Entrepreneuriat. “La seule et unique solution pour faire grandir une entreprise, c’est le cash” (Moncef Belkhayat)
La 1re édition du Carrefour TPME, organisée par la CGEM le mercredi 15 mai 2025, a marqué un temps fort pour les entrepreneurs. La séquence dédiée aux témoignages a été riche en retours d’expérience, en conseils et en recommandations, notamment à l’attention des jeunes souhaitant se lancer dans l’entrepreneuriat.
La séquence a été centrée sur les parcours de développement, de la très petite à la grande entreprise, ainsi que sur les dynamiques de croissance et la transmission d’entreprises familiales.
Moncef Belkhayat, PDG du groupe Dislog, a ouvert la séquence témoignages d’entrepreneurs en soulignant que le travail qui a été fait pour la grande entreprise n’a pas été fait de manière similaire pour la petite entreprise.
"Nos gouvernements successifs ont beaucoup travaillé pour la grande entreprise et pas assez pour la petite et moyenne entreprise, soyons clairs. Ces petites et moyennes entreprises sont souvent dans l’informel, et la question qu’on doit poser est : pourquoi la grande entreprise est-elle structurée et un contributeur important de l’impôt au Maroc ? et pourquoi la petite et moyenne entreprise est complètement en dehors du circuit ? Et puis il y a une partie de la petite et moyenne entreprise qui entre un peu dans le circuit à travers le programme de l’auto-entrepreneur".
Pour ce qui est de son expérience, Moncef Belkhayat a évoqué un parcours de vingt ans d’entrepreneuriat.
"Il y a vingt ans, j’étais petit entrepreneur. J’ai commencé par créer une holding avec une seule personne, un seul employé. Après vingt ans, nous sommes plus de 5.000 employés, 23 filiales, avec un chiffre d’affaires global consolidé de 6,5 MMDH, opérant dans 10 pays dans le monde".
Cash, mindset et réseautage : les ingrédients du succès
Moncef Belkhayat n’a pas manqué de partager ce qu’il considère comme la clé de la croissance d’une entreprise : le cash.
"Soyons clairs, la seule et unique solution pour faire grandir une entreprise, c’est le cash. Si vous ne sécurisez pas l’accès au financement, vous ne pouvez pas y arriver", précise-t-il.
"Ma première opération a été d’acheter Dislog. Il s’agit d’un achat, pas d’une création. J’ai acheté Dislog il y a vingt ans à un coût de 4 MDH… J’étais cadre, très bien payé, et après quatorze années d’expérience, j’ai fait un cycle exécutif dans une université américaine et j’ai rencontré des professeurs qui m’ont expliqué que la meilleure manière d’être épanoui, c’est de devenir entrepreneur. Je suis revenu quatre mois plus tard avec l’idée de le devenir", poursuit le PDG de Dislog.Mindset d’entrepreneur : faire des sacrifices et prendre des risquesPour Moncef Belkhayat, tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur. Il s’agit d’un état d’esprit, d’un mindset caractérisé par une appétence pour le risque.
"Faire des sacrifices, prendre des risques, accepter de contracter des crédits et de payer des intérêts. Il y a des jeunes qui considèrent que prendre un crédit et payer des intérêts est haram. D’ailleurs, j’invite la CGEM et le GPBM à ouvrir un débat national sur le fait de savoir si prendre un crédit est halal ou haram".
Moncef Belkhayat revient ensuite sur l’importance du réseautage et de la qualité des relations professionnelles.
"Il y a vingt ans, acquérir des entreprises n’était pas finançable, c’était un instrument compliqué. Je parle à beaucoup de jeunes, je leur dis : avant de vous lancer dans l’entrepreneuriat, construisez votre réseau… et à partir de là, on peut se faire aider. Je me suis fait aider par Saâd Bendidi, qui était mon président à Méditel et qui m’a aidé à obtenir le crédit pour acheter Dislog", conclut-il.
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