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SOCIETE

Cannabis licite : une nouvelle dynamique de développement à Chefchaouen et Al Hoceima

Élargissement de la superficie cultivée, hausse du nombre d'agriculteurs engagés, mise en place d'unités de transformation et de valorisation... Les provinces d’Al Hoceima et de Chefchaouen vivent au rythme d’une dynamique remarquable dans le cadre de la mise en œuvre de la loi n° 13-21 relative aux usages licites du cannabis à des fins médicales et industrielles.

Cannabis licite : une nouvelle dynamique de développement dans les provinces de Chefchaouen et d’Al Hoceima
Cannabis licite : une nouvelle dynamique de développement dans les provinces de Chefchaouen et d’Al Hoceima. Ph. Médias24
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Le 30 septembre 2025 à 16h31 | Modifié 30 septembre 2025 à 17h42

Au-delà de la régulation d’une culture traditionnelle dans la région, il s’agit désormais de développer, avec l’accompagnement de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC), une filière intégrée couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : culture, production, transformation, commercialisation et exportation. Cette orientation témoigne de l’émergence d’un nouveau levier économique et social au service du développement local.

Plusieurs pépinières spécialisées et unités de séchage ont été créées, parallèlement au lancement de projets de transformation et de production, avec pour objectif de consolider la chaîne de valeur et d’améliorer la rentabilité de cette activité. Ces initiatives visent également à dynamiser l’économie locale et à intégrer la région dans un marché prometteur, tant au niveau national qu'international.

Dans une déclaration à la MAP, le président de la coopérative "Bousmada" dans la commune de Rouadi, Fouad Benali, a souligné que "la légalisation du cannabis a incité onze agriculteurs à rejoindre la coopérative, qui cultive des semences conformes aux normes internationales requises pour la commercialisation et l’exportation", précisant que cette opération est suivie de près par l’entreprise destinataire de la production, en pleine conformité avec les dispositions légales en vigueur.

Se félicitant de pouvoir exercer cette activité dans un cadre légal, Fouad Benali a indiqué que les agriculteurs peuvent désormais contribuer sereinement au développement de l’économie sociale régionale, dans le respect des normes internationales.

L’adhésion croissante des agriculteurs s’est traduite par une expansion significative des superficies cultivées, atteignant 1.359 hectares en 2025, contre 459 ha l’année précédente. Le nombre d’agriculteurs engagés a également augmenté, passant à 1.504 répartis au sein de 148 coopératives, contre 460 regroupés en 61 coopératives un an plus tôt.

De son côté, Abdelmonem Bellatiq, responsable technique au sein de la société Navitas Group, a déclaré qu’il accompagne les agriculteurs durant toutes les étapes, sous la supervision d’ingénieurs, afin de garantir un rendement conforme aux bonnes pratiques agricoles et de récolte (BPAR).

Après la récolte, le produit est séché puis transformé en fonction de sa destination médicale, cosmétique ou alimentaire, a-t-il poursuivi, précisant que chaque lot doit répondre à des normes strictes, notamment en matière d’absence de bactéries et de toxines, avant d’être stocké et acheminé vers les usages autorisés.

Afin de diversifier la production, les promoteurs chargés de la régulation de la filière ont varié les semences : 1.289 ha ont ainsi été consacrés à la variété locale "Beldia", contre 70 ha pour des variétés importées, a-t-il noté.

Pour sa part, Younes Chaouane, responsable de Medicannab Taskit, une association fondée dans le cadre de la légalisation de cette activité à Ketama, a salué les efforts déployés pour offrir des conditions de travail favorables aux agriculteurs, précisant que la coopérative dispose déjà d’une unité de séchage et d’un terrain destiné à la construction d’une usine de transformation du cannabis à des fins médicales et industrielles.

Par ailleurs, Mohamed Khamlichi, gestionnaire de la coopérative Hanout Bio dans le douar Hanout (commune de Moulay Ahmed Cherif), a fait état de progrès notables dès la deuxième année d’activité, notamment grâce à l’accompagnement technique et à l’adoption de méthodes innovantes, faisant savoir que sa coopérative a également obtenu une certification de qualité.

Selon lui, cette filière représente un véritable levier de développement, favorisant l’investissement et la valorisation des produits locaux.

Dans cette dynamique, la province d’Al Hoceima s’apprête à accueillir sa première unité de transformation du cannabis à Mrika (commune de Rouadi), ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’économie locale.

Expansion des cultures et renforcement des unités de transformation à Chefchaouen

L'année 2025 connaît une dynamique soutenue et une forte mobilisation des agriculteurs autour de la filière du cannabis licite dans la province de Chefchaouen, comme en témoignent l'élargissement de la superficie cultivée, la hausse du nombre d'agriculteurs engagés, ainsi que la mise en place d'unités de transformation et de valorisation de cette plante.

En effet, cette culture prometteuse s'est étendue au niveau des zones autorisées, couvrant désormais une superficie totale de 1.347 ha dans la province de Chefchaouen, contre seulement 616 ha l'année dernière, selon des données de la Direction provinciale de l'Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC).

Ces 1.347 ha de cannabis licite dans la province de Chefchaouen, sur environ 4.751 ha à l'échelle nationale, ont été cultivés cette année par 1.435 agriculteurs répartis sur 104 coopératives, soit une croissance significative par rapport à 2024 (616 ha cultivés par 606 agriculteurs répartis sur 54 coopératives).

Cette culture a permis de donner une impulsion au développement de ces zones rurales montagneuses pour une meilleure intégration dans le tissu économique légal et structuré.

Par ailleurs, 1.222 ha sur 1.347 ha plantés cette année à Chefchaouen ont été dédiés à la culture de la variété locale de cannabis dite "Beldia" par 1.220 agriculteurs de la province, répartis sur 68 coopératives, tandis que les 125 ha restants ont été dédiés à la variété importée, cultivée par 215 agriculteurs dans la province répartis sur 36 coopératives.

Cette croissance a permis d’augmenter la production de matière première utilisée dans les activités de transformation du cannabis licite par les coopératives et les unités de transformation agréées, pour la fabrication de plusieurs produits, notamment médicinaux et du terroir.

Dans ce sens, Oussama Gherouss, technicien responsable de la qualité de la production à la coopérative "Bio Cannat", a indiqué que la coopérative dispose d'une unité de transformation dans la commune de Bab Berred. Elle reçoit en effet, depuis trois ans, les récoltes de coopératives agricoles et de production avec lesquelles elle a des contrats.

Il a fait savoir, dans une déclaration à la MAP, que la coopérative, fondée en 2022, a obtenu un agrément de transformation du cannabis délivré par l’ANRAC la même année, notant que son activité principale est la transformation du cannabis licite en une gamme de produits, notamment cosmétiques et compléments alimentaires, qui sont commercialisés à l'échelle nationale.

La transformation du cannabis passe par plusieurs étapes, en commençant par la réception de la récolte, la séparation des graines de la biomasse, puis l'extraction, suivie du processus de purification dans un laboratoire spécialisé, jusqu'à obtention du produit fini, a-t-il expliqué.

Il a, en outre, souligné que la coopérative dispose désormais d'un magasin agréé par les autorités compétentes à Tanger, à travers lequel les produits de l'unité sont exportés vers un certain nombre de pays.

Dans la première phase de développement de la filière du cannabis dans la province de Chefchaouen, des centaines d'agriculteurs ont choisi de bénéficier des opportunités offertes par cette culture licite en rejoignant des coopératives qui assurent une production importante de matière première.

Parmi ces agriculteurs, figure Abdesslam Amraji, président de la coopérative “Mazarii Amdghous” à Douar Khzana dans la commune de Bab Taza, qui a commencé à cultiver et à produire le cannabis légal en 2023 avec l’accompagnement de l’ANRAC, en utilisant des variétés importées.

Selon cet agriculteur, le succès de l'intégration de cette filière dans le tissu agricole local a encouragé d'autres agriculteurs à rejoindre la coopérative, qui enregistre une hausse de la production et du nombre de ses membres depuis 2023.

Compte tenu du succès de cette opération grâce au suivi et au contrôle de l'ANRAC, une nouvelle coopérative pour la culture de la variété locale “Beldia” a été créée, avec l’adhésion d'un nombre important d'agriculteurs.

Grâce à cette dynamique positive, d'autres coopératives ont déjà commencé à construire de nouvelles unités de valorisation légale qui devraient être opérationnelles dans les prochains mois.

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Le 30 septembre 2025 à 16h31

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