img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

Fraude dans un contrat d’importation de panneaux solaires chinois au Maroc

Un contrat conclu par le ministère de la Transition énergétique avec une société chinoise est soupçonné de surévaluation des coûts et de non-conformité, selon l’Observatoire marocain de protection du consommateur et l'ancien directeur général de l’ONE, Younes Maâmar.

Fraude dans un contrat d’importation de panneaux solaires chinois au Maroc
Par
Le 3 octobre 2025 à 17h34 | Modifié 3 octobre 2025 à 18h00

Un contrat conclu entre le ministère de la Transition énergétique et une société chinoise spécialisée dans la fabrication et l’exportation de modules photovoltaïques, inscrit dans le cadre de la "Stratégie nationale de la transition énergétique" et doté d’un budget de plusieurs centaines de millions de dirhams, a attiré l’attention en raison de soupçons d’arnaques et de surévaluation des coûts.

L’Observatoire marocain de protection du consommateur (OMPC) a dénoncé un gaspillage considérable des deniers publics. Parallèlement, Younes Maâmar, ancien directeur général de l’ONE, a alerté sur une fraude présumée : les panneaux solaires, présentés avec une certaine puissance dans les fiches techniques et documents officiels, délivreraient en réalité jusqu’à 25% de moins que les valeurs annoncées.

Des irrégularités et des soupçons de détournement des fonds publics pointés dans le contrat

Contacté par nos soins, le président de l’OMPC, Hassan Aït Ali, est revenu sur des dérives qu’il a qualifiées "d’inquiétantes", touchant plusieurs volets : financier, qualitatif, institutionnel, social et stratégique.

Il a indiqué que "des soupçons graves de surévaluation des coûts d’acquisition laissent entrevoir un gaspillage considérable des deniers publics, estimé à plusieurs milliards de centimes", tandis que "certains lots importés ne répondent même pas aux standards internationaux de durabilité et d’efficacité énergétique, compromettant ainsi la rentabilité attendue des projets solaires".

Hassan Aït Ali a également dénoncé "l’opacité qui a entouré la passation de ce marché, en dépit des exigences de transparence et de bonne gouvernance que notre pays s’efforce de promouvoir". Il a souligné que "ces dysfonctionnements risquent de fragiliser la confiance des citoyens dans les politiques publiques, tout en portant atteinte à l’image de l’économie verte que le Maroc cherche à bâtir sur la scène internationale".

L’Observatoire appelle à "encourager davantage la production locale de panneaux solaires via des partenariats public-privé, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers", tout en réclamant "un audit indépendant, exhaustif et transparent de ce contrat, incluant l’examen des conditions d’attribution, des prix appliqués et de la qualité des équipements livrés".

Younes Maâmar : "L’arnaque aux panneaux solaires entraîne un manque à gagner annuel de plus de 400 millions de dirhams"

Younes Maâmar, ancien directeur général de l’Office national de l’électricité (ONE), a lancé sur son compte LinkedIn un appel aux autorités concernant une fraude de grande ampleur liée à l’importation de panneaux solaires chinois. Il affirme que les capacités mentionnées dans les fiches techniques et documents officiels sont surestimées, les performances réelles étant inférieures d’environ 25%.

Entre juillet 2024 et juin 2025, le Maroc a importé une capacité de 1.000 mégawatts de panneaux solaires en provenance de Chine. Selon les estimations de Younes Maâmar, près de 250 mégawatts de cette capacité n’auraient pas été effectivement livrés, ce qui représenterait un manque à gagner annuel supérieur à 400 millions de dirhams.

L’ancien directeur de l’ONE met en cause les fabricants chinois ainsi que les distributeurs marocains, qu’il accuse d’être impliqués dans une fraude organisée. Selon lui, cette situation pénalise directement les consommateurs et l’État, particulièrement dans le cadre des marchés publics, mettant en lumière l’absence de dispositifs de contrôle et de reddition de comptes.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 3 octobre 2025 à 17h34

à lire aussi

Le Maroc et l’UE lancent un programme de 3,7 milliards de DH pour la politique nationale de l’eau
Quoi de neuf

Article : Le Maroc et l’UE lancent un programme de 3,7 milliards de DH pour la politique nationale de l’eau

L’enveloppe combine 48 millions d’euros de subventions européennes et 300 millions d’euros de prêts concessionnels mobilisés auprès de la KfW, de la CDP italienne et de l’AFD, avec un appui ciblé sur les sécheresses, les inondations et la préservation des eaux souterraines.

Mafoder lance une nouvelle filiale à Dakhla
BUSINESS

Article : Mafoder lance une nouvelle filiale à Dakhla

Le groupe porté par Ibrahim Slaoui accélère son développement en s’implantant à Dakhla.

Médicaments : derrière la réforme des AMM, la bataille des délais et des prix
Santé

Article : Médicaments : derrière la réforme des AMM, la bataille des délais et des prix

Le Parlement a commencé à examiner l’une des réformes les plus sensibles du secteur pharmaceutique. Adopté le lundi 1er juin 2026 en commission, le projet de loi 27.26 est présenté par le gouvernement comme une mise à niveau urgente, mais plusieurs parlementaires y voient une réponse encore trop partielle aux blocages du secteur. Au centre du débat, les AMM, ces autorisations techniques dont les retards peuvent peser directement sur la concurrence et le portefeuille des patients. Explications.

Mineures de Kariat Ba Mohamed : la FLDF veut se constituer partie civile
Quoi de neuf

Article : Mineures de Kariat Ba Mohamed : la FLDF veut se constituer partie civile

L’organisation féministe réclame une prise en charge psychologique, sociale et médicale des victimes présumées et appelle à la création d’un comité d’avocats pour suivre la procédure ouverte après plusieurs interpellations.

Bourse de Casablanca. Le MASI décroche de 1,8%, plombé par le repli des valeurs minières
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI décroche de 1,8%, plombé par le repli des valeurs minières

La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 2 juin 2026 dans le rouge. Le MASI a perdu 1,79%, pénalisé notamment par le repli des valeurs minières. La capitalisation boursière est revenue à 1.082,6 milliards de dirhams, tandis que les échanges ont atteint 334,3 MDH.

Comarit : douze ans après la faillite, les biens de feu Abdelali Abdelmoula toujours dans le viseur
DROIT

Article : Comarit : douze ans après la faillite, les biens de feu Abdelali Abdelmoula toujours dans le viseur

Plus de deux ans après le décès du fondateur de la Comarit, le juge-commissaire poursuit les opérations de réalisation de son patrimoine. Depuis mars 2026, plusieurs biens immobiliers situés à Tanger font l'objet de nouvelles expertises en vue de leur vente. Une énième séquence d'une procédure ouverte en 2014 et qui continue de mobiliser des créanciers représentant plusieurs centaines de millions de dirhams.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité