Mineures de Kariat Ba Mohamed : la FLDF veut se constituer partie civile
L’organisation féministe réclame une prise en charge psychologique, sociale et médicale des victimes présumées et appelle à la création d’un comité d’avocats pour suivre la procédure ouverte après plusieurs interpellations.
La Fédération de la ligue des droits des femmes (FLDF) entend se constituer partie civile dans l’affaire de Kariat Ba Mohamed, dans la province de Taounate, où une enquête a conduit à plusieurs interpellations dans un dossier présumé d’exploitation sexuelle et de traite de mineures.
L’organisation affirme vouloir défendre les droits des victimes présumées et veiller au bon déroulement de la procédure judiciaire, dans une affaire qui a suscité une forte émotion locale avant de prendre une dimension nationale.
Selon les premiers éléments rapportés, le dossier a été ouvert après la découverte, sur le téléphone portable d’une collégienne, de contenus à caractère sexuel. L’établissement scolaire a alors alerté les autorités, avant que les investigations ne s’élargissent à d’autres victimes présumées et à plusieurs suspects.
Pour la FLDF, les faits évoqués appellent une réponse judiciaire ferme, compte tenu de la minorité des victimes présumées, de la pluralité des auteurs suspectés et de l’exploitation possible d’une situation de vulnérabilité. La FLDF estime que ces circonstances justifient l’application des peines les plus sévères prévues par la loi, si les faits sont établis.
L’organisation insiste également sur la nécessité de préserver l’indépendance de la procédure, alors que des noms de personnes influentes ou connues localement ont circulé autour de cette affaire. Elle appelle à éviter toute pression ou tentative d’étouffement du dossier et à établir l’ensemble des responsabilités.
Dans cette perspective, la FLDF lance un appel aux avocates et avocats engagés dans la défense des droits humains, en particulier ceux du barreau de Fès ainsi que des autres barreaux du Royaume, afin de rejoindre un comité de défense et de solidarité en cours de constitution. Ce comité aura pour mission d’assurer un suivi judiciaire à toutes les étapes de l’instruction et du procès.
Au-delà du volet judiciaire, la FLDF réclame une prise en charge immédiate, gratuite et spécialisée des victimes présumées, sur les plans psychologique, social et médical. Elle demande également l’activation des mécanismes d’assistance judiciaire et la protection stricte de l’identité des mineures concernées, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, afin de les prémunir contre toute forme de stigmatisation ou de diffamation.
Par ailleurs, la FLDF appelle au renforcement des contrôles sécuritaires et numériques dans les lieux susceptibles d’être utilisés pour l’exploitation des mineures. Elle invite également les départements gouvernementaux concernés à renforcer les mécanismes de vigilance dans les établissements scolaires et les foyers destinés aux étudiantes en milieu rural, tout en développant des alternatives favorisant l’autonomisation économique des jeunes filles.
Pour la FLDF, cette affaire met en lumière la vulnérabilité particulière d’adolescentes vivant dans des territoires ruraux ou semi-ruraux, où peuvent se croiser précarité sociale, emprise, silence familial et faiblesse des dispositifs de protection.
La FLDF réaffirme enfin que la protection de la dignité et de la sécurité des filles constitue un indicateur essentiel de l’État de droit et appelle l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs à se mobiliser pour lutter contre l’impunité dans les affaires de traite des êtres humains.
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