Minerais stratégiques : le Maroc sur la carte des gisements prometteurs de lithium
Élément clé dans l’industrie des batteries, le lithium présente plusieurs localisations potentielles au Maroc. S’ils se développent, ces gisements pourraient donner lieu à des mines, contribuant ainsi à sécuriser davantage la chaîne d’approvisionnement des matières premières des batteries électriques.
Un travail scientifique récent a identifié au Maroc plusieurs gîtes de lithium au potentiel prometteur dont le développement pourrait permettre la production de ce minerai stratégique, essentiel à la fabrication de batteries électriques.
Sous forme d'un volume thématique consacré aux principaux gisements de lithium, cette contribution a été publiée le 26 mai 2025 dans la revue Economic Geology de la Society of Economic Geology (SEG), une association professionnelle dédiée à la géologie économique.
La carte de la répartition mondiale du lithium présentée en ouverture de ce volume montre que le Maroc abrite deux types de gisements : au nord-est, des réserves volcano-sédimentaires, et au sud, des gisements magmatiques.

Identifié comme un gisement volcano-sédimentaire, le site de Jbel Ghasoul, situé dans le Nord-Est aux environs de Missour, renferme du lithium dans ses argiles. Bien que l'intérêt pour cette source potentielle soit récent, les progrès récents en lixiviation acide, plus économique, ont relancé l'attrait industriel pour ce type de gisements.
Plus au sud, dans l'Anti-Atlas, les pegmatites de Zenaga présentent un potentiel lithinifère important. Elles comportent, en plus des minerais principaux, de la tourmaline, de l'apatite, du lithium et du phosphate carbonaté.
À cela s'ajoutent les pegmatites de Sidi Bou Othmane, aux environs de Marrakech. Celles-ci montrent une distribution zonale marquée par une évolution allant des pegmatites stériles, en passant par des pegmatites intermédiaires caractérisées par l'abondance de phosphates de fer et de manganèse, pour aboutir aux pegmatites fertiles qui contiennent des minéraux riches en lithium.
Malgré sa disponibilité actuelle, la demande en lithium devrait connaître une forte augmentation, risquant de provoquer des restrictions d'approvisionnement de la part des pays producteurs. Une telle évolution pourrait menacer le développement de l'écosystème industriel marocain des batteries électriques, en l'absence de mines locales de lithium.
L'ONHYM semble conscient de ce danger. Il développe plusieurs projets visant à déchiffrer les indices miniers de lithium répartis dans les quatre coins du pays. Le plus récent est développé au niveau du gisement de Bir El Mami, en partenariat avec Lithium Africa, qui prévoit d'investir 3,5 millions de dollars dans le développement des ressources de ce gisement de type pegmatites.
En attente du développement de ses ressources en lithium et bénéficiant d'une législation incitative à l'investissement minier, le Maroc réunit aujourd'hui les principaux éléments nécessaires à l'industrie des batteries.
Le Royaume dispose déjà de cobalt, de phosphates et de cuivre, alors que des projets concernant le nickel et le manganèse sont en cours pour renforcer la production nationale. Parallèlement, d'autres projets portant sur le graphite sont actuellement en développement sous l'égide de Managem, visant à certifier les ressources disponibles.
À terme, le Maroc possédera ainsi tous les éléments essentiels à la fabrication de batteries électriques.
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.
Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.
Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.
Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.
Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.
Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.