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Guerre de 1967 : quand Gamal Abdel Nasser critiquait l’ingratitude d'Alger

Lors d'un échange avec son homologue mauritanien de l’époque Mokhtar Ould Dadah, Gamal Abdel Nasser revient sur les tensions entre l’Égypte et l’Algérie dans les années 1970. Il y critique la position d’Alger lors de la guerre de 1967.

Gamal Abdel Nasser
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Le 29 septembre 2025 à 17h38 | Modifié 29 septembre 2025 à 17h38

Des enregistrements, datés du 6 septembre 1970 et révélés par la chaîne arabe Al Arabiya, ont dévoilé une discussion entre l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser et son homologue mauritanien de l’époque, Moktar Ould Daddah autour de plusieurs sujets, principalement le conflit arabo-israélien au début des années 1970, ainsi que les relations entre l’Égypte et l’Algérie, et entre l’Égypte et l’Irak.

Au cours de cet échange, Gamal Abdel Nasser a précisé la position du Caire concernant ses relations avec Alger. Il a estimé que "les autorités algériennes s’énervent de la vérité", tout en déplorant certaines initiatives d’Alger qu’il jugeait contraires aux intérêts égyptiens, aussi bien sur le continent africain que dans le monde arabe. Selon lui, "les dirigeants de l’Algérie agissent de mauvaise foi, et ce depuis l’époque d’Ahmed Ben Bella".

Le président égyptien a rappelé que les autorités algériennes avaient refusé, à un moment donné, de fournir à son pays un soutien en pilotes militaires. Il a également expliqué que le retrait des forces algériennes du front, lors de la guerre, avait suivi la décision de l’Égypte et de la Jordanie d’accepter un cessez-le-feu avec Israël — une position vivement critiquée alors par Alger, qui y voyait une trahison de la cause arabe.

L'ancien président égyptien a par ailleurs souligné l’appui considérable apporté par l’Égypte à l’Algérie durant sa guerre d’indépendance. "Nous avons aidé les Algériens dans leur révolution, nous leur avons fourni des armes. Ils ne nous ont pas donné un seul sou, contrairement à l’Arabie saoudite, au Koweït et à la Libye après la conférence de Khartoum", a-t-il déclaré. Évoquant le conflit opposant l’Algérie au Maroc, il a ajouté : "Ils n’avaient pas d’armée. Nous leur avons envoyé tout ce qu’ils ont demandé : avions, chars et parachutes".

Alger et Bagdad, un alignement contre l’Égypte

Le président égyptien a également abordé la rancune du parti Baas irakien à l’égard de l’Égypte, exprimant sa surprise face à l’alignement de l’Algérie sur cette position. "Ce parti est, par nature, contre nous. Il cherche à dominer le monde arabe et considère que nous constituons un obstacle. Il ne nous a jamais apporté son aide", a-t-il déclaré, avant de s’interroger : "Pourquoi l’Algérie s’associe-t-elle à cette démarche ?".

Selon Gamal Abdel Nasser, cette question trouverait sa réponse dans l’aide militaire accordée par l’Égypte à la Libye. Il a rapporté qu’au cours d’une visite à Rabat, le roi Hassan II lui avait confié que Houari Boumédiène exprimait son mécontentement face au déploiement de forces égyptiennes en Libye. Le président algérien considérait alors que cette aide représentait une menace pour la Tunisie, qui se rapprochait de plus en plus des Français et des Américains.

Le coût humain et financier de la guerre de 1967 pour l’Égypte

Gamal Abdel Nasser a expliqué que la décision de l’Égypte de rechercher un cessez-le-feu avec Israël, à l’époque, était motivée par sa position géographique en première ligne du conflit. Selon lui, cette situation exposait le pays à une menace directe et plus élevée que celle pesant sur les autres nations arabes, rappelant que l’Égypte constituait la principale cible des attaques israéliennes, concentrées sur son territoire.

Le raïs a également souligné que les dépenses militaires engagées après la guerre  avaient largement dépassé celles de 1967. "En vérité, nous avons combattu seuls. Aujourd’hui, le budget des forces armées s’élève à 553 millions de livres égyptiennes, contre 167 millions en 1967. Tout ce budget a été englouti, malgré les besoins du développement national", a-t-il déclaré.

Nasser a ajouté que son pays avait dû déplacer 500.000 habitants de la zone du canal de Suez, tandis que les installations stratégiques, notamment les usines de pétrole et d’engrais, avaient été détruites. "Personne ne nous a aidés, nous avons tout assumé en imposant de lourds impôts à notre peuple, sans rien demander à quiconque", a-t-il insisté.

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Le 29 septembre 2025 à 17h38

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