Verdict de la CJUE : “Il ne peut pas y avoir de diktats imposés au Maroc” (Christophe Lecourtier)
Les verdicts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) contre les accords Maroc-UE continuent d’alimenter les débats et de susciter les passions. Pour l’ambassadeur français au Maroc, Christophe Lecourtier, ces verdicts ont été une source de problèmes. Le diplomate estime qu’il est hors de question d’imposer des diktats au Royaume.
Lors de son passage à la Fondation Links, l’ambassadeur de France au Maroc a été interpellé au sujet des verdicts de la Cour de justice de l’Union européenne contre les accords Maroc-UE (1 h 25). La question a été posée par Zakaria Garti.
"Même au moment où le dialogue politique entre la France et le Maroc était beaucoup plus commun, nos juristes, les juristes du Quai d'Orsay, se sont portés partie civile aux côtés du Maroc, dans le contentieux, et ont élaboré des mémoires, en échange avec le Maroc. Malheureusement, nos arguments n'ont pas été entendus, mais peu importe, aujourd'hui, les Français, et aussi les Espagnols, tous les amis du Maroc, vont travailler d'arrache-pied pour rapprocher les bonnes vues et agir pour que la Commission mette sur la table des solutions aux problèmes que la Cour de justice nous a posés, mais qui soient des solutions acceptables par le Maroc", rappelle M. Lecourtier.
"Et il n'y aura pas, je peux vous le dire sans vouloir trahir le secret, il ne peut pas y avoir, avec le Maroc, de diktats qui consisteraient à imposer une solution. Et d'ailleurs, tout va être fait pour faire en sorte que les effets des arrêts de la Cour de justice puissent être aménagés de manière à permettre à la fois la poursuite des échanges dans des conditions interférentielles, et le respect de ce qui, à juste titre pour le Maroc, pouvait être considéré comme des lignes rouges", révèle le diplomate français.
"Donc il y a un chemin, les techniciens y travaillent. Je suis optimiste sur le fait que ça puisse se résoudre dans le délai qui nous a été fixé, parce qu'on a 12 mois à compter des arrêts de la Cour (…) On est déjà pas mal avancés, mais nous en parlons très souvent avec les ministères marocains des Affaires étrangères, avec la fédération (agricole Comader, NDLR). On travaille beaucoup (…) pour que ce délai-là, cette solution, arrive vite et bien, et qui nous permette de tourner la page de cette triste histoire", promet M. Lecourtier.
Avant d’attaquer cette question de fond, le diplomate français a rappelé la longue tradition de coopération entre les deux pays en matière d’agriculture, les réussites des uns et des autres et ce que l’un apporte à l’autre et vice-versa.
"Le Maroc (…) est bien mieux classé que nous dans la réutilisation des eaux usées. Tous les Français qui viennent à Rabat disent que c'est incroyable. On nous parle de sécheresse (mais il y a) des espaces verts partout. Oui, mais c'est de l'eau usée, réutilisée. Et donc, là aussi, il y a un savoir-faire dans l'autre sens", admet M. Lecourtier pour clarifier son propos et expliciter le fait que le Maroc et l’Hexagone ont tant à partager et à apprendre l’un de l’autre.
Le diplomate prône les vertus du dialogue continu entre les deux pays et à tous les niveaux, chez les officiels comme chez les professionnels, pour le bien commun des deux partenaires.
À découvrir
à lire aussi
Article : Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”
L'Union européenne a affiché jeudi 16 avril 2026 à Rabat une position nettement plus explicite sur le Sahara marocain, en estimant qu'"une autonomie véritable" sous souveraineté marocaine pourrait constituer "une solution des plus réalisables" pour clore ce différend régional.
Article : DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni
Validation en temps réel, rôle central de la DGI dans la circulation des factures, intégration des systèmes d’information et contrôle renforcé des délais de paiement… La réforme de la facturation électronique se précise, avec un déploiement progressif et un écosystème en cours de structuration.
Article : Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc
En annonçant une réduction de ses effectifs d’ingénieurs dans ses centres de recherche et développement, Renault fait naître des interrogations au Maroc, où le groupe vient de lancer un nouveau centre d’ingénierie en 2025.
Article : Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial
Derrière ses dômes blancs, l’Observatoire de l’Oukaïmeden s’est mué en quelques années en une véritable machine à découvertes. Fort de plus de 4.700 objets célestes identifiés et de collaborations internationales de haut niveau, il s’affirme désormais comme une infrastructure stratégique, à la croisée de la recherche, de la technologie et de la souveraineté scientifique. Et ce n'est qu'un début.
Article : Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc
Une convention entre plusieurs institutions publiques acte le démarrage des études chargées de fixer le modèle économique, la gouvernance et les modalités de financement du programme.
Article : Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques
Le rapport de la FIFA et de l’Organisation mondiale du commerce sur la Coupe du monde 2026 donne une estimation des retombées économiques de la compétition, aussi bien dans les pays organisateurs qu’à l’échelle mondiale. Des projections qui se recoupent sur plusieurs aspects avec celles annoncées en vue du Mondial 2030.