 48,3 MMDH pour la dette intérieure et 15,9 MMDH pour la dette extérieure.
L’investissement public
Au-delà du budget général, l’État mobilise un volume global d’investissement public de 380 MMDH. Il se répartit entre 179,7 MMDH pour les Établissements et Entreprises publics, 132,8 MMDH pour le bloc État-CST-SEGMA, 45 MMDH pour le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et 22,5 MMDH pour les Collectivités territoriales.
Cet ensemble est consolidé, c'est-à-dire qu'il regroupe plusieurs sources de financement budgétaires, sans double comptage.
Une partie des 380 MMDH transite par le budget général, tandis que le reste est financé directement par les Établissements et Entreprises publics, le Fonds Mohammed VI et les Collectivités territoriales.
Les 380 MMDH correspondent à une programmation indicative. Le montant réellement exécuté varie selon l’avancement des projets et le rythme de décaissement.
Ce qu’il faut retenir, c’est que seul l’investissement du budget général est intégré dans les dépenses et donc dans le solde budgétaire, tandis que les investissements des EEP, du Fonds Mohammed VI et des Collectivités territoriales relèvent d’autres périmètres financiers. Ils ne creusent pas le déficit budgétaire de l’État, mais pèsent sur l’endettement global du secteur public.
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