Agriculture et climat : le Maroc réévalue la stratégie Génération Green
Le ministère de l’Agriculture prépare le lancement d’un bilan à mi-parcours de la stratégie Génération Green 2020-2030, afin d’identifier les forces et les faiblesses de sa mise en œuvre après cinq ans, et de proposer une vision renouvelée pour l'accélérer.
La Direction de la stratégie et des statistiques (DSS) du ministère de l’Agriculture a lancé un appel d’offres international pour la réalisation d’une étude de bilan à mi-parcours de la stratégie Génération Green.
Durant les dernières années, l’agriculture a fait face à de nombreux défis, notamment la succession de sept années de sécheresse qui ont compromis la bonne mise en œuvre de la stratégie Génération Green.
D’une grande importance, cette évaluation permettra de déterminer objectivement si la stratégie agricole actuelle est agissante, à un moment où de nombreuses voix estiment qu'elle compromet la durabilité des ressources. À terme, ce bilan devrait faire ressortir les principales imperfections de la stratégie et les retards dans la réalisation des programmes, mais également les réussites, qui permettront d'être plus efficaces.
Avec un coût global de 9,9 millions de dirhams, le département de l’Agriculture entreprend la réalisation d’une évaluation de la stratégie Génération Green. Étant à mi-parcours (2025), cette évaluation permettra d’établir le bilan des réalisations au niveau national et régional pour la période 2020-2025, et de proposer un plan d’accélération de la mise en œuvre pour la période restante (2025-2030).
L’étude sera réalisée à l’échelle nationale et régionale, dans un délai global fixé à 12 mois.
Afin d’assurer un diagnostic efficace, l’étude analysera, région par région et année par année de 2020 à 2025, les impacts précis de la stratégie Génération Green, ainsi que l’évolution de ses principaux axes, notamment la pérennité du développement agricole et l’émergence d’une classe moyenne agricole, en s’appuyant sur un ensemble d’indicateurs relatifs au développement humain.
Concernant le bilan financier, l’évaluation devra quantifier l’évolution des investissements agricoles publics et privés, ainsi que les principaux indicateurs, tels que la sécurité alimentaire, le PIB agricole, l’emploi agricole, les revenus agricoles, le nombre de nouveaux ménages de classe moyenne et le bilan en eau virtuelle.
Un point souvent critiqué concerne l’exportation de produits agricoles nécessitant de grandes quantités d’eau, en contradiction avec les principes d’une agriculture durable.
À cet effet, l’étude devra identifier les besoins en produits agricoles pour les horizons 2025, 2030, 2035, 2040 et 2050. Elle examinera également les besoins du marché national, les pertes et gaspillages actuels, ainsi que leurs tendances, de la production à la consommation. Cette analyse permettra d’établir une évaluation saisonnière de l’offre et de la demande, et d’identifier les opportunités d’exportation.
Sur la base de ce bilan global, le ministère de l’Agriculture dressera une nouvelle image du secteur agricole, cinq ans après la mise en œuvre de la stratégie Génération Green, dans un contexte marqué par l’accentuation des phénomènes climatiques extrêmes à l’horizon 2030 et 2050.
Pour accélérer la mise en œuvre de la stratégie Génération Green, une feuille de route sera élaborée, déclinant des actions de redressement et d’ajustement, fondées sur un diagnostic des filières aux performances insuffisantes.
À long terme, l’étude contribuera à penser une "vision agricole 2050", détaillée par région et par bassin de production. Cette vision s’appuiera sur plusieurs scénarios de développement : un scénario sans soutien ni intervention de l’État, un scénario maximisant la valeur ajoutée et la couverture des besoins en produits alimentaires et agricoles de première nécessité, et un scénario visant un niveau raisonnable de souveraineté alimentaire et agricole pour ces produits.
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