img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
CULTURE

Le tango tisse sa toile au Maroc : une scène jeune, diverse et passionnée

Longtemps confidentielle, la scène du tango argentin au Maroc connaît aujourd’hui un nouvel essor. À Casablanca, Rabat ou Marrakech, une centaine de passionnés se retrouvent chaque semaine pour danser, apprendre et partager. Cette discipline venue d’Argentine trouve peu à peu sa place dans le paysage culturel marocain.

Le tango tisse sa toile au Maroc. 100 à 150 personnes se retrouvent chaque semaine pour danser.
© Casablanca Tango Club
Par
Le 3 août 2025 à 8h28 | Modifié 3 août 2025 à 21h07

Ils sont jeunes ou retraités, célibataires ou en couple, architectes, médecins ou artistes. Chaque semaine, entre 100 et 150 personnes à travers le Maroc se retrouvent pour danser le tango. "C’est une petite communauté, mais engagée, passionnée, et en croissance constante ", explique Samia Eddamanhoury, fondatrice du Casablanca Tango Club et membre de l’Association Marocaine de Tango Argentin (AMTA).

Ce qui distingue cette scène naissante, selon elle, c’est son ouverture et sa diversité. "Notre plus jeune danseur a 20 ans, le plus âgé 75. Il y a un vrai esprit de bienveillance, sans jugement, où chacun apprend à son rythme".

L’un des moments les plus forts pour cette communauté a eu lieu cet été, lors du festival Jazzablanca. Samia Eddamanhoury et Santiago Mués, un maestro argentin, ont ouvert la soirée d'ouverture en dansant sur de la musique live, interprétée par Hindi Zahra. "C’était un moment très émouvant. Pour moi, en tant qu’artiste, c’était une reconnaissance. Et en tant que représentante de cette communauté, c’était symbolique : danser le tango, un art de la connexion, au cœur d’un festival grand public, c’est montrer que cette danse a toute sa place au Maroc".

lors de leur prestation Tango à Jazzablanca festival
© Samia Cardi

Construire une scène Tango 100 % marocaine

Lorsqu’elle parle d’une "scène 100 % marocaine ", Samia fait référence à une dynamique portée par des acteurs locaux : des danseurs, enseignants et organisateurs marocains qui, depuis plus d’une dizaine d’années, font vivre et grandir cette pratique à Casablanca, mais aussi à Rabat, Marrakech ou encore Fès. Le Casablanca Tango Club, qu’elle anime, propose régulièrement des cours, des stages, ainsi que des "milongas ", ces soirées dédiées à la danse libre.

" Il y a encore quelques années, les seuls événements tango étaient ceux organisés ponctuellement avec des intervenants venus d’Europe. Aujourd’hui, il y a une base solide ici, avec une pédagogie locale et une scène qui évolue selon ses propres codes, tout en restant connectée aux standards internationaux".

Une scène discrète, mais ambitieuse

Si cette communauté reste discrète, elle n’en est pas moins structurée. L’Association Marocaine de Tango Argentin (AMTA) œuvre pour faire reconnaître cette discipline, organiser des événements, accueillir des danseurs étrangers, et renforcer les échanges avec les scènes d’autres pays.

"La Turquie, par exemple, est devenue une destination importante pour les passionnés de tango. Est-ce que le Maroc peut suivre cette voie ? C’est possible, à condition de continuer à fédérer, à faire connaître cette culture, et à créer des ponts avec les scènes étrangères".

Le profil des pratiquants, lui aussi, évolue. "Au début, c’était surtout des cadres, des personnes ayant déjà un bagage culturel important. Aujourd’hui, on voit arriver des jeunes curieux, des artistes, des couples en quête d’activités communes, mais aussi des personnes plus âgées qui découvrent une nouvelle forme de lien social".

Des événements marquants et une visibilité croissante

Parmi les événements récents, Samia Eddamanhoury cite notamment les stages organisés avec des maestros étrangers, les collaborations avec des musiciens marocains, ou encore des performances dans des lieux culturels emblématiques. "Chaque événement est une occasion de gagner en visibilité, mais aussi de faire découvrir la richesse de cette danse au public marocain. Le tango, ce n’est pas seulement une danse de salon : c’est une culture, un langage corporel, une manière d’être en lien".

Et la tendance semble favorable. De plus en plus de jeunes s’intéressent au tango à travers les réseaux sociaux, YouTube ou des séries où la danse est mise en valeur. L’ambition, pour les passionnés comme Samia, c'est de faire du Maroc une terre de tango reconnue, ancrée dans ses spécificités, mais résolument ouverte sur le monde.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 3 août 2025 à 8h28

à lire aussi

Au congrès mondial de la CGLU, le Roi appelle à faire des villes un moteur de justice sociale
NATION

Article : Au congrès mondial de la CGLU, le Roi appelle à faire des villes un moteur de justice sociale

Dans un message lu mardi 23 juin à Tanger par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le Souverain a défendu une action publique territoriale fondée sur la proximité, l’équité et l’efficacité, en affirmant que l’accès aux services de base devait être “un droit du citoyen” et non dépendre du lieu de résidence ou du statut social.

Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”
ECONOMIE

Article : Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”

Le deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib de l'année 2026 s'est tenu ce mardi 23 juin, suivi par la traditionnelle conférence de presse du Gouverneur. Voici l'essentiel des réponses de Abdellatif Jouarhri aux questions des journalistes.

Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains
Communication d'entreprise

Article : Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains

Les 18 et 19 juin 2026, le Club Afrique Développement et Attijari bank Mauritanie ont réuni près de 300 acteurs économiques et institutionnels venus notamment du Maroc, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, d’Égypte, des États-Unis et d’Europe. Mines, énergie, pêche, agro-industrie, BTP... La 46e mission multisectorielle du groupe a mis en avant les secteurs appelés à porter l’industrialisation du pays, avec un mémorandum signé pour accompagner les micro, petites et moyennes entreprises.

ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc
Energie

Article : ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc

Le changement peut sembler administratif. Il est en réalité hautement stratégique. En devenant ONHYM-SA, l’Office obtient une marge de manœuvre nouvelle pour porter des actifs, investir au Maroc comme à l’étranger et s’impliquer davantage dans la création de valeur, à un moment où le Royaume prépare les prochaines étapes du gazoduc Afrique-Atlantique et la structuration de son marché gazier.

ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente
BUSINESS

Article : ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente

Sonia Mezzour a été élue présidente de l’ASMEX, à l’issue de l'assemblée générale élective tenue ce mardi 23 juin à Casablanca. Elle succède à Hassan Sentissi El Idrissi, qui dirigeait la Confédération marocaine des exportateurs depuis 2013.

Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?
Santé

Article : Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?

Depuis décembre 2022, les instances ordinales vivent sous mandat expiré, tandis que les médecins privés contestent des négociations menées en leur nom sur l’AMO, les tarifs et leur place dans les futurs groupements sanitaires territoriaux. Le texte attendu le jeudi 25 juin pourrait ouvrir une sortie de crise pour quelque 17.000 praticiens, dans un secteur qui affirme assurer 67% de l’offre de soins. Détails.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité