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Sahara, eau, football : trois exemples pour comprendre la transformation du Maroc

Le Royaume avance à grands pas, porté par une vision stratégique et l’échéance 2030. Mais, comme l’a souligné le Roi dans le discours du Trône, le principal défi reste de garantir un développement qui profite à tous les territoires et à toutes les franges de la population.

Sahara, eau, football : trois exemples pour comprendre la transformation du Maroc
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Le 30 juillet 2025 à 17h37 | Modifié 30 juillet 2025 à 17h56

La transformation du Maroc est indéniable. Les priorités peuvent faire l’objet de débats, et bien sûr plusieurs défis restent à relever, mais  une dynamique de progrès est bien à l’œuvre. Même si le chemin est parfois semé d’embûches, la trajectoire reste résolument tournée vers l’avenir.

Dans le discours du Trône 2025, le Roi Mohammed VI en a fait le constat avec des mots justes et précis. Le Souverain a listé toutes les réalisations accomplies par notre pays grâce à une vision à long terme et à la pertinence des choix majeurs opérés en matière de développement, ayant permis de réduire la pauvreté et d’améliorer les indicateurs de développement humain.

Mais il trouve regrettable que "certaines zones, surtout en milieu rural, endurent encore des formes de pauvreté et de précarité, du fait du manque d’infrastructures et d’équipements de base".

"De fait, il n’y a de place, ni aujourd’hui, ni demain, pour un Maroc avançant à deux vitesses", indique le Souverain qui a appelé le gouvernement à penser et concevoir une nouvelle génération de programmes de développement territorial.

D’une année à l’autre, le Royaume enregistre des avancées dans de nombreux secteurs et sur plusieurs dossiers structurants, mais ce progrès ne profite pas à tous. C’est ici que réside donc le principal défi du Maroc pour les prochaines années : garantir un développement inclusif et équitablement réparti sur le territoire. Un défi de taille.

Les chantiers et projets en cours ou programmés sur les cinq prochaines années, avec comme catalyseur l’organisation de la Coupe du monde 2030, promettent de propulser le Maroc vers un nouveau cap de développement.

En attendant de voir les fruits des projets futurs, Médias24 propose à l’occasion de la fête du Trône un focus sur trois thématiques. De notre point de vue, ce sont des exemples pour comprendre la transformation du Maroc, ayant marqué l’actualité de l’année écoulée, et les évolutions à leur sujet sont significatives.

En haut de la liste, la cause nationale, avec les développements diplomatiques autour du dossier du Sahara. Ensuite, la question de l’eau, enjeu critique face auquel des efforts considérables ont été engagés, permettant au Maroc d’éviter une situation bien plus difficile.

Enfin, le football, entre l’organisation du Mondial et de la CAN, et une révolution silencieuse en matière de formation.

Sahara marocain, une dynamique favorable sans précédent

Parmi les évolutions les plus marquantes de l’année écoulée figure la consolidation du soutien international à la cause nationale. En juillet 2024, la France rejoint les États-Unis et l’Espagne en soutenant et en confirmant la souveraineté du Maroc sur son Sahara.

Une reconnaissance considérée comme un tournant décisif, car elle accroît et élargit le cercle de l’acceptation internationale de cette souveraineté. Quelques semaines plus tard, au parlement marocain, Emmanuel Macron résume la nouvelle position française : “Le présent et l'avenir du Sahara s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine”.

Si la reconnaissance de la France est une étape majeure, la dynamique de la reconnaissance de la souveraineté marocaine et du plan d’autonomie comme la seule solution à ce différend artificiel, connait une évolution positive constante.

Les clés essentielles pour comprendre cette dynamique ont été fournies par le Souverain lors de son discours du 11 octobre 2024, à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire.

Convenons que seule une cause légitime et juste peut connaître une telle dynamique vertueuse et durable. Cette dernière se nourrit de chaque nouvelle victoire.

Par quoi s’explique-t-elle ? Par un changement profond de doctrine, initié par le Roi dès son accession au Trône. Le Maroc est passé d’une posture réactive à une stratégie fondée sur l’anticipation, la prise d’initiative et la constance dans l’action. Cette vision a ainsi contribué à élargir le cercle des soutiens explicites.

L’un des derniers pays en date à faire évoluer sa position favorablement est le Portugal. Il qualifie le plan marocain de "la base la plus sérieuse, crédible et constructive" et exprime son plein soutien. Sur les dernières semaines, le Ghana, la Gambie, la Croatie, la Moldavie, la Macédoine du Nord, l’Estonie, la Slovénie ou encore la Hongrie se sont exprimés en faveur de la position marocaine.

En parallèle, l’intégration du Sahara dans les politiques nationales de développement, à travers des projets structurants d’envergure continentale, conforte la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud. Enfin, la mobilisation collective des institutions, des forces vives de la Nation, de la diplomatie officielle et parlementaire ainsi que des Marocains du monde et des habitants du Sahara, permet de consolider le tout.

Les résultats sont aujourd’hui visibles. Plus de 85% de la communauté internationale ne reconnait pas le Polisario. Au moins 116 pays dans le monde soutiennent l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine, dont près des trois quarts des pays africains.

Barrages-eau : une accélération depuis le début des années 2000

Que serait la situation du Maroc aujourd’hui, en stress hydrique grave et sécheresse persistante, sans la politique des barrages ? Pour beaucoup, la situation est actuellement difficile car l’eau n’est pas disponible en quantité suffisante pour couvrir les différents besoins du pays, notamment pour l’agriculture.

Avec le recul, il apparaît clairement que la situation aurait pu être bien plus critique sans la vision anticipatrice du Roi Hassan II, initiateur de la politique des barrages, et surtout sans l’impulsion décisive apportée par le Roi Mohammed VI.

Depuis le début des années 2000, le Maroc a considérablement intensifié la construction de barrages, avec 62 ouvrages réalisés, portant la capacité nationale de stockage à plus de 6,35 milliards de mètres cubes. Un des exemples emblématiques de cette vision reste la surélévation du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, décidée dès 2007.

Cette accélération sans précédent a renforcé la résilience du pays face aux défis croissants du changement climatique et à la pression démographique. D’autres projets de grands barrages sont en cours de planification pour consolider cet effort stratégique.

Les chiffres l'attestent :

  • 62 barrages construits depuis 1999, portant la capacité de stockage à plus de 20 milliards de m³ (contre 6,35 au début du règne).
  • 16 grands barrages sont actuellement en chantier, répartis sur tout le territoire.
  • Certains projets, comme Rhiss, Sidi Abbou et Koudiat Borna, ont atteint plus de 90% d’avancement, tandis que d’autres, comme Ribat El Kheir, en sont aux premières étapes.
  • Trois barrages moyens sont également en construction : Tassa Wirgane (El Haouz), Msalit (Tata) et Ain Ksob (Benslimane).
  • 38 petits barrages sont en cours, avec plus de 150 autres programmés.
  • À terme, le Royaume comptera plus de 170 barrages, avec une capacité globale de 29 milliards de m³.
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Le Programme d’urgence d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 est doté de 115 MMDH incluant les constructions de barrages, les mesures d’urgence pour assurer l’approvisionnement en eau potable, le dessalement de l’eau et la mobilisation des eaux non conventionnelles, …

Sahara, eau, football : trois exemples pour comprendre la transformation du Maroc

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L’un des projets ambitieux et importants, en cours de réalisation, est l’autoroute de l’eau. Cela répond à la logique d’interconnexion entre différents bassins et barrages, permettant ainsi de transférer les excédents de certaines régions vers celles qui enregistrent un déficit.

Il consiste à interconnecter les bassins du Laou, du Loukkos et du Sebou et à transférer l’eau vers le barrage Al Massira, dont les ressources sont très faibles, en passant par le bassin du Bouregreg.

"Ce projet de transfert Nord-Sud", explique la Direction des aménagements hydrauliques dans les documents de ce marché, "vise à valoriser les volumes d’eau actuellement perdus en mer dans le nord du pays et à renforcer la solidarité inter-bassins, en améliorant ainsi la flexibilité et la résilience du système hydraulique national".

À terme, le projet de transfert Nord-Sud permettra la mobilisation et l’exploitation de près d’un milliard de m3 d’eau, garantissant ainsi une répartition spatiale plus équilibrée des ressources hydriques à l’échelle nationale.

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Football. Du sport au développement, la révolution silencieuse du foot marocain

Le 11 décembre 2024, la FIFA a officiellement attribué l’organisation de la Coupe du Monde 2030 au trio Maroc–Portugal–Espagne, lors de son congrès. Bien que cette désignation ait été attendue, le dossier étant le seul en lice, elle vient consacrer les efforts déjà engagés par le Maroc en amont, tout en donnant une impulsion décisive aux chantiers encore en attente de lancement.

Médias24 recense au moins 400 MMDH d’investissements prévus à l'horizon 2030, à partir des données officielles disponibles. Certains sont directement liés au Mondial, d’autres, inscrits de longue date dans les plans nationaux, bénéficient aujourd’hui d’une nette accélération sous l’effet de la dynamique enclenchée par les préparatifs. Il s’agit d’un chiffrage indicatif, susceptible d’évoluer à mesure que de nouveaux éléments seront rendus publics.

Ces investissements couvrent un large spectre de projets structurants, dont une partie est directement liée à l’organisation de l’événement, notamment les infrastructures sportives et les axes de transport. Le programme de mise à niveau des stades représente à lui seul près de 30 milliards de dirhams, incluant la construction du Grand Stade de Benslimane (5 MMDH), la réhabilitation de six enceintes existantes (9,5 MMDH) et une enveloppe complémentaire destinée à assurer leur conformité avec les standards de la FIFA. Une deuxième phase, postérieure à la CAN 2025, prévoit un effort supplémentaire de 10 MMDH.

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Parallèlement, plusieurs projets autoroutiers ont été lancés pour améliorer l’accessibilité des sites : la nouvelle autoroute Rabat–Casablanca (6,5 MMDH), l’axe Tit Mellil–Berrechid (2,5 MMDH), ainsi que divers aménagements autour de Benslimane et dans l’aire casablancaise, pour un total avoisinant les 11 milliards de dirhams.

Au-delà de ces projets strictement liés à la Coupe du monde, l’événement agit comme un catalyseur pour accélérer la mise en œuvre de programmes de développement déjà inscrits dans les feuilles de route nationales. C’est le cas du plan ferroviaire 2025-2030 (96 MMDH), du programme de renforcement de la flotte aérienne nationale (28 MMDH), du développement aéroportuaire (35 MMDH également), ou encore du plan d’investissement touristique, estimé à 4,7 milliards d’euros, visant notamment à accroître de 25 % la capacité d’hébergement du pays.

Sur la connectivité, le développement de la 5G, seul, nécessitera un investissement de 80 MMDH de la part des opérateurs télécoms sur les dix prochaines années.

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Toutefois, quand on évoque le football, ce n'est pas seulement l'organisation du Mondial dont il est question. En parallèle, un chantier silencieux mais structurant avance à grands pas. Celui de la professionnalisation du football marocain, de la formation aux championnats.

Les résultats sportifs réalisés par les différentes équipes nationales sont le meilleur indicateur du travail engagé il y a plusieurs années. La réforme du football marocain, entamée en 2009 par le lancement de l'Académie Mohammed VI de football, s'est accélérée à partir de 2014, à l'arrivée de Fouzi Lekjaa à la tête de la FRMF. Aujourd'hui, les trois piliers de cette réforme sont en place : gouvernance, formation et infrastructure.

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La question est : comment rendre cela durable ? La réponse de la FRMF est de miser sur le capital humain et donc la formation des jeunes. Avoir une pépinière de talents formés et nourris de la culture de l'excellence qui alimentera en même temps les équipes locales et nationales.

Depuis octobre 2024, un tournant stratégique a été amorcé sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. Plus de 1.200 jeunes bénéficient désormais d’un modèle sport-études exigeant, avec un régime d’internat et d’externat. Aligné sur les standards internationaux, ce programme de formation repose sur une progression structurée selon des cycles clairs, un accompagnement individualisé, une évaluation continue et un développement équilibré des dimensions technique, tactique, physique et mentale. Une approche complétée par une alimentation adaptée aux besoins des jeunes athlètes, un suivi scolaire garantissant un équilibre entre études et sport, ainsi qu’un encadrement de qualité assuré par des éducateurs hautement qualifiés.

La gestion opérationnelle des centres de formation est, quant à elle, assurée par Evosport. Filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), Evosport puise dans un fonds de formation cofinancé par la FRMF, le groupe OCP et plusieurs partenaires privés, afin de diriger les onze centres de formation de clubs professionnels qui ont déjà adhéré au programme.

Ces nouveaux centres de formation sont sur les rails avec pour objectif de dupliquer partiellement les résultats de l'Académie Mohammed VI que le Souverain a mise en place depuis 16 ans. Peut-être que, parmi ces jeunes en formation, certains joueront la Coupe du monde 2030

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Le 30 juillet 2025 à 17h37

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