Gaz naturel. Sound Energy réaffirme la mise en production de Tendrara au quatrième trimestre de 2025
Parallèlement à ses nouveaux projets, Sound Energy a fait le point sur l’avancement de ses projets gaziers, notamment celui de Tendrara, qui entrera en production avant fin 2025.
Les travaux sur le champ de Tendrara avancent à un rythme soutenu en vue d'une mise en production prochaine durant le quatrième trimestre 2025. Sound Energy, qui conserve une participation de 20 % dans ce champ, a indiqué que toutes les dispositions sont prises pour une production imminente de gaz naturel.
Cette annonce intervient en marge de l'assemblée générale de Sound Energy, qui s'est tenue le mardi 17 juin 2025. Cette assemblée a également été l'occasion de présenter la nouvelle stratégie de l'entreprise, concrétisant la création de deux co-entreprises, dont une avec Gaia Energy qui promet une monétisation rapide dès 2026.
Lors de son assemblée, Sound Energy a également évoqué la possibilité d'une double cotation aux bourses de Londres et de Casablanca, mais ce projet est actuellement suspendu en l’absence temporaire de revenus. Selon Sound Energy, ce projet est maintenu en raison de la faible attractivité actuelle du marché d’investissement alternatif londonien (AIM) et, à Casablanca, les contraintes des changes compliquent l'investissement des actionnaires marocains ne disposant pas de comptes bancaires internationaux.
L'état d'avancement de la mise en service du champ de Tendrara
Sous la coordination de Mana Energy, les deux puits sont opérationnels pour la production. De récentes opérations de nettoyage ont démontré qu'ils produisent exclusivement du gaz sec, exempt d'eau, de liquides ou de solides.

Ces deux puits sont destinés à produire et livrer 10 millions de pieds cubes par jour (283.168 mètres cubes) de gaz commercialisable dès la pleine mise en service de l'usine.
L'avancement des travaux de construction est important, le réservoir de GNL étant pratiquement achevé. La micro-unité de liquéfaction représente l'élément restant, alors que le nouveau contrat signé avec Italfluid prévoit des indemnités de retard en cas de non-respect de son calendrier de livraison.

Avec pratiquement tout l'équipement sur place, Graham Lyon a indiqué que la mise en service de la micro-unité est prévue vers août, menant à une mise en production durant le quatrième trimestre de l'année 2025.
Pour la deuxième phase du projet, visant la production de gaz pour l'électricité, l'actualisation de l'étude FEED (Front-End Engineering Design) et les négociations du contrat EPC (Ingénierie, Approvisionnement et Construction) pour la construction d'un pipeline qui se connectera au gazoduc Maghreb-Europe sont en cours et ne prennent aucun retard. Elles devraient être finalisées au plus tard d'ici la fin de l'année.
Le forage des deux puits est en attente d’approbation institutionnelle
La reprise imminente des forages d'exploration de gaz naturel dans les blocs d'Anoual et de Tendrara n'a pas pu être concrétisée en raison de retards dans l'obtention des autorisations requises.
Suite à la cession au nouvel opérateur Mana Energy, plusieurs approbations sont encore nécessaires. Managem mène actuellement des discussions avec l'ONHYM et le ministère de la Transition énergétique pour finaliser ces licences. Tant que ces approbations ne sont pas en place, les travaux de forage ne peuvent pas débuter.
Rappelons que, dans le cadre de l'accord de cession, Mana Energy, filiale de Managem s'est engagée à forer deux puits d'exploration : SBK-1 sur la licence de Grand Tendrara et M5 sur la licence d'Anoual.
Avec une probabilité de succès de 50%, le puits SBK-1 pourrait abriter des ressources allant jusqu'à 3,9 milliards de mètres cubes. Quant au puits M5, situé sur la licence d'Anoual, il présente une probabilité de succès moindre, mais les indicateurs suggèrent qu'en cas de présence de gaz naturel, il pourrait mener à une découverte majeure, potentiellement jusqu'à 7,6 milliards de mètres cubes de gaz naturel.
Dans la licence de Sidi Mokhtar, la recherche d'investisseurs est toujours en cours
Située au sud-ouest du Maroc, Sound Energy cherche activement à faire évoluer le permis de Sidi Mokhtar. Longtemps délaissé, ce site en est encore à une phase d'exploration très précoce, en raison du choix de la compagnie de se concentrer sur le développement de Tendrara.
L'évaluation des cibles potentielles pour de futurs forages nécessite des études sismiques 2D, lesquelles constituent un investissement significatif de 6 millions de dollars.
Compte tenu de sa situation financière actuelle, Sound Energy est à la recherche d'un partenaire pour partager ce coût. Actuellement, Sound Energy est déjà en discussion avec plusieurs parties intéressées, comme l’a indiqué John Argent, vice-président chargé des géosciences à Sound Energy.
L'hydrogène naturel et l'hélium : un potentiel à exploiter sur le moyen terme
Dans un autre axe de développement, Sound Energy et Getech ont annoncé la finalisation d’une prospection des sites propices pouvant contenir de l’hydrogène naturel et de l’hélium dans les quatre coins du pays, y compris les périmètres des licences détenues par Sound Energy.
Getech adopte une approche scientifique différente de celle des autres entreprises qui prospectent l’hydrogène naturel. À travers une base de données globale, leur méthodologie permet de retracer précisément comment et où l'hydrogène et l'hélium sont naturellement générés, comment ils migrent à travers la croûte terrestre, et où ils peuvent finalement s'accumuler et être piégés dans le sous-sol, les rendant accessibles à l'exploration. Il s'agit d'une approche "bottom-up" (ascendante), à l'opposé des méthodes "top-down" (descendantes) utilisées par d'autres acteurs (satellites, études de sol, détection de suintements).
Parmi les modèles utilisés par Getech, l'inversion vectorielle magnétique 3D qui pointe vers des roches fortement magnétisées qui indiquent l'étendue et la profondeur des roches sources d'hydrogène.

Bien qu'il s'agisse d'une ressource prometteuse, les projets d'exploration d'hydrogène naturel sont à un stade de développement préliminaire à l'échelle mondiale. Ils ne pourront porter leurs fruits qu'après des années de développement qui devront s'appuyer davantage sur la R&D pour optimiser les méthodes d'exploration de méga-ressources, notamment au Maroc qui a choisi d’investir précocement dans la prospection de cette ressource future.
De leur côté, Sound Energy et Getech devront créer une coentreprise qui permettra de lancer des prospections plus poussées d’hydrogène naturel et d’hélium à la lumière de la prospection initiale établie.
À découvrir
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.