Le barrage Tiddas, une réserve d'eau stratégique pour sécuriser l'approvisionnement en eau de l'axe Kenitra à Marrakech
Tiddas est l’un des multiples ouvrages hydrauliques illustrant l’accélération de la politique des barrages sous le règne du Roi Mohammed VI. Outre l’alimentation en eau potable et l’irrigation des terres agricoles, cet édifice construit en 2022 joue également un rôle crucial dans la régulation des crues, en protégeant la vallée en aval contre les inondations.
À l’aube du 21e siècle, le Maroc a accéléré la politique des barrages sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. Plus de soixante retenues d’eau artificielle ont vu le jour en l’espace d’un peu plus de vingt ans, dont le barrage Tiddas, conçu pour répondre aux besoins croissants en eau potable, assurer l’irrigation des terres agricoles et protéger la vallée du Bouregreg contre les inondations.

Entré en service en 2022, après six ans de travaux, le barrage de Tiddas s’est fondu dans le décor, entre les reliefs qui lui ont donné son nom (Tiddas signifie ensemble de collines en amazigh, ndlr). Un géant de béton de plus de cent mètres de haut, situé dans la province de Khémisset, à environ 70 km au sud-ouest de Rabat.

Si sa capacité de stockage n’est pas immense comparée à d'autres infrastructures du pays (507 millions de mètres cubes), son impact est, lui, majeur. Construit en amont du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, sur l’oued Bouregreg, il régule les flux d’eau de cette rivière, qui peut transporter des millions de mètres cubes d’eau lors des fortes crues, en plus de matériaux solides comme des branches, des roches ou des déchets.
Ce rôle de régulation est essentiel pour atténuer les risques d’inondation en aval, notamment dans la plaine du Bouregreg, qui abrite des zones habitées, des terres agricoles et des infrastructures stratégiques. En cas de fortes précipitations, le barrage agit comme un amortisseur : il stocke temporairement les apports excédentaires, puis les relâche progressivement une fois le pic passé, limitant ainsi les débordements soudains et destructeurs.
Au-delà de la protection contre les crues et de la régulation des apports, ce barrage permet de :
- optimiser le stockage, en évitant les situations de débordement comme en 2018, où le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah avait dépassé les 100% de sa capacité, empêchant ainsi de tirer pleinement parti d’une année pluvieuse ; à l'issue des dernières pluies, ce barrage a reçu 65 millions de m3 d'eau qu'il a assez rapidement transférés vers le Bouregreg dont il est l'affluent ;
- servir, à moyen terme, au transfert d’eau vers le bassin de l’Oum Er-Rbia ;
- constituer une infrastructure stratégique, avec une capacité de plus de 500 millions de m³, le classant parmi les grands barrages du pays.

En période plus calme, des lâchés contrôlés sont régulièrement effectués vers le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah, principal réservoir d’eau de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Ces transferts permettent à la fois de soutenir le niveau de ce barrage stratégique et de garantir un approvisionnement constant en eau potable pour des millions d’habitants.

De surcroît, la retenue d’eau de Tiddas irrigue 4.627 hectares dans les périmètres agricoles de Béni Zoulit, Aït Zaghou et Aït Boumska. Elle soutient ainsi une agriculture locale, principalement arboricole, tributaire de l’eau pour maintenir ses rendements, dans un contexte de stress hydrique croissant.

Au croisement des enjeux environnementaux, agricoles et urbains, le barrage de Tiddas symbolise parfaitement la fonction stratégique que joue aujourd’hui la gestion de l’eau au Maroc. À la fois bouclier contre les extrêmes climatiques et moteur de développement local.
Ci-dessus, images prises par drone par Médias24

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