Régions concernées, tracés et stations : en images, voici ce que l'on sait du projet de RER déjà en cours de réalisation
Le Réseau express régional (RER) est l’un des projets ferroviaires majeurs lancés au Maroc. Il desservira trois grandes régions du Royaume, avec une mise en service attendue d’ici à 2030. Voici l’essentiel à retenir à ce stade d'avancement des travaux.
Le Maroc s’engage dans une transformation majeure de sa mobilité urbaine et interurbaine, avec l’extension de la Ligne à grande vitesse (LGV) jusqu’à Marrakech, mais aussi le lancement de l’ambitieux projet du Réseau express régional (RER).
Ce dernier, en particulier, vise à améliorer la connectivité dans trois régions du Maroc : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi.
Mené en parallèle de la LGV, ce projet de RER a pour objectif de décongestionner les réseaux ferroviaires existants et de répondre à la demande croissante en transports en commun, laquelle est appelée à augmenter davantage durant la période de la Coupe du monde 2030 que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
Les travaux du RER déjà lancés, en parallèle de la nouvelle LGV
Selon nos informations, les travaux du RER sont déjà en cours et avancent en parallèle avec ceux de l’extension de la LGV. Le projet devrait être opérationnel à l’horizon 2030, affirment nos sources. Les partenaires mobilisés sur ce chantier se sont alors engagés à le finaliser dès 2029.
Jusqu’à présent, seules les régions Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra étaient concernées par le projet. Désormais, la région Marrakech-Safi vient s’ajouter à cette dynamique.
Les deux premières régions sont déjà dotées des services de bus et de tramway. À Casablanca, le busway est opérationnel depuis 2024. Ce service est prévu pour être déployé bientôt à Rabat et à Marrakech. La mise en service du RER viendra ainsi améliorer davantage la mobilité au niveau de ces trois régions, offrir une solution de transport rapide et efficace, faciliter les trajets quotidiens des usagers entre les principales villes, mais aussi libérer la capacité sur les réseaux ferroviaires classiques.
Le futur projet de RER s’étendra sur un linéaire total de 250 km, apprend-on, avec 35 stations concernées à travers les différentes régions ciblées.
En plus de renforcer la mobilité quotidienne des citoyens, les tracés du RER au niveau des trois régions intégreront la desserte de trois stades majeurs, à savoir le nouveau Stade de Casablanca au niveau de Benslimane, le Stade Moulay Abdellah de Rabat et le Grand Stade de Marrakech. C’est donc un atout stratégique en prévision du Mondial 2030 et des autres événements sportifs à venir.
Avec une fréquence minimale de 7 minutes et 30 secondes, ce réseau vise à offrir une solution de transport rapide, efficace et adaptée aux besoins croissants des usagers.
Une seule ligne Rabat-Salé-Kénitra, reliant Kénitra à Skhirat
Dans la région Rabat-Salé-Kénitra, on ne parle que d’une seule ligne de RER, qui s’étend sur 54 km. Elle reliera Kénitra à Skhirat, en passant par des pôles stratégiques tels que Salé, Rabat, Témara et Aïn Atiq, comme le montre le tracé ci-dessous.
Le trajet complet durera environ 1 heure et 10 minutes, avec 12 stations réparties tout le long du parcours. Une fréquence de passage toutes les 15 minutes est envisagée, garantissant une régularité suffisante pour répondre aux besoins des usagers et désengorger les axes routiers saturés de la région.
Dans cette région, l’Office national des chemins de fer (ONCF) prévoit 150.000 passagers par jour à l’horizon 2040. Il table également sur une part de marché de 37% en voyageurs-kilomètre. Le parcours moyen RER représentera sur cet axe plus de deux fois celui des autres transports en commun en site propre.
Trois lignes pour relier 18 stations à Casablanca-Settat
Dans la région Casablanca-Settat, le RER devra relier la ville de Mohammédia à Nouaceur, avec une desserte cadencée vers l’aéroport Mohammed V, une nouvelle liaison ferroviaire vers le Grand Stade Hassan II de Casablanca, et le renforcement des dessertes vers Settat et El Jadida.
Le réseau s’articulera autour de trois lignes, couvrant un linéaire total de 92 kilomètres. Le tracé reliera 18 stations, allant du stade de Benslimane jusqu’à Nouaceur, en passant par des pôles clés tels que Mohammédia Facultés, Mohammédia, Zenata, Sidi Bernoussi, Aïn Sebaâ, Hay Mohammadi, Casa-Voyageurs, la nouvelle Médina, Mers Sultan, Oasis, Casablanca Sud, Sidi Maârouf et Bouskoura.
Dans le détail :
- La première ligne reliera Benslimane à l’aéroport de Casablanca.
- La seconde ira de Mohammédia à Casa-port en passant par Zenata, Ain Sebaâ et Bernoussi.
- La troisième démarrera quant à elle depuis Casa-Port.
Selon le tronçon emprunté, la durée des trajets variera entre 32 minutes et 1 heure 11 minutes, avec une fréquence d’environ 15 minutes, pour un service cadencé et régulier, afin de désengorger l’agglomération casablancaise et ses environs.
Rien qu’à Casablanca, six nouvelles gares de RER seront construites, notamment à Bernoussi, Aïn Sebaâ, Hay Hassani et Mers Sultan. Leurs alentours seront aussi aménagés.
Sur le volet trafic, l’ONCF table sur 180.000 passagers par jour à l’horizon 2030 dans cette région. Par ailleurs, ce sont 41 à 53 millions de déplacements prévus par l’Office chaque année. En ce qui concerne la part de marché, l’ONCF table sur 27 à 32% en voyageurs-kilomètre.
À Marrakech-Safi, une seule ligne pour un temps de trajet estimé à 55 minutes
Dans la région Marrakech-Safi, le projet de RER prévoit également une seule ligne de 74 kilomètres, avec un temps de trajet estimé à 55 minutes.
Cette ligne desservira 6 stations : Benguérir, la Ville verte, Sidi Bouathmane, le Grand Stade de Marrakech, Marrakech Palmeraie et Marrakech Guéliz, comme le montre le tracé ci-dessous. Elle viendra ainsi renforcer la desserte ferroviaire entre les principaux pôles urbains de la région.
Les trains circuleront avec une fréquence de 30 minutes, permettant une meilleure régularité des déplacements quotidiens et contribuant à fluidifier la circulation entre les zones périurbaines et le centre de Marrakech.
Implantation de quatre grandes gares entre Casablanca et Marrakech
Un marché de conception architecturale, d'études techniques et de suivi de travaux de construction de quatre gares RER entre Casablanca et Marrakech a déjà été lancé. Il s'agit d'un concours en deux phases. La première a abouti à la présélection de 14 candidats. La seconde phase est pour sa part toujours en cours.
Les gares concernées sont celles de la Ville verte, de Sidi Bouathmane, de Sidi Ghanem et du stade de Marrakech. La gare RER de la Ville verte, dans la ville de Benguérir, sera située non loin de la gare existante de Benguérir et de la nouvelle gare LGV de la Ville verte, sur la route nationale 9.
Situation de la gare RER Ville verte – Source : ONCF
La gare de Sidi Bouathmane sera située dans la ville de Sidi Bouathmane, dans la région de Marrakech-Safi. Elle a pour but de dynamiser le potentiel de la zone industrielle de Sidi Bouathmane.
Situation de la gare RER Sidi Bouathmane. Source : ONCF
La liaison ferroviaire entre Benguérir et Marrakech effectuera ainsi une halte à Sidi Bouathmane et permettra, in fine, de fluidifier le flux de travailleurs de la zone industrielle du même nom, située à 35 kilomètres de Marrakech. Un atout logistique en plus, qui va densifier le réseau ferroviaire régional et donc remédier en partie à la faiblesse de l’offre de transport pour les voyageurs.
La gare de Sidi Ghanem sera, elle, située près de la zone industrielle de Sidi Boughanem, au nord-ouest de Marrakech. Plus exactement, elle sera construite au niveau de l’arrondissement Ménara, le long de la route de Safi (RN7).
Situation de la gare RER Sidi Ghanem. Source : ONCF
Enfin, la gare du Grand Stade de Marrakech se situera près du stade au nord de la ville, le long de la route nationale 9 (RN9) qui mène à Casablanca. Cette gare va servir davantage à desservir les voyageurs à destination du stade et y faciliter ainsi l’accès.
Situation de la gare RER du Grand stade de Marrakech. Source : ONCF
Composition fonctionnelle d'une gare RER
Selon les termes de ce même marché, l’ensemble des gares RER seront dédiées aux services RER ou RER/TNR. Le schéma type des gares RER se présente comme suit :
Les gares RER se positionneront ainsi comme des centres névralgiques du réseau de transport, intégrant les services majeurs, notamment de LGV, et potentiellement des TNR et des trains omnibus.
Elles seront conçues non seulement comme un hub de transport central et d’échange, mais aussi comme un lieu de confort et d’efficacité, répondant aux besoins diversifiés des voyageurs, tout en facilitant l’intermodalité entre les différents services ferroviaires et les autres modes de transport. Elles doivent, par ailleurs, intégrer modernité, respect de l'environnement et fonctionnalité des espaces.
Outre ce marché, un appel d'offres relatif à la réalisation des études de circulation et d’intermodalité au niveau des sites des gares RER a pour sa part été attribué à deux sociétés : CID et Novec.
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